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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 15:26

 

chat_bonjour.jpgLorsque l'on est blogueur il arrive (parfois pour certains et souvent pour d'autres) de recevoir un mail venant d'une agence ou d'un annonceur pour présenter ses services, voir proposer un partenariat pour la création et la diffusion de contenu. Et à l'inverse, en tant que consultant ou marketeur l'on est (parfois pour certains et souvent pour d'autres) amené à entrer en conversation avec un blogueur (ou un modérateur de forum/communauté, etc.) pour proposer, etc., etc.

Mais il arrive que ce message soit mal compris ou mal interprété (selon les points de vue) et que le but ne soit jamais atteint. Voir pire (pour une marque), que le message soit détourné.


Mais alors comment rendre son message efficace pour obtenir une réponse positive, ou tout du moins rester en bon terme avec le « leader d'opinion » visé ?

 



 

Tout d'abord il n'y a pas de solution miracle pour inciter quelqu'un à faire quelque chose (hormis l'hypnose peut-être ?). L'une des bases est de bien comprendre ses « cibles » (car souvent sur le web les méthodes d'influence sont à visée marketing). Et qui plus est sur le web, que certains appellent conversationnel, où les outils mis à disposition pour échanger sont extrêmement variés.

Ces outils permettent d'ailleurs de mieux appréhender le profil de la personne avec qui l'on souhaite entrer en conversation, demander de l'aide ou proposer un projet. Je ne parle pas ici d'e-mailing de masse, mais bien d'inclure certains membres actifs et médiatisés (ou « influents ») d'une communauté numérique précise dans le cadre d'un projet (marketing, communication, associatif, etc.).

 


En tant que blogueur, j'essaye d'être le plus réactif possible aux diverses demandes (questions, tests d'outils, collaborations, etc.) qui me sont faites par mail. Mais quand je reçois des mails impersonnels, du type « Monsieur, Votre blog parle de technologies Internet. Il paraît très pointu sur le domaine en question. Souhaitez vous découvrir la dernière... », je me dis que lire le mail jusqu'au bout est déjà un effort consentit de trop. Et avec un peu de force je réponds parfois des mails-types « On commence par dire bonjour »...

 


D'un point de vue agence, il arrive de voir des tentatives finir en rigolades ou empoignades (visibles sur le web ou non) à cause de consultants qui n'ont pas vu, par exemple : que le blogueur détestait la marque (et qu'il avait déjà écrit 5 articles sur le sujet), qu'il ne voulait pas faire de projets à buts commerciaux... ou tout simplement qu'il travaillait pour la concurrence (ce qui est courant pour tout ce qui est lié à l'univers geek) !

Bref les exemples sont nombreux, et afin de mener à bien ses projets conversationnels (et d'e-réputation) sur le web, il est intéressant non pas d'apprendre la politesse (bien que...) mais plutôt d'essayer de comprendre un minimum son interlocuteur avant de le contacter par quelque moyen que ce soit.



Voici donc quelques critères d'analyse afin de mieux cerner la personne (ou tout du moins sa projection numérique) que vous souhaitez inviter à participer à votre stratégie de gestion de réputation en ligne. Mais aussi ses moyens d'expressions sur le web au-delà de la qualification des sources et de l'analyse de son « influence » (faites théoriquement au préalable, et qui ne se basent pas uniquement sur Wikio ou un autre classement) :



==> Tout d'abord regarder la présentation de l'auteur de la source (son « à propos » ou sa « bio »). Pour y remarquer son CV (et constater s’il est un concurrent, ou pas), ses activités, la vision qu'il a de l'outil web qu'il utilise...


==> Se reporter à l'ensemble des autres profils de l'auteur/blogueur (Viadéo, Facebook, etc.) présents sur la source analysée.. Vous pourrez ainsi mesurer si, au-delà de son blog ou de son compte Twitter par exemple, l'auteur développe un autre réseau (et surtout de quel type ?). Mais aussi remarquer les contacts que vous avez en commun et qui sont de potentiels relais/mise en relation (utile aussi pour les recherches d'emplois). De plus, ce sont les réseaux que l'auteur souhaite mettre en avant car (pour lui) ils font généralement partie intégrante de son identité (numérique).


==> Une question à se poser : a t-il déjà parlé de mon entreprise ou de son secteur ? Et surtout : comment ? Pour cela, l'utilisation du moteur de recherche interne, ou d'une requête site:www._.com sur votre moteur de recherche favori, suivi des mots-clés voulus, vous permettra de le savoir rapidement.

Pour les comptes Twitter, un outil nommé Searchtastic permet de rechercher directement des mots-clés sur l'ensemble des tweets d'un compte (et en bonus de les exporter au format .xls).


Pour caricaturer, rien ne sert de proposer une opération marketing sur le steak haché à un végétarien militant (même si c'est un blogueur cuisine reconnu) !

 

==> Si plusieurs auteurs d'une même source, se questionner sur la personne la plus adéquate à contacter (celle qui publie le plus ? Qui est la plus médiatisée sur le web ?). Et ce afin de ne pas être redondant dans ses demandes (personnalisation du message). Et surtout laisser l'occasion à l'un des auteurs de présenter le projet aux autres (plus impactant sur la décision des co-auteurs).


==> Les types de contenus qui sont diffusés sur la source : textuels, hypertextuels, multimédia ? Sont-ce des reprises, des contenus originaux (expertise ?), des copiés-collés ?


==> Quel ton emploi l'auteur de la source ? Pour cela il est bien évidemment nécessaire de lire quelques billets... Le ton vous permettra d'évaluer l'adéquation avec le message que vous souhaitez lui proposer de diffuser ou discuter.


==> Y a t-il de la publicité sur cette source ? Que ce soit des adwords, des bannières ou des billets sponsorisés, cette information montre la volonté de retirer des revenus de l'activité web de l'auteur. S'il n'y en a pas, alors rien ne sert d'avoir pour argument principal la rémunération possible issue de la collaboration proposée.


==> La technologie utilisée pour produire du contenu (dans le cas d'un blog) : une plateforme (type overblog, blogger, etc.) ? Un outil de CMS (Wordpress, Joomla, etc.) ? Cela permet de déterminer le niveau de technicité de l'auteur de la source mais aussi la marge de manoeuvre qu'il a sur son outil de production de contenu (ajout de bannières spécifiques, etc.).

 


 

Jojo et Jacquot PolitessesMême si cela peut paraître du bon sens, l'expérience montre que ces 8 points d'analyse (somme toute rapide à faire) ne sont pas souvent respectés.


Au-delà de l'appréhension du comportement et des attentes, on peut citer Voltaire : « la politesse est à l'esprit ce que la grâce est au visage ». Quelque chose qui peut paraître superficiel mais qui néanmoins impact la personne que l'on sollicite.

 


 

 

 Pour aller plus loin...



Une approche de l'identité numérique intéressante (et déjà bien connue sur le web), est le design de la visibilité de Dominique Cardon.


 

DominiqueCardon-DesingDeLaVisibilite



 

Pour rendre l'approche d'un blogueur (ou d'un internaute en général) plus efficace, il peut être intéressant de se demander quelle identité (agissante, virtuelle, etc.) celui-ci met le plus en avant. Et ce afin d'employer les bons leviers (le bon argumentaire) lors d'une prise de contact.


 

Cela démontre aussi, qu'au final, les méthodes de gestion de l'identité numérique sont étroitements liées à celles de gestion de l'e-réputation des organisations. Et que les producteurs de contenus en ligne ne sont pas de simples "sources" (certains diraient même "panneaux publicitaires"), mais biens des être humains avec qui il faut dialoguer...



Et vous, quelle méthode employez-vous pour contacter des personnes sur le web ?! Faites-vous au préalable un ciblage précis ?



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commentaires

J.Juraver 13/05/2010 00:28


Bonjour (sic!),
personnellement je conçois la prise de contact directe sous l'angle du dérangement. Même si je sollicite un contact avec l'idée bien nette que je souhaite offrir un interêt réciproque, je pars de
l'angle que je débarque comme ça sans crier gare et donc je prends de multiples pincettes : 1) je suis poli 2) je soigne beaucoup mon phrasé et mon ortographe 3) je ne tourne pas autour du pot 120
ans

Et pour ajouter aux anecdotes précitées et y aller de ma pierre, je reçois très mal les contacts ou même demande de support qui omettent systématiquement les formules de politesse de base, ont
oublié de désactiver le capslock avant de rédiger (résultat : tout l'e-mail en majuscule), alors ne parlons même pas des agences qui me proposent systématiquement de refondre le site web que je
viens de tout juste de fabriquer de mes mains avec des tarifs et un argumentaire à pleurer de pathos.


Camille A 22/05/2010 20:55



Désolé @ tous pour le retard dans ma réponses à vos commentaires...


 


@Patrick : Je suis tout à fait d'accord avec toi, il faut laisser de la place à la spontanéité


Je pensais plutôt à une stratégie "d'approche" ou de requête. Merci pour ton retour d'expérience.


 


@Frédéric : Merci de votre commentaire. Avez-vous pu mettre en place une stratégie efficace ?!


 


@Jérémie : Bonjour mon cher


La notion de "dérangement" que tu soulignes me fait penser aussi à l'idée "d'attention" : il faut attirer l'attention de la personne avec qui l'on souhaite entrer en contact. Comme tu le note, il
ne faut pas tourner autours du pot indéfiniement...


En bref, penser cela comme une réelle action de communication, et ne pas se dire que les outils numériques rendent inutitles un minimum de réflexion.


Et merci pour ton exemple, je n'ai pas parlé ici de certains mails du même type que je reçois et où certaines entreprises me proposent des formations "à la découverte des Flux RSS" pour
"développer l'expertise attractive de mon blog" (sic)....



Frédéric Marin 12/05/2010 22:45


en fait, tout dépend de l'enjeu pressenti ; je réagis un peu comme vous, au niveau de la politesse, qui révèle finalement une certaine marque d'attention à l'autre ..., et je cherche toujours un
mi,imum d'informations.

je ne me suis jamais mis en situation d'enquêtes policières, à vrai dire, et les fouilles que j'ai pu entreprendre, les plus 'fouillées' je veux dire, ont principalement concernées mes
prospects.

Vos 8 points représentent une bonne dose homéopathique pour avoir une idée du paysage numérique portant l'interlocuteur en question ; je vais m'y essayer.

amicalement,


Frédéric Marin, le 12 mai 2010


Patrick 12/05/2010 14:24


Ta question m'interpelle, puisque je participe actuellement à de nombreux afterwork "IRL" pour dé-virtualiser mes relations (comme dirait une professionnelle de la communication).

Sur une première rencontre, je n'ai pas toujours le loisir d'effectuer une recherche préalable sur les gens que je vais croiser. Je m'accorde donc le plaisir de la découverte, et des échanges de
cartes de visites.

Par contre, le lendemain, je n'hésite pas à approfondir ma connaissance de la personne en allant visiter des blogs, des sites Web ou en effectuant une recherche sur Internet soit par Google (si je
suis dans un mauvais jour), soit avec certains outils spécifiques, type "www.123people.com". Il n'est d'ailleurs pas rare que des demandes de mises en relation arrivent sur Viadeo. Parfois aussi,
je rejoins des réseaux...

Bref, en ce moment, je suis plus dans l'a posteriori que dans l'a priori.


Philippe 11/05/2010 16:17


Bonjour Camille,

J'opte pour une approche franche, polie et ouverte. J'explique le plus simplement et clairement possible les raisons pour lesquelles je prends contact (habituellement à titre privé). Une approche
"naïve" des gens est souvent très saine et gratifiante pour les 2 personne concernées. Le mieux, c'est de pouvoir établir un dialogue avant même de devoir demander quelque chose à quelqu'un.

Bonne juornée à tous,

Philippe :-)


Camille A 11/05/2010 17:56



Merci pour ce retour d'expérience


Il est claire qu'établir le dialogue avant de demander quelque chose est la meilleur des solutions . Mais sur le web le dialogue n'est-il pas déjà existant même si les personnes ne se sont pas
parlées : relation blogueur/lecteur, fllower/followé, etc. ?!


 


A creuser ! Merci pour le commentaire.



CWM Consulting 11/05/2010 16:06


Bonjour,

Merci de cet article (s'ils sont plus espacés en ce moment, ils sont toujours aussi intéressants !).

Personnellement, je privilégie la dimension "contact personnalisé". Non pas que je fasse un mail personnel à chaque mail envoyé mais je préfère ne pas contacter des gens avec lesquels je n'ai pas
eu un premier contact...
Pas de mail de masse pour moi donc...

J'utilise beaucoup les réseaux sociaux pour "cibler" mes recherches. Viadeo entre autres... J'avoue que recevoir un mail pour référencer mon site à 25 euros à moi référenceur (sûrement pas le
meilleur mais pas le moins bon non plus...), ça a légèrement tendance à m'agacer...


Camille A 11/05/2010 17:53



Merci pour le commentaire et le retour d'expérience Je n'espace pas particulièrement, je n'ai juste pas publié (la
première fois en 18 mois) d'article la semaine dernière ... Car j'en ai écrit trois en tout pour d'autres blogs



 


Et oui, il est dommage de ne pas utiliser les réseaux sociaux (qui rappelons le permettent la "socialisation" :-) pour contacter au mieux une personne.


 


 



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