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Mardi 4 janvier 2011 2 04 /01 /Jan /2011 14:26

Curator.jpgPetit rapport d’étonnement pour commencer l’année en douceur… "Curator" et "curation" sont les deux termes qui montent sur le web ces derniers mois. Schématiquement l’idée est la suivante : la sélection de l’information sur les réseaux numériques est de moins en moins algorithmique, et de plus en plus humaine. Comme la veille ?...

 

 

Ce qui est magique sur le web (entre autre) c’est sa propension à exploiter de nouvelles terminologies, à appeler un chat un « lol cat », ou encore un modérateur un « community manager » (et la liste est longue). Cette nouvelle année ne déroge pas à la règle, et voit l’apparition (ou plutôt l’application) d’un nouveau terme : le curator.

 

Selon Wikipedia (version anglaise, puisque ce terme est anglo-saxon) un curator est un spécialiste de la gestion de contenus, responsable de la gestion de collections (au sens de collections bibliographiques ou encore artistiques). En résumé on peut tout d’abord le considérer comme un conservateur (au sens de muséographique encore une fois).

 

Appliquée au web, cette idée de curation digitale vise à révéler une autre facette des usages numériques : la sélection, la mise valeur et en contexte, la diffusion, le partage, et l’archivage de productions 2.0 par et pour des internautes.

 

Bref, ne plus se reposer seulement sur des bases algorithmiques pour sélectionner l’information mais bien sur le choix d’êtres humains, avec toute la subjectivité, la notion de choix et d’ego (j’y reviendrais dans un autre billet) que cela implique. L’algorithme n’étant d’ailleurs pas laissé de côté puisque de plus en plus de plateforme de « content curator » se développent, classant (par exemple) les articles par popularité, par volume de partage sur Twitter ou Facebook, etc. (Pearltrees ou encore Scoop.it par exemple). Bref, des plateformes de bookmarking...

 

Le terme étant rapidement posé, voici les interrogations, les étonnements, que l’identification formelle de cette pratique engendre : au final, un curator n’est-il pas un veilleur ? Et peut-on intégrer cette mise à disposition d’informations qualifiées à un processus de veille stratégique (ie utile à la prise de décision) ?

 

 

 

Un veilleur curationne au quotidien

 

 

Un veilleur, au sein d’une organisation, a pour objectif principal la collecte, le tri, l’analyse et la diffusion d’informations pouvant se révéler stratégique lors d’une prise de décision. Au-delà des méthodologies et des outils, il peut être vu comme le nœud d’informations stratégiques du réseau que forme une organisation. Comme un curator sur un réseau dit social…

 

Un veilleur agrége parfois ses recherches sur une plateforme dédiée, afin de permettre à l’ensemble des collaborateurs d’y accéder simplement et de manière intemporelle (aspect documentaire). Les curators disposent eux aussi de plus en plus de plateformes visant à leur permettre de collecter et mettre à disposition le contenu de leurs recherches.

 

La valeur d’un veilleur s’estime par les informations qu’il trouve, un curator aussi… Les deux sont dépendant du système de diffusion de l’information qu’ils utilisent, de la dynamique de partage existante et qu’ils peuvent développer. Au final, les veilleurs sont aussi des internautes, et la plupart curationnent (je néologise beaucoup en ce moment ) sur leur temps libre par le biais des diverses plateformes web sur lesquelles ils sont inscrits…

 

 

Alors quelles différences ?

 

==> Les informations (re)cherchées par un veilleur visent à répondre à une demande, à appuyer une décision (information-demande). Un curator est plus dans l’information-rupture, il répond à des attentes au niveau informationnel, mais pas à des demandes (très) précises.

 

==> L’expertise d’un veilleur est principalement méthodologique, peu importe la thématique il doit pouvoir faire remonter de l’information. Un curator est quant à lui (souvent) spécialisé sur une thématique précise, sa méthodologie importe peu puisqu’il n’a pas à la transposer de manière régulière.

 

==> Un professionnel de la veille en entreprise a, pour filtrer les informations qu’il collecte, des recommandations venant de ses commanditaires (enfin, espérons pour lui). Un curator se base sur ses propres critères, et surtout sur les attentes de ses lecteurs/amis/contacts/followers (s’il veut faire de l’audience).

 

==> Sur un réseau numérique, on choisit un curator sur des critères très souvent irrationnels : avatar, nom/pseudo, nombre de contacts, graphisme du compte, recommandation, volume d’informations diffusées, etc. Twitter en est un bon exemple… Posez-vous la question : comment avez-vous choisis la plupart des comptes que vous suivez ? Puis : comment avez-vous recruté le veilleur de votre organisation ? Même si une approche est très proche de l’autre (cooptation, etc.) les enjeux n’étant pas les mêmes, la sélection non plus.

 

 

On pourrait donc différencier le veilleur du curator principalement par la pratique balisée de la recherche d’information de l’un, face au côté « passionné » et social (au sens de partage visant à constituer un lien avec d’autres internautes ou membres d’une communauté) de l’autre.

 

Pas question de parler d’amateurisme VS professionnalisme (grosse erreur étant donné la qualité de certains fournisseurs d’informations présents sur les réseaux sociaux), mais plutôt d’usages : les usages d’un curator sont induits par les technologies web qu’il utilise, les usages d’un veilleur sont transposables à n’importe quel outil ou support.

 

Je ne parlerais pas ici de coût (salariale VS rien… pour un curator), même si j’ai déjà entendu cette remarque (« et si on laissait faire les internautes plutôt que de se payer une veille pro »). Comme dit juste au-dessus, un veilleur répond à des questions précises, là où un curator répond à des attentes lui permettant ainsi de se valoriser sur un réseaux ou une communauté numérique identifiée.

 

 

 

Le curator, ce signal fort

 

Cette idée de curation me rappel un fantasme de la veille et de l’intelligence économique (et du management), à savoir le « tous veilleur ». Ce concept qui laisse entendre que n’importe quel collaborateur de l’entreprise peut et doit faire remonter certains signaux informationnels aux décisionnaires. Je dis « fantasme », car au-delà de la pratique des outils de recherche et de tri de l’information, la veille (ou la curation pour rester dans le contexte) nécessite un état d’esprit, un intérêt et une approche de l’information assez développée (pas d’élitisme ici, mais juste un constat : chacun ses centres d’intérêts).

 

Le curator peut donc être vu pour l’organisation comme un veilleur alternatif, un annonceur de signaux forts, qui donne les tendances voir même qui les crées.

 

Car là est tout l’enjeux lorsque l’on parle d’e-réputation : plus un curator diffuse de l’information à valeur ajoutée, plus il est médiatisé. Et plus il est médiatisé, plus il devient un moteur de recommandation vers du contenu pouvant impacter les organisations.

 

Contrairement à de la veille stratégique le principe n’est alors plus de rechercher de l’information précise, mais de repérer les informations qui apparaissent comme les plus intéressantes pour une communauté, un réseau donné. Le curator devient alors le filtre ego-numérique du veilleur, celui qui lui permettra de trier ses données en fonction de l’importance qu’elles représentent pour les internautes. Et ce de manière encore plus évidente, puisque le web permet de chiffrer facilement l’impact des informations diffusées par une source identifiée.

 

Les risques ? Ils sont nombreux (mais pas insurmontables) : tout d’abord la qualification des informations diffusées par les curators, qui plus est dans un contexte en temps réel. Ensuite, le fait que lorsque l’on parle de réseau, on parle de microcosme informationnel, encore plus sur le web où les internautes se regroupent en communautés thématiques. Le signal fort peut vite devenir faible en comparaison de l’immensité du web, et surtout des objectifs stratégiques d’une organisation. Enfin, certains biais permettant de gagner en visibilité peuvent parfois induire en erreur : l’information gagne en médiatisation de manière « artificielle ».

 

 

 

En conclusion : curator = tiers facilitateur


 Sans vouloir absolument  franciser ce terme, j’emploie depuis longtemps (et je suis bien loin d’être le seul) le terme « d’agent ou tiers facilitateur ». Autrement dit, dans notre société d’abondance informationnelle et d’économie de l’attention, le fait que des outils (moteurs de recherches) ou des être humains (curators donc) permettent à chacun d’accéder plus aisément à des informations qualifiées, ou tout du moins qui viennent répondre à leurs attentes.

 

Cyniquement, je me permettrais même de citer la définition du Larousse de curateur (traduction littérale de curator) : « Personne chargée d'assister l'incapable majeur dans tous les actes que celui-ci ne peut accomplir seul. ».

Loin de moi l’idée de dire que les internautes sont incapables de trier l’information sur le web, mais l’idée d’assistance, de mise en avant de son savoir-faire, de sa pratique et de son appréhension de l’information dans un écosystème numérique en réseau, et ce au service des internautes les moins aguerris, me semble assez en adéquation avec le concept de curation tel qu’il est utilisé à l’heure actuelle sur le web.

 

Le terme importe peu donc, l’essentiel étant de constater que les usages évoluent, que le rôle de chacun dans « l’égosystème web » s’affirme de jour en jour, et que chaque organisation doit réfléchir à l’impact de ces nouveaux usages (et encore plus sur leur réputation). Etonnant tout de même de voir à quelle vitesse ce terme se diffuse chez les « spécialistes », et comment il va (risque ?) de se banaliser au fil du temps…

 

 

Alors, curator : buzz word ou réels usages ? Et vous, pensez vous que les curators sont des veilleurs ?!

Par Camille A - Publié dans : Rayon Etonnement - Communauté : NTIC : Nouvelles technologies
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Commentaires

Bon bon, apparemment ça fait du bruit depuis le 25 décembre ce mot, et pourtant, il est loin d'être nouveau...

Pour moi, le curator n'est pas un veilleur, car il y a différents paliers (non-hiérarchisables) entre :

- les infos auxquelles on a accès (brut)
- les infos que l'on sélectionne
- celles que l'on retient
- celles dont on se sert
- celles que l'on transmet à d'autres.

La veille, dans son acception large, correspond au palier des infos que "l'on retient", alors que la curation relève de la "transmission".
Le curator n'est donc pas un veilleur, car il y a certaines infos que l'on transmet pour "se montrer", socialement valorisantes, mais en termes de contenu assez pauvres et d'autres, plus confidentielles, que l'on garde pour soi, car de grande valeur pour sa stratégie, et il ne serait pas bon de les ébruiter. L'inverse est vrai aussi, il existe des gens qui ne trient et publient que les infos qu'ils jugent intéressantes.
Enfin, le curator ne semble pas avoir cette dimension d'instrumentalisation de l'info que possède le BON veilleur.
Commentaire n°1 posté par Neil T. le 04/01/2011 à 15h20

Merci pour ces reflexions !

 

Qu'entendez-vous par "instrumentalisation de l'info" ?!

 

 

Réponse de Camille A le 05/01/2011 à 13h39
Merci d'avoir cité scoop.it (j'en profite pour vous signaler que le lien est par contre erroné ;-)).

Je voulais ajouter à votre analyse l'idée que le développement du buzzword "curation" est peut-être plus du au fait que le rôle se démocratise qu'au fait qu'il s'agisse de quelque chose de nouveau. Vous l'avez cerné: la "curation", ce n'est pas nouveau et d'ailleurs le terme "curator" - contrairement à beaucoup de buzzwords high-tech - existe depuis des siècles en anglais. La "content curation" c'est ce qu'ont toujours fait, comme vous le soulignez, les veilleurs mais aussi les rédacteurs en chef, certains journalistes, etc...

Je crois que ce qui est nouveau, c'est l'apparition de services - et c'est l'idée de scoop.it - qui ont l'ambition de donner à tous les moyens d'être des "curators" (ou des éditeurs : plusieurs termes me vont). Notre motivation vient de là: même avec les blogs, s'exprimer et créer son média sur le Web, ça reste difficile et tout le monde n'y arrive pas (voir le nombre de wordpress qui se résument à "your first post here"...). Mais paradoxalement, beaucoup veulent s'exprimer.

Il y a donc une opportunité et un pari:
- donner les moyens à tous d'être ces "veilleurs/curators/editors" alors qu'avant c'était un métier de "pro", un peu à la façon des blogs qui ont permis à tous d'être "journalistes" (notez les guillemets avant de me lyncher! ;-))
- le pari qu'en laissant tout le monde faire ce boulot on va pouvoir mieux faire ressortir ce qui est important/intéressant pour chacun.
Commentaire n°2 posté par Guillaume Decugis le 04/01/2011 à 21h26

Oups, lien corigé

 

Scoop.it est effectivement un service intéressant, surtout (de mon point de vue) par sa présentation, son ergonomie... Néanmoins, je peine à voir la différence avec un service de bookmarking ou de digg "classique" (Delicious, Diigo, etc.) ?!

 

Je ne sais pas si un parallèle avec les blogs est faisable étant donné que la "curation" est plus un moyen de transmission/diffusion de contenus, là ou le blog est un réel outil d'expression !

 

Merci en tout cas pour vos précisions !

Réponse de Camille A le 05/01/2011 à 13h42
En tout cas c'est clair qu'avec l'avènement de l'économie de l'information, ce type de vocation va avoir du succès.
Ceux qui seront trouvé l'information pertinente au milieu de ce grand Tohu-bohu qu'est le Cloud seront les succès story de demain.
Commentaire n°3 posté par Philippe le 04/01/2011 à 22h02
Bonjour, c'est la première fois que je viens sur ton site.

J'aime beaucoup cet article, très bien écrit, complet... mais... q'un seul commentaire?!! Punaise, dire que j'arrive ici par Twitter, que je me sens moi même "très curator", (et donc j'ai relayé à mes followers +FB), mais punaise, un seul commentaire!

C'est un peu l'antithèse: des gens trient du contenu, mais finalement, ne l'exploitent pas... en ce sens où ils laissent leurs propres lecteurs le faire!

Allez, bonne année, et bonne soirée!

Youyouk
Commentaire n°4 posté par youyouk le 04/01/2011 à 23h04

Bienvenu alors

 

Mais non, regarde, déjà 5 commentaires

 

Bonne année !

Réponse de Camille A le 05/01/2011 à 13h45
Pour moi, le veilleur est expert et légitime, le "curator" est influent.

L'écrémage sur les deux populations se fera sur le critère de ceux pour qui l'inverse n'est pas vrai.

En effet, un influent incompétent est au moins aussi utile qu'un expert inaudible.

Et pile au milieu de ces deux bornes ? Souvent beaucoup d'appelés pour peu d'élus non ?


Bonne année Camille.
Commentaire n°5 posté par Terry le 05/01/2011 à 02h01

Bonne année Terry

 

Effectivement, la médiatisation (je préfère ce terme à "influence") n'est pas facteur d'expertise, et inversement...

Réponse de Camille A le 05/01/2011 à 13h48
je ne sais pas si il y a un rapport entre le curating et l'influence... le plus grand nombre n'a pas forcément raison. Moi même je n'aime pas suivre les comptes trop suivis sur Twitter, ils perdent finalement leur "indépendance"...

NB: oui, je sais pas pourquoi j'avais pas du recharger ma page avant de te laisser un commentaire ^^
Commentaire n°6 posté par youyouk le 05/01/2011 à 13h53
@Camille Merci pour le lien! :-)

Alors en fait, pour moi la curation ne se limite pas à transmettre ou à diffuser. Il s'agit aussi d'éditorialiser donc de présenter les contenus, de les mettre en valeur, de donner son point de vue, de donner le contexte. Je ne rentre pas dans le débat de savoir si le veilleur fait aussi ça mais par contre, là où il y a une vraie différence entre scoop.it et delicious ou digg etc..., c'est bien là.

Sur http://www.scoop.it/t/web-content-digital-curation qui est le topic que j'éditorialise sur le sujet de la curation avec justement l'aide de scoop.it (la boucle est bouclée ;-)), on trouve un média, qui reprend les codes des magazines ou webzines au niveau look mais aussi au niveau fonctionnalités: les titres, les photos et les commentaires sont des contenus que j'ai revus ou choisis pour donner mon opinion. Je ne suis pas un simple sélecteur mais je m'exprime.

Là est la différence. Même si - bien entendu - on ne va pas aussi loin que sur une plateforme de blog.

Il y a d'ailleurs un bon article ici : http://bit.ly/hUwYH0 sur le fait que la curation ne se résume pas au filtrage et qui caractérise bien cette dimension d'expression.

Une petite invitation à Scoop.it pour achever de vous convaincre ? ;-)
Commentaire n°7 posté par Guillaume Decugis le 05/01/2011 à 15h07
Merci Camille pour cet article très complet !
Totalement d'accord sur le fait que le curator n'est pas nouveau, mais il est le symbole d'un changement définitif de paradigme de l'information : le pouvoir n'est plus dans l'information, mais dans sa transmission.
Le curator est aussi présent en entreprise, et va devenir un pilier des stratégies de réseaux sociaux internes. Mais comme avec le community management, il faut éviter l'effet de mode : surreprésenter le métier médiatiquement tout en sous-estimant son rôle en entreprise.
Commentaire n°8 posté par Charlotte le 05/01/2011 à 16h39
Article très intéressant Camille.

Ces services s'adressent à des non pro en grande majorité. Du coup la notion de besoins d'information, traitement et d'analyse n'est pas leur priorité, ce qui les distingue très nettement des veilleurs.

Un curator n'est donc pas un veilleur selon moi.
Des outils tels que Scoop it sont surtout intéressants pour la gestion de contenu et la mise en valeur des informations mais je pense que les veilleurs continueront d'utiliser des Digg classiques car pas la même cible.

Et bonne année Camille !
Commentaire n°9 posté par stephanie le 05/01/2011 à 17h43
Merci pour cet article très intéressant,

Peut-être que le terme "curation" est à la mode parce qu'il est propulsé par l'émergence de nouveaux outils (paper.li, scoop.it, montage, storify etc.) et qu'on a besoin de qualifier précisément ce nouvel usage qui consiste à filter une masse d'informations sur un thème donné pour en proposer une synthèse qualitative.

Bref, la "curation" ne serait pas nouvelle en tant que telle (ce travail de tri/sélection/diffusion existe déjà depuis longtemps cf une simple revue de presse) mais mise au goût du jour par des outils qui la démocratisent et nous obligent donc à la définir d'une façon plus technique...
Commentaire n°10 posté par Arnaud (Brins de Causette) le 14/01/2011 à 16h17
Je pense que c'est surtout un documentaliste (ou éventuellement courtier en information si on est externe à une boîte), qui fait le boulot décrit ci-dessus depuis des décennies, mais là c'est avec un nom beaucoup plus moche bien US genre "Terminator" pour faire croire que c'est nouveau. Si au moins ça ouvrait des portes aux documentalistes et que ça permette qu'on reconnaisse que leur travail est essentiel, ça aurait éventuellement un impact positif ! ;)
Commentaire n°11 posté par Aurélie le 08/02/2011 à 11h30

Merci pour ce commentaire

 

Au-delà du terme purement marketing (et anglosaxon) de "curator" on peut effectivement se questionner sur l'apport du documentaliste... Documentaliste qui cherche toujours sa réelle place dans l'entreprise : mémoire collective ? record ? archive ? veille ?...

 

De mon point de vue, un documentaliste à pour réel point fort sa capacité à structurer l'information (ou la donnée) et à la rendre accessible au plus grand nombre. Je suis moins convaincu (par expérience et pour avoir aussi fait de la doc) quant à l'aspect recherche et qualification de l'information qui nécessite une vision moins "structurante" de l'info, d'appréhender autrement un univers informationnel complexe et surtout la finalité de l'information...

J'en avais d'ailleur parlé un peu dans cet article.

 

Mais le débat peut continuer (les documentalistes étant essentiels aux organisations)

Réponse de Camille A le 23/02/2011 à 14h36
Je ne reviendrais pas sur les termes, ils sont juste affreux (: La traduction anglais/français n'est pas toujours heureuse, preuve en est.

Ceci étant, une fois encore, le Web, au travers de terminologie pseudo high-tech tente de réinventer la roue.

Un blogueur un tant soit peu sérieux devrait toujours recouper ses source, ou tester vraiment les produits qu'il présente, et ainsi de suite.

La recherche d'informations est la source même d'un blogueur, donc, par définition, il veillez, fait de la curation, etc...

Alors, quoi de neuf ? Rien dans le fond.
Sur la forme, un outil comme Scoop.it permet d'y voir un peu plus clair et est un très bon complément d'un reader RSS.

Disons que ce type de service est une corde de plus à l'arc du blogueur. Du moins, c'est ainsi que je le vois.

Et merci pour cet article clair et détaillé.
Commentaire n°12 posté par 4h18 le 21/02/2011 à 11h03

J'irais même plus loin en disant que les blogueurs n'ont pas réinventer la roue en faisant un travail de collecte et éditorial proche de celui... des journalistes.

Qui eux-même s'inspirent des... moines au mopyen-âge, inspirés eux-même pas les scribes des temps antiques, etc.

 

Au final, rien ne se crée tout s'adapte au support et au contexte ?!...

 

Merci pour ce commentaire

Réponse de Camille A le 23/02/2011 à 14h30
Bonjour Camille,

C'est intéressant de commenter maintenant parceque j'ai le sentiment qu'on commence à prendre du recul dans la conversation.
Comme tu le sais peut-être nous avons organisé - la région Ile-de-France, Scoop.it, Read Write Web et Pearltrees (dont je fais partie donc) et les débats se sont cristallisés sur trois grandes questions : Comment traduire le mot "curation" en français? Qu'y a-t-il de nouveau? Qui sont vraiment les curators? Ce que j'ai retenu des discussions figure d'ailleurs dans ce pearltree : http://pear.ly/MGu5

Pour la traduction, chez Pearltrees nous avons toujours proposé edition/curation, éditeur/curator, parcequ'un éditeur sélectionne, met en collection et partage son choix. Ca nous semble naturelle.
Pour les deux autres questions, je dirais qu'elles sont liées et que ce qui est en jeu est la démocratisation de l'édition. En fait, comme les plateformes de blogs ont démocratisé l'écriture, les plateformes de curation/d'édition démocratisent l'édition. Ce qui est clé c'est que tout le monde édite. Dès qu'on s'intéresse à quelquechose on conserve des contenus, on les classe et on en parle. C'est très naturel. Donc les éditeurs potentiels sont des gens qui ont des passions sur le Web, et ce qui est nouveau c'est le processus de démocratisation de l'activité sur le web.
Commentaire n°13 posté par francois le 23/02/2011 à 12h07

Merci François pour ce point de vue!

 

D'accord sur la nécessaire édition (voir "editorialisation" ?) des contenus web. Reste aussi l'aspect collecte de l'information qui lui permet de selectionner du contenu pertinent (pour qui ou pour quoi d'ailleur ?), et qui n'est pas à négliger si l'on souhaite ne pas évoluer dans un monde numérique plus redondant qu'original et hétérogène...

Réponse de Camille A le 23/02/2011 à 14h27

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