Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 14:37

EcrireArticle1.jpgL’e-réputation est devenu un sujet courant sur le web : en 1 an, mon agrégateur a vu passé près de 300 articles sur le sujet ! Si vous aussi vous souhaitez vous positionner sur le sujet, voici (issu de ces articles) 5 approches à inclure nécessairement dans vos articles. Car, au final, quoi de mieux que faire comme tout le monde pour intéresser tout le monde ?...

 

 

 

 

Bien évidemment, si cet article se veut (un poil) ironique, il faut souligner que de nombreux articles sur l’e-réputation font avancer le schmilblick (de mon point de vue bien entendu, et vous les retrouvez en partie ici). La vulgarisation est nécessaire (mais pas forcément la simplification).


D’autres, par contre, ne font que ressasser les mêmes approches du sujet… A croire que pour parler d’e-réputation il faut prendre des angles similaires, ou plutôt s’appuyer sur des « théories » et des approches devenues presque dogmatiques avec le temps.

 

C’est donc à la lecture de certains de ces articles que m’est venu cet étonnement, que je partage rapidement avec vous aujourd’hui. Et ce afin de vous permettre de produire des articles dont la pertinence et l’originalité n’auront que peu d’intérêt face à la médiatisation qu’ils obtiendront.


 

L’approche du prêt-à-porter

 

Ou : ce qui est bon pour telle entreprise est bon pour les autres.


Sous-entendu : il y a des « tailles uniques » d’internautes (influenceurs, etc.) et de réputation dont Klout et Google sont les étalons de mesure.


EcrireArticle2.jpgMéthode : citez des cas de grandes entreprises qui ont eu à gérer des crises (car oui : l’e-réputation n’est qu’une question de crises), puis cherchez à monter en généralités afin que même votre grande tante puisse s’y retrouver. Ensuite, proposez un arsenal de bonnes astuces (en 5 ou 10 points si possibles) partant du principe que oui, chaque entreprise à la même réputation et doit donc s’habiller avec les mêmes stratégies pour atteindre le graal : « une bonne e-réputation » (évitez de définir ce que vous entendez par « bonne » cela deviendrait trop complexe).


Verbatim à privilégier : « bonne pratique », « reproductible », « typique », « pour toutes les entreprises », « à faire » ou « à ne pas faire », « dans l’absolu », etc.


 

 

L’approche de la caméra de surveillance

 

Ou : vous devez surveiller tout ce qui se dit sur vous


Sous-entendu : c’est parce que vous ne surveillez pas que c’est arrivé. Et si vous surveilliez, alors c’est que la caméra était au mauvais endroit. Dans tous les cas : surveillez.


Méthode : soulignez tout d’abord que le web est grand, que tout le monde s’exprime, et que EcrireArticle4.jpgdonc tout le monde peut parler de votre entreprise (en mal bien évidemment, cf crises). Faites ensuite remarquer que la réputation n’est pas une forme de transmission de perceptions, mais très basiquement ce que « les gens disent de vous sur les internets ». D’où l’idée de tout surveiller (le « tout » est important) car on peut toujours passer à côté d’un fameux signal faible que l’on aurait pu interpréter à temps. Concluez sans parler de stratégie de veille, mais en proposant les outils qui vont bien.


Verbatim à privilégier : « alertes Google », « exhaustivité », « photographie à l’instant T », « signal faible », « prédictions », « tendances », etc.

 

 

 

L’approche Darwin 2 .0

 

Ou : aujourd’hui, si vous n’êtes pas sur Internet, vous n’existez pas.


Sous-entendu : si votre entreprise n’a pas de page Facebook ou de compte Twitter elle est vouée à disparaitre du cycle économique, elle a raté une marche de l’évolution.


Méthode : commencez par citer des cas d’entreprises qui ont multiplié leurs bénéfices grâce à leur présence web. Puis, faites remarquer que le web est gratuit et simple d’accès donc pourquoi se priver d’ouvrir des comptes. Soulignez encore une fois que l’e-réputation est un risque et que pour y pallier « mieux vaut être présent afin que les internautes écoutent votre discours et pas celui des autres ». Rappelez subtilement que « votre réputation c’est Google », et que donc pour être sur Google il faut mettre du contenu sur le web. Concluez par « c’est en étant visible sur le web que le web vous rendra visible » (ou une formule proche soulignant au passage que c’est so 1.0 de n’avoir qu’un site web, et que non, ouvrir un compte sur Pinterest ou Quora est une nécessité, pas une mode).


Verbatim à privilégier : « (r)évolution », « nécessité », « visibilité », « tout le monde est sur Internet », « levier de performance », etc.

 

 

L’approche strass et paillettes


Ou : tout ce qui brille est e-réputation.


Sous-entendu : ce sont les résultats bien positionnés et positifs qui attirent l’attention et qui font la réputation.


EcrireArticle3Méthode : jouez sur les évidences : si c’est visible et que c’est négatif ( ?) alors c’est mauvais. Si c’est visible et que c’est louangeur, alors c’est bon. Mettez de côté la personnalisation des moteurs de recherche, l’influence du contexte, les interprétations possibles d’un même message, etc. Même la « théorie de l’horoscope » (fumeusement développer par moi-même sur Europe1 pour souligner que sur le web on cherche généralement à confirmer des idées préconçues) peut passer à la trappe. Non, l’e-réputation c’est paraitre bien dans tous les contextes, pour tout le monde. Et là, vous pouvez reboucler avec des stratégies prêt-à-porter.


Verbatim à privilégier : « positif », « première page de résultats », « visibilité », « contenu maîtrisé », « contrôler votre e-réputation », etc.

 

 

La (méta) approche du ravioli


EcrireArticle5.jpg 

Ou : dans l’e-réputation tout est bon, et tout est e-réputation (le SEO, le marketing web, la communication, etc.).


Sous-entendu : sous un enrobage que l’on peut cuisiner à toutes les sauces, l’on fourre tout est n’importe quoi.


Méthode : Présentez tout d’abord l’e-réputation non pas comme une finalité nécessitant un ensemble de moyens, mais comme un moyen amenant de nombreuses finalités. Choisissez ensuite une niche thématique (e-réputation et saucisson, e-réputation et danse tyrolienne, etc.). Si vous êtes très fort, vous pouvez même oser aborder des sujets ultra-médiatiques comme l’e-réputation de DSK (ben oui, imaginez un internaute qui tape son nom sans savoir qui il est) ! Démontrer très rapidement en quoi cela est une question d’e-réputation (à savoir : résultats visibles sur Google + adjectifs négatifs selon le Larousse 2012). Puis, proposez des solutions prêt-à-porter soulignant la nécessité de mettre des paillettes, des caméras de surveillance afin de ne pas rater l’évolution en cours.


Verbatim à privilégier : « e-réputation », « cyber réputation », « réputation numérique », « notoriété », « risques »… Et tous les termes qui de près ou de loin font 2.0 (car l’e-réputation englobe le web 2.0).

 

 

Au final…

 

La vulgarisation est une nécessité. Mais rendre accessible ne signifie pas pour autant rendre simpliste. Si nous (i.e. les personnes traitant du sujet de l’e-réputation) avons tous à un moment ou à un autre réduit ce concept (si concept il y a ?) à son plus simple appareil pour le rendre accessible, il faut à un moment ou à un autre prendre un peu plus de distance. Développer sa propre approche, poser des questions plus précises, inciter à la réflexion. Ne pas transformer l’e-réputation en solution miracle accessible à tous car cela n’est pas le cas dans la pratique.


Bref, normaliser les pratiques : oui. En faire un fourretout jouant sur les évidences afin d’attirer le lectorat (ou les clients) sera préjudiciable à l’avenir de mon point de vue.


Après, il est parfois difficile de développer un discours construit dans toutes les situations.  Je parle notamment en connaissance de cause, ayant été interviewé plusieurs fois ces temps-ci et ayant dû réduire (beaucoup trop) mes propos pour les rendre accessibles (avec parfois un arrière-goût amère en relisant ou réécoutant ces dites interviews).

 

Vendre de l’e-réputation comme on vend des raviolis trouvera vite ses limites, ce n’est pas la première fois que cela m’étonne, et surement pas la dernière.

 

Et vous, quelles sont les simplifications qui vous étonnent (ou vous irritent) lorsque l’on parle d’e-réputation ? Comment, à votre avis, vulgariser sans dénaturer voire rendre faux ?!

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 15:53

Strategie-RP.jpgComme tout blogueur, il m’arrive souvent de recevoir par mail des propositions en provenance de diverses sociétés. Généralement, on me propose de découvrir tel nouveau produit, de participer à telle action ou encore d’écrire un billet sur tel service. A force, je commence à distinguer certaines « stratégies » types dans ces envois de mails. Je me permets donc de vous les faire partager…

 

 

Ah, les relations presses/publiques digitales… Un exercice souvent difficile, loin d’être exempt de « dérapages », et qui nécessite de bien définir la ou les personnes que l’on souhaite contacter.


Si de nombreux professionnels font bien leur travail, proposent des choses en adéquation avec les attentes des blogueurs, en s’appuyant sur des leviers qui toucheront directement l’intéressé, bref en personnalisant leurs propositions, d’autres… D’autres peuvent laisser dubitatifs ! Que de temps et d’énergie (et d’argent lorsqu’il s’agit d’une agence) perdus à envoyer des mails vides de sens, et qui n’atteindront jamais leur objectif, à savoir inciter le blogueur en question à médiatiser le message voulu (en général).


Voici donc, pour vous inspirer ou au contraire vous montrer le chemin à ne pas suivre voire vous faire sourire, 7 stratégies typiques que j’ai pu déceler dans les multiples envois de mails que je reçois depuis 4 ans.


 

Première précision : les exemples montrés sont issus de vrais mails (anonymiser comme il se doit).


Deuxième précision : les « stratégies » reposent sur minimum 5 mails du même style déjà reçus.


Troisième précision : tout ceci est du second degré (au cas où certain(e)s se sentiraient visés, on ne sait jamais, d’où l’anonymisation des mails).


Note importante : la base de ces stratégies (et la difficulté) repose sur le fait que l’ensemble des mails montrés en exemple me proposent des produits/services/sujets qui n’ont (quasiment) rien à voir avec les thématiques de mon blog ! Ou alors de très très loin (en résumé : ça parle de web).


 

La stratégie mystérieuse


Concept : on ne sait pas bien en quoi consiste la demande, ou alors qui est la personne/société qui souhaite entrer en relation avec le blogueur.


Strategie-RP-1.jpg


Avantages : cela crée l’attente, provoque le mystère chez le blogueur qui ni une ni deux s’empresse d’aller chercher sur son moteur de recherche favori ce que fait la société en question, ce qu’elle veut lui proposer… Bref, il trépigne d’impatience.


Inconvénients : ne sachant pas ce qu’on lui propose, n’ayant pas le temps de contacter la personne ou d’aller voir sur le web (parce que le blogueur travail généralement et accessoirement), et bien… Il met le mail à la poubelle.


 

 

La stratégie impersonnelle

 

Concept : envoyer un mail vous présentant des informations qui n’ont donc pas grand-chose à voir avec le blog visé, sans personnalisation du message, et surtout un contenu de base vous donnant une folle envie d’aller jeter un œil sur le produit/service présenté. Avec bien entendu, cette requête à la fin : « peut-être y a-t-il la possibilité de le mentionner dans votre blog ? ».


Strategie-RP-2.jpg

(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)


Avantages : cela va plus vite que de définir sa cible, d’étudier ses attentes ou même la thématique de son blog. Dans la même journée, l’on peut augmenter son taux de contacts à plus d’une centaine de blogueurs !


Inconvénients : le blogueur peut se dire que ce mail ne lui est pas destiné, et l’envoyer par exemple à sa grand-mère qui n’attendait que la sortie de cette application iPhone pour devenir le membre le plus high-tech de son club du troisième âge.

 


 

La stratégie directe

 

Concept : ne pas s’embêter en circonvolutions inutiles (comme flatter l’égo du blogueur, ou tout simplement lui dire pourquoi on le contacte lui et pas un autre), et aller droit au but. Après 10 mots d’introduction, demander directement « s'il était possible pour vous de diffuser notre application à tous vos membres ». Et bien entendu, ne pas proposer de contrepartie (ou dire quel avantage pour le blogueur de faire cela).

 

Strategie-RP-3.jpg(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)



Avantages : cela va plus vite, on se dit que le blogueur n’a pas le temps de lire donc autant lui faire gagner du temps. Et dans tous les cas, cela n’a pas pris trop de temps de rédiger le mail (puisque de préférence autant ne pas le personnaliser).


Inconvénients : le temps de prise de décision du blogueur face à ce type de mail est proportionnel à la taille de celui-ci : en 10 secondes, on sait que l’on va le refuser. Avec, parfois (et pour ma part) cette furieuse envie de renvoyer un  mail contenant seulement : « je peux vous offrir un  café avec mon billet ? ».

 

 

La stratégie ultra-directe


Concept : même concept que la précédente stratégie… mais en plus court. Si possible éviter : d’utiliser la touche MAJ de son clavier, de se présenter, et d’utiliser toute forme existante de ponctuation. Histoire de gagner du temps…


Stratégie RP 4(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)


 

Avantages : cela va encore plus vite !


Inconvénients : cela va encore plus vite de refuser ou de jeter à la corbeille.

 

 

 

La stratégie classique

 

Concept : envoyer seulement un communiqué  de presse (objectif : miser sur l’indépendance et la curiosité du blogueur), sans perdre de temps en détails (objectif : faire gagner du temps au blogueur en espérant qu’il mette en ligne tel quel le CP). Le petit plus : mixer cette stratégie classique à d’autres présentées précédemment (directe et/ou mystérieuse par exemple).


Strategie-RP-5.jpg(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)


Avantages : un communiqué de presse sert à tout le monde, journalistes ou blogueurs. A force d’en recevoir souvent, il est clair qu’un blogueur qui se respecte sait gérer les CP. En plus, et encore une fois, pas besoin de trop personnaliser : le blogueur saura se reconnaitre dans le CP ! Qu’il pourra copier/coller directement.


Inconvénients : si le blogueur n’est pas un journaliste, si le blogueurs écrit vraiment lui-même ses articles, si le blogueurs à l’outrecuidance de ne pas faire de promotion pour des sociétés qu’il ne connait ni d’Eve ni d’Adam… et bien il ne le lira pas, et en parlera encore moins.

 

 

La stratégie sentimentale


Concept : aussi appelée « stratégie coup de pouce », cela consiste à demander au blogueur de réaliser pour votre société (commerciale bien entendu, pas question ici de grandes causes qui pourraient toucher le blogueur) une action. Bref, aider une entreprise qui se lance car sans vous elle ferait exploser son budget comm. Et sans contrepartie, évidemment, sinon ce ne serait pas un coup de pouce.


Strategie-RP-6-copie-1.jpg(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)



Avantages : là on touche à la corde sensible. Après avoir ramé pour publier du contenu, dialoguer avec d’autres blogueurs, maintenu un lectorat, etc., un blogueur ne peut que comprendre la difficulté de se faire connaitre et gagner un peu de notoriété (et de transformation sur son site). Si, en plus, on lui propose des « kits de communication » tout faits, et que l’on ajoute que l’on adore ce qu’il fait, ça ne peut que marcher.


Inconvénients : si le blogueur est un méchant sans cœur qui estime que d’une part le produit n’a rien à voir avec la choucroute qu’il propose sur son blog, et que d’autre part quitte à donner des coups de main il préfère les donner à des actions/organisations/amis qui comptent un peu plus pour lui… c’est perdu d’avance.

 

 

 

La stratégie totalement à l’ouest

 

Concept : proposer à un blogueur qui parle sur son blog de tricot d’écrire un article sur les loutres sauvages de Laponie. En l’occurrence dans notre exemple ci-dessous, proposer à un blogueur qui parle d’e-réputation d’écrire des articles sur les dernières sorties DVD.


Strategie-RP-7.jpg(Cliquer pour agrandir l'image dans un novuel onglet)


 Avantages : cette proposition peut créer un nouvel engouement chez le blogueur qui s’empressera alors de créer une rubrique dédiée sur son blog. Peu importe que son lectorat vienne sur son blog pour lire des informations sur un sujet précis, il trouvera forcément plaisant de découvrir des nouveaux sujets qui n’ont aucun rapport.


Inconvénients : même si le blogueur (attiré par le fait d’obtenir gratuitement des DVD) décide de parler de vos produits/services, on peut se questionner sur l’impact réel de tels propos hors-contexte sur son blog ?... Bah, de toute façon, l’important c’est d’être visible sur Google.

 

Et il en existe bien entendu d’autres, comme la stratégie du lien (proposer à un blogueur de faire un lien vers un site commercial qui n’a rien à voir avec son sujet) ou encore la stratégie du profiteur (proposer au blogueur de fournir des articles gratuitement pour une base payante)… Ou encore des plus détaillées au niveau de leurs approches : la stratégie du « on est copain » (donc on se tutoie et on ne perd pas de temps dans les détails), ou celle du « c’est bon pour vous » (le fait de parler du produit/service appuiera notre notoriété de blogueur déjà flamboyante), etc.


Et, évidemment, vous pouvez associer autant que possible les différentes stratégies proposées ci-dessus (par exemple : la « stratégie directe sentimentale totalement à l’ouest »).

 

 

 

Tout ça pour dire quoi ?

 

Pour faire synthétique et rebondir sur l’introduction de ce billet, pourquoi perdre du temps à parler d’actions qui en font déjà perdre au quotidien ?

Car :


==> Ce genre d’actions, même si elles sont pour ma part en net diminution, me semblent une réelle perte de temps à la fois pour les entreprises qui mettent ça en place que pour les blogueurs qui doivent trier ces formes de spam


==> Ce genre d’actions font clairement perdre en crédibilité aux entreprises qui les mettent en place, leur font perdre de l’argent, et in fine décrédibilisent petit à petit les RP sur le web (ce qui n’était déjà pas bien difficile avec les débats existant sur les billets sponsorisés par exemple)


==> Cela démontre la mauvaise expertise web de certaines agences qui jouent sur les bonnes vielles techniques d’antan, mais avec une couche « weby mais pas trop touchy » qui va bien


==> Cela démontre que ces entreprises digitales n’ont pas encore compris l’intérêt du web dit social : se socialiser ! Prendre le temps d’échanger avec le blogueur en avance, de se reposer sur les autres outils dont il dispose pour communiquer, de s’appuyer sur son réseau pour obtenir des recommandations, etc.


 

Alors que faire ?

 

Pour être à la fois un communicant ayant déjà eu recourt à ce genre d’approche par mail, et un blogueur approché, il me semble que s’il n’y a pas de stratégie parfaite même si  celle qui donne le plus de résultats est la suivante : la stratégie personnalisée.


Mettre de côté les classements d’influence et autres indicateurs d’audience pour prendre le temps de découvrir le blogueur, ses attentes et sa manière de fonctionner, voire d’entrer au préalable en contact avec lui autrement que par mail. Bref : prendre le temps ! Ne plus penser les stratégies RP digitales comme un one shot mais comme une relation sur la durée.

 

Et pour personnaliser sa stratégie, mieux comprendre le blogueur, commencer par se poser les bonnes questions :


==> Qu’elles soient quantitatives : quelle médiatisation ? Quelle expertise ou autorité dans son domaine ?


==> Qu’elles soient sur le contenu : quelles thématiques abordées par le blogueur (la base) ? Quels types de contenus diffusés ? Quel ton employé par le blogueur ?


==> Ou encore qu’elles soient liés au fonctionnement du blog : y a-t-il déjà des billets sponsorisés ou des CP ? Y a-t-il d la pub ?


Bref (et comme nous le soulignons avec David dans notre ouvrage -et histoire de m'auto-spammer un peu ), mettre en place des fiches qui répondent à ces questions pour chaque blogueur que l’on souhaite approcher, puis qui récapitulent les échanges effectués, est une base à ce genre de stratégies.

 

Enfin, de manière globale, arrêté de jouer sur « l’économie de la gratitude », et prendre en compte que certain blogueur ne vont pas diffuser des informations sur une entreprise juste pour le plaisir de lui faire plaisir (si je puis dire). Surtout si ces blogueurs ont quelques années de pratique derrière eux…

 

 

Au final…

 

Sans vouloir vexer personne, il ne s’agit ici que de mon propre étonnement face à la répétition de stratégies qui (dans mon cas mais je ne pense pas être le seul) ne marchent pas. Je comprends cependant tout à fait que certains blogueurs entrent dans ce jeu, chacun ses attentes et objectifs en matière de bloging.


Je suis peut être difficile (je ne joue peut-être pas le jeu automatiquement ?), mais étant donné que certaines stratégies de RP marchent (avec moi ou d’autres), alors pourquoi voir encore autant d’actions illogiques desservant les stratégies de communication qu’elles sont censées aider à développer ?...

 

Et vous, quelles autres stratégies (dé)conseillerez-vous ? Comment réagissez-vous face à ces sollicitations mal calibrées ?

 

 

 

 

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
29 novembre 2011 2 29 /11 /novembre /2011 15:39

Agence-ereputation.jpgLe web est magique et l'e-réputation ce n’est pas bien compliqué, alors  pourquoi ne pas vous lancer : créez votre propre agence! Avec déjà plus de 177 agences en France, l’e-réputation est devenue une industrie à part entière… Alors comment lancer une agence qui marche ? Voici les conseils de Jean-Patrick B, fondateur de la toute récente agence Clean the internet & Wash your Reputation (CWR).


 

 

 

 

 

 

 

 

Bonjour Jean-Patrick, pouvez-vous rapidement vous présenter ainsi que CWR ?


Bonjour, Jean-Patrick B, ancien consultant digital full 360 dans un grand groupe (vous aviez déjà interviewé un de mes collègues, Norbert). Serial entrepreneur, j’ai déjà créé 5 start-up. Depuis 6 mois, fondateur et CEO de CWR une agence dédiée à la cyber-réputation des particuliers et des entreprises.           

 

Comment vous est venue l’idée de créer une agence, et quelle est son positionnement ?


L’idée m’est venue à force de travailler avec des grandes marques : les prestations devenaient de plus en plus complexe, alors que concrètement énormément d’entreprises et de particuliers restent aujourd’hui démunis face à une mauvaise e-réputation. Et qui plus est, c’est un marché en plein développement où chacun peut faire sa place, à condition d’avoir des bonnes prestations.


Notre positionnement est simple : nous faisons tout notre possible pour rendre votre réputation plus brillante ! Brillante car nettoyée de toutes les critiques inutiles, brillante car visible sur les moteurs de recherche… Aujourd’hui, nous dégageons déjà des bénéfices !

Notre slogan : là où nous passons, la critique ne repousse pas !

 

 

Pouvez-vous donc donner des conseils aux lecteurs de ce (modeste) blog souhaitant eux aussi monter leur agence ?


Bien entendu ! En préambule, il est important de souligner que le discours est aussi (sinon plus) important que le fonctionnement même de l’agence ou les prestations… Aujourd’hui, comme je le disais, mieux vaut proposer des choses que tout le monde comprend, que partir dans des réflexions complexes. L’e-réputation c’est simple : c’est ce qu’on dit de vous, et ce que vous ne voulez pas entendre.


Voici donc mes 10 conseils (liste non-exhaustive).

 

 

Définir ses cibles

 

Pas d’agence sans clients et, comme disait mon père, pas de pognon sans chèques (nous acceptons aussi les espèces).


Si les grandes entreprises et les personnalités savent déjà s’adresser à des grandes agences de communication, ne vous inquiétez pas : il reste plus de 2 millions de TPE/PME en France, ainsi qu’énormément de madame/monsieur Michu qui ont peur pour leur réputation ou celle de leurs enfants.


Choisir sa cible est essentiel car c’est en fonction d’elle que vous adapterez votre discours et vos prestations. Et l’avantage des PME/TPE et des particuliers (au-delà du fait qu’il y en ait beaucoup) et que généralement ils recherchent des prestations : qu’ils peuvent comprendre, pas trop chères, avec des résultats visibles à court terme.


 

La base : un site web, un juriste et référenceur


Le site web est la base même de votre agence, sans lui pas de visibilité donc moins de chance d’avoir des clients… Qui plus est, c’est lui qui permettra de développer votre discours, de vous positionner sur les requêtes les plus critiques (« nettoyer e-réputation », « créer faux profils », etc.). Et puis, si trouver des clients passe par du réseau, beaucoup de nos clients nous ont trouvé grâce au site.


Un juriste, car soyons clairs : l’e-réputation est surtout une affaire juridique. Faire peur au petit malin qui dénigre votre marque ou vous-même, est plus efficace avec un juriste. Et, en plus, cela rend votre agence plus crédible (le droit c’est compliqué), et vous permet au passage de gérer plus facilement les litiges avec vos clients.


Enfin, une personne connaissant bien le référencement naturel, car comme je le disais au-dessus, les clients veulent des résultats visibles immédiatement. Et que, globalement, s’ils n’avaient pas vus de résultats négatifs en tapant leur nom sur Google, et bien ils ne feraient pas appel à nous.


Pour le reste, vous avez des stagiaires…


 

Vendre de la peur


Oui, autant le dire sans ambages, ce qu’il faut c’est faire peur ! Bon, pas trop quand même, car sinon après il est difficile de raisonner le client. Mais jouer sur l’incompréhension que nos clients ont du web est assez efficace.


N’hésitez pas, sur votre site donc, à utiliser des expressions comme : « Votre réputation influence votre quotidien et votre avenir, sachez la protéger » ou encore « Prenez garde à votre e-réputation », « Google nous fiche à vie sur internet sans aucun scrupule », etc.


Et bien entendu, à employer les termes juridiques appropriés, comme « diffamation », « dénigrement », « calomnie » et j’en passe. L’idée étant bien entendu de les rassurer par la suite, en leur montrant que ce n’est pas si compliqué, et qu’en plus ça ne coûte pas cher.

 

 

Vendre des packages

 

Si vos clients ne comprennent pas grand-chose, qu’ils sont pressés et qu’ils ont peu à investir (surtout les particuliers), n’hésitez pas à avoir recours aux packages :


==> Une veille complète sur votre nom pour 30€ par mois (pack veille premium)


==> Un forfait nettoyage de votre réputation pour 50€ par mois (pack platinium)


==> Noyez les résultats sur votre nom pour 100€ (pack Titanic)


Bien entendu, vous pouvez aussi faire des actions à la demande, comme « supprimer une diffamation pour 70€ ttc ». Cela marche bien aussi.


 

Vendre votre propre outil

 

Parce qu’encore une fois, ça fait plus crédible. Dire que l’on utilise des Google Alertes ou Netvibes fait tout de suite un peu moins pro pour notre cible.


Pas besoin d’inventer la poudre non plus, un petit Yahoo Pipes, des graphiques maisons et le tour est joué.

 


Mais si le client veut voir une interface ?


Ah, là c’est du luxe ! Dans ce cas, un stagiaire en PhP, et nous avons développé un outil connecté aux API Google et Twitter. Tenez, si vous voulez un exemple, j’aime beaucoup cet Enfluenceur Rank !

 

Vendre de l’urgence

 

Logique : si votre client à peur et qu’en tombant sur votre site il a encore plus peur, mais qu’il a compris que vous pouvez l’aider, alors autant proposer une hot line.


« Contactez-nous 24/24H » doit être affiché en gros sur votre site ! Car au final, et normalement vous l’avez rappelé dans votre speech commercial, le web ça va vite, donc autant être réactif et agir tout de suite.


 

Satisfait ou remboursé


Vu que vous proposez des résultats visibles, alors autant prendre une forme d’assurance avec votre client. Si les résultats ne sont pas visibles, autant le rembourser. Vu le prix au forfait que vous lui faite payer, ce ne sera pas une trop grande perte.


Cela vous permet aussi de montrer encore une fois votre crédibilité : vous êtes des « spécialistes », des « experts du web », les « leaders du marché », alors si ça ne marche pas vous êtes prêt à rembourser.


Et puis, nous sommes honnêtes que diable !

 

 

Proposer un devis en ligne


Parce que vous n’êtes pas cher, et au cas où votre client aurait un doute sur le bienfondé d’une action de nettoyage e-réputation.

 


Ah, donc cela nécessite une pré-analyse du cas du client ?


Alala, vous dites ça parce que vous êtes jeune ! Non, tous les clients veulent la même chose : enlever une vidéo d’eux tout nu et mise en ligne par leur (ex)conjoint, supprimer des commentaires négatifs (ou en ajouter des positifs), intenter un procès à un blogueur les ayant dénigrés, etc. Dans nos devis, il y a une case et une prestation type (important d’industrialiser pour réduire les coûts) pour chacun de ces cas.


Si cela s’avère trop complexe nous refusons. Si cela demande beaucoup de travail et que nous devons rentrer dans nos forfaits, nous passons par nos partenaires offshores à Madagascar.

 

 

Vendre du community management

 

Car c’est un terme à la mode… Et que vous n’êtes pas là que pour combattre les méchants internautes mais aussi dialoguer avec eux.


Cela donne la sensation à votre client (surtout entreprise) que vous proposez aussi des prestations sur du plus long terme. N’hésitez pas à vous inspirer des blogs sur le sujet, et à proposer des prestations pointues : « dialoguez avec vos  clients », « entrez en interaction avec des influenceurs », etc.

 

 

Quelques autres conseils en vrac

 

Achetez des adwords (madame Michu y est sensible), créez un blog avec plein d’épiphénomènes décryptés dessus, etc.


Bref, je ne vais pas trop en rajouter, la concurrence commence à être rude.


 

Merci Jean-Patrickpour cette franchise !


Oh, vous savez, tout ça c’est du business. J’en avais un peu marre de l’affiliation, certains prennent déjà bien le créneau, donc autant passer à autre chose (qui rapporte du pognon et qui n’est pas très compliqué à mettre en place)…


 

Au final…


Petit article satirico-ironiquo-réaliste pour bien commencer la semaine. Vous l’aurez compris, Jean-Patrick n’existe pas. Mais l’ensemble des conseils, ainsi que les extraits mis entre guillemets sont issus de vrais sites d’agences.


En alimentant ma liste d’agences en e-réputation, je lis bien entendu les discours et arguments des sites que je référence. Et je dois avouer qu’à un moment, j’avais un peu besoin d’extérioriser et mettre en avant ces discours que je vois (bien trop à mon goût) souvent.

Sans vouloir relancer le débat sur « le nettoyage c’est bien ou mal », je constate juste que de plus en plus d’agences avec ce type de prestations (packages, peur, devis en ligne, peur, satisfait ou remboursé, peur, etc.) fleurissent.


Elles sont de mon point de vue légitimes pour proposer ce type d’offres et, si leurs clients sont contents, il n’est pas du tout question d’escroquerie ou autre.  Seulement, j’en veux aux gens qui tombent dans la facilité juste pour générer de l’argent (du pognon dirait Jean-Patrick). Je n’y peux rien, le sujet de la réputation en ligne me passionne vraiment et c’est toujours triste d’observer comment certain(e)s ne font pas avancer les réflexions sur le sujet mais juste leurs portefeuilles.


Et surtout laissent croire aux entreprises, et aux médias qui sont friands de concepts simplissimes (critique = nettoyage, commentaire négatif = faux commentaire) et qui font peurs, que le web est une contrée hostile où les bonnes vielles règles du hors-ligne s’appliquent toujours.

En résumé, quand la bulle 2.0 éclatera (si elle éclate) nous assisterons à une migration de ce type de prestataires vers d’autres business plus florissants, et pour le coup le web ne mettra pas longtemps à effacer les traces de leur passage.  Reste que, à l’heure actuelle, cela ne parait pas bien compliqué de créer une agence en e-réputation et de gérer de manière globale la réputation en ligne d’un particulier ou d’une entreprise… Ce qui, de mon point de vue et on peut en débattre, est bien plus complexe que du « noyage » ou du « nettoyage » (j’attends avec impatience les prestations de repassage et d’essorage).

 

 

Et vous, que pensez-vous de ce type de prestations ? Cela vous donne-t-il envie de monter votre propre agence ?

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
25 octobre 2011 2 25 /10 /octobre /2011 17:16

Generation-Y.jpg

Arrivé à un certain stade, on peut en avoir marre d’être englobé… D’être systématiquement associé à une génération entière et de se voir ranger dans la case « connaisseur du numérique », juste parce que l’on a moins de 30 ans. Mais aussi d’être associé à un ensemble d’usages et de pratiques que l’on ne connaît ou ne cautionne pas du tout. Ou à l’inverse, de voir des amis  à qui l’on demande le même niveau de technicité, la même compréhension d’un phénomène que l’auteur d’un blog sur l’e-réputation. Bref, merci de ne plus me ranger dans la case « génération Y », je m’y sens trop à l’étroit…

 

 

 

J’ai moins de 30 ans.

 

J’utilise un mac depuis que j’ai 5 ans (avec notamment un jeu qui m’a marqué à vie : Risk).

 

J’ai eu mon premier accès à Internet en 1995 (des informaticiens dans ma famille).

 

J’ai produit mon premier site web en 1998 (avec le club Internet de mon collège).

 

J’ai découvert les IRC, forums et autres newsgroups la même année.

 

J’ai développé et animé mon premier forum (sur la musique, décédé depuis bien longtemps et introuvable sur Google depuis) au tout début des années 2000.

 

Les « réseaux sociaux » ? Myspace en 2005 (création et animation de comptes associatifs), Facebook en 2006, etc.

 

Je travaille dans le web, je travaille par le web, j’étudie le web,  je consomme des contenus culturels et informatifs sur le web (je n’ai plus la TV depuis… 9 ans)… Et pourtant… Je ne suis pas un « digital native » !



Ou plutôt, merci de ne pas m’associer à la « génération Y », celle des natifs du numérique…



Car si effectivement ma vision des choses tourne autour du numérique, je suis à la limite un geek ( ?) mais je ne suis pas pour autant le reflet d’une génération entière…

 



Pourquoi la génération Y n’existe pas ?

 

Je pourrais vous proposer de nombreux arguments rationnels, issus notamment de chercheurs que j’estime (comme danah boyd ou encore Antonio Casilli), mais je préfère ici vous faire un retour sur mes propres constats et impressions.

 

Tout d’abord, c’est quoi une « génération » ? Selon le TLFi  :

 

=> « Ensemble de ceux qui descendent d'une même origine »

=> « Chaque degré de filiation; laps de temps qui sépare ces degrés de filiation »

=> « Chacune des phases successives qui marquent un changement important dans une technique en évolution » (définition principalement liée aux objets et technologies)

 

Bref, la génération Y serait donc un ensemble d’individus ayant une même origine, qui dans un laps de temps déterminé ont fait évoluer leurs techniques, voire leur vision du monde (numérique donc).

Seulement, lorsque j’entends parler de « génération Y », j’y vois surtout cette interprétation du terme « génération » : « Ensemble de ceux qui vivent à une même époque et qui ont sensiblement le même âge ».



Et voilà où je veux en venir. J’avoue que le numérique, le web et ses outils ont déteint sur l’appréhension que j’ai du monde en général ; et face à ma grand-mère ou ma mère, j’ai une tout autre vision du web et de ses possibilités.



Cependant, tous mes amis ne travaillent pas dans le web, et si je devais résumer :



==> La majorité n’a pas de profils Facebook, encore moins Twitter

==> La majorité ne connaît pas un dixième des termes techniques que j’emploie ou voit employé chaque jour

==> Leurs smartphones leurs servent à 90% à … téléphoner

 

 

Bref, l’idée qu’une même génération puisse avoir des usages similaires, et surtout une appréhension globale, globalisée et égale d’un même phénomène  me parait élitiste.



Oui, élitiste car très clairement l’utilisation du web et l’immersion dans l’univers numérique restent encore de mon point de vue fortement corrélés au statut socio-économique de chacun. C’est peut-être une évidence, mais l’accès à Internet n’est pas encore le même pour tous, l’accès à des référents culturels n’est pas le même pour tous, etc. Lorsque l’on se réfère à la génération Y, aux digitals natives, j’ai souvent l’impression que l’on s’appuie principalement sur la partie visible de l’iceberg : celle des usages identifiables sur le web. Et très clairement, passer outre la réalité socio-économique du monde (tout le monde n’a pas accès au web, tout le monde ne bénéficie pas de la même ouverture culturelle, etc… et cela en France, alors ne parlons pas d’autres pays) est une erreur. Erreur pour les entreprises qui en font leurs cibles marketing idéales (car la communication virale marche avant tout pour les geeks) au risque de laisser de côté une bonne partie de leur public. Erreur des organisations en général qui voient l’arrivée de ces nouveaux entrants sur le marché du travail comme attendant tous la même chose de leur vie de salarié.

 



Autre constat personnel : en tant qu’enseignant.



J’ai la chance d’intervenir dans diverses formations universitaires (du master pro à l’école de commerce, de bac +1 à bac +5). Et si mes cours portent sur le web pour des étudiants à peine plus jeunes que moi, je m’aperçois très clairement que non, chacun est loin d’avoir la même vision du numérique.



Là où certain(e)s l’utilisent encore comme un annuaire géant ou un outil de communication (un peu comme mes « ainés » d’ailleurs : recherche de restaurant, confirmation d’une définition sur Wikipédia, envoi de mails, etc.), d’autres ont un usage beaucoup plus poussé. Et surtout, ils placent le numérique comme vecteur principal de leur évolution dans le monde étudiant, du travail, et de la société en général. Là où d’autres voient Internet comme un simple outil de distraction, et n’ont pas encore ce « réflexe » Internet que l’on voudrait prêter à toute une génération. Sans parler de l’hétérogénéité de leurs usages de Facebook par exemple (tous ne sont pas d'anciens kikoo-lol)…

 

J’arrête ici les exemples, et en vient directement à mon propos : le numérique (le web, les tablettes, les smartphones, etc.) est encore trop jeune pour qu’une génération entière s’y soit totalement adapté . Pour que la connaissance et l’appréciation d’un phénomène soient similaires. Que le niveau de technicité, de besoins en termes de management, de pratiques collaboratives, d’esprit critique face à l’information soient identiques (voire même existant) pour chaque individu d’une même classe d’âge et ayant grandi avec des repères culturels semblables. Comme l’utilisation du copier-coller de sources non qualifiées, qui relève plus d’un manque de sensibilisation que d’un phénomène générationnel.

 

 

 

Oui, mais les études ?

 

Il existe de nombreuses études sur la génération Y, les natifs du numérique et tout ce qui va avec.



Seulement ces études se concentrent généralement sur une part de la population ayant accès au web, et mettent trop souvent à mon goût de côté certains aspects culturels et socio-économiques importants. De même, aborder le sujet de manière inductive est une bonne chose (identifier des comportements dans leur contexte est toujours générateur de connaissances), en tirer des théories servant de bases à d’autres analyses (et actant ainsi implicitement que la génération Y est une réalité) l’est un peu moins. Etudes où l’on peut parfois lire « L’échantillon par pays est modeste (..) [mais] les résultats sont significatifs » (exemple caricatural mais qui résume bien ma pensée).

 

Car oui, si nous avons tous vécus des événements similaires (11 septembre, TV, sida, Internet, etc.) est-ce pour autant que le numérique est le facteur le plus déterminant de notre génération ?



Pour avoir assisté récemment à un colloque, un chercheur a défini la sociologie comme s’intéressant prioritairement non pas aux exceptions (cas marginaux), mais à ceux étant dans la moyenne. Et si les personnes de ma génération ont effectivement évolués dans le même « décor » que moi , les usages numériques de chacun me semblent encore trop hétérogènes pour parler de « moyenne », de pratiques types ou encore d’appétence généralisée pour le numérique.

Dans un certain sens c’est un avantage. Qui n’a pas entendu : « ce boulot on le laisse à Truc, il est jeune, il maitrise donc mieux Internet que nous » ? On est jeune, donc on a un avantage sur les plus vieux (qui, c’est bien connu, ne connaissent rien au web !).



Mais au final, en laissant croire que Tous les Jeunes ont des facilités avec le web, on occulte que nombre d’entre eux ont un réel besoin d’être éduqués/formés à son utilisation (surtout dans les générations à venir). Qu’Internet est aussi un outil avec ses règles, ses codes, ses langages, rien qui ne soit purement intuitif. Par analogie, ce n’est pas parce que j’ai grandi avec des voitures autour de moi que je sais naturellement conduire sans passer le permis… Je trouve aberrant d’inciter la création de profils sur Viadéo pour du recrutement (par exemple) sans prendre en compte que chacun n’en fera pas nécessairement une bonne utilisation, ou que le concept même d’afficher son profil en ligne pour trouver du travail puisse être abstrait à de nombreux étudiants (fussent-ils à bac +12 d’ailleurs).

 

Bref, que le simple fait d’être né avec Internet ne fait pas de nous des bons utilisateurs d’Internet. Que le fait d’avoir grandi dans des environnements de plus en plus numériques ne nous offre pas systématiquement une meilleure appréhension de ces environnements. Que si nous sommes, comme le souligne Michel Serres, une génération mutante, la mutation n’est pas aboutie pour tous et que je vois difficilement des points communs liés au numérique avec la plupart de mes amis ou collègues.

 



En définitive : j’aimerais bien que tous les gens de ma génération appréhendent et pratiquent le web comme moi, mais ce n’est pas le cas et je ne m’avancerais donc jamais à regrouper toute une génération d’individus sous la même bannière.

 

 

Au final…

 

Ces petites réflexions personnelles, faiblement argumentées certes (bien que je me base sur un échantillon valide d’amis et d’étudiants… tout du moins aussi valide que certaines études sur le sujet) mais néanmoins un minimum réfléchies, visent à trois choses.



Premièrement, d’un point de vue des organisations, ne plus appréhender une génération entière (à la louche les 18-30 ans) comme ayant des usages similaires du web (et du numérique en général). Et ainsi éviter certaines incompréhensions, ou tout simplement de réduire fortement son public. De même pour l’intégration des « jeunes » dans l’entreprise : ce n’est pas parce qu’ils ont 23 ans, qu’il ne faudra pas les former au numérique, au travail collaboratif, voire à la culture de l’information en général.



Deuxièmement : qu’on arrête définitivement de me classer dans une tranche d’âge, de m’associer des méta-usages liés seulement à mon âge ( !). Et surtout, qu’à l’inverse, on n’extrapole plus mes propres usages de geeks à l’ensemble des individus du même âge que moi.



Troisièmement : simplement nuancer par mon témoignage personnel l’emploi devenu courant d’un buzz word. Car si je comprends cette nécessité de créer des termes communs (génération Y = jeunes geeks), attention à ne pas non plus trop réduire l’approche. A ne pas mettre dans des cases une génération dont on souligne à longueur d’études qu’elle souhaite « sortir des cases »…

 

Ces différentes raisons (je n’aime pas qu’on englobe, car quand on englobe au final on exclut) méritent sûrement d’être plus fouillées, et surtout débattues. Alors n’hésitez pas : les commentaires du blog n’attendent plus que vos (contres) arguments 

 

 

Et pour avoir un peu plus de lecture:



==> Trois idées reçues sur Internet, où Antonio Casilli souligne que « les membres de la soi-disant «génération Internet» ne sont pas tous des virtuoses du clavier »



==> La génération Y n'existe pas, où le professeur J. Pralong avance cet argument intéressant : « je pense en effet que c’est la génération X qui a inventé la génération Y pour appeler au secours et demander de nouvelles règles du jeu en matière de comportement et de management »



==> Mythes et réalités de la génération Y, qui va dans le même sens que ce billet (avec un retour d’expérience), et où je note particulièrement cette phrase : « Ce n’est pas parce que les jeunes se servent de la technologie qu’ils en conçoivent le sens »



==> L’inévitable danah boyd, qui souligne que « la “Génération Y” n’est en fait qu’une petite partie des jeunes actuels, celle que les spécialistes du marketing doivent atteindre »



==> Dans « génération Y » ce qui pose problème c’est « génération », pas « Y », avec une définition beaucoup plus fouillée du concept de « génération » et une mise en perspective intéressante de l’idée de « génération Y ».



==> Qui sont les digital natives?, où à l’inverse des précédents articles le concept de génération Y est développé



==> Bref, je m’arrête-là, de nombreux autres papiers existent sur le sujet (pour ou contre), le débat est donc ouvert

 

 

Et vous : êtes-vous un digital native de la génération Y ? Que pensez-vous de cette vision sociologique d’une génération entière ?!

 

 

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
26 septembre 2011 1 26 /09 /septembre /2011 13:58

http://farm4.static.flickr.com/3657/3389329329_f4d9782c6e.jpgRapport d’étonnement cette semaine sur la montée en puissance d’une tendance sur le web en 2011 : les cérémonies, concours et autres grands prix avec jury.  Si les débats autour de Wikio, et récemment de Klout, ont animé le microcosme du web blogoprospécialistes il est intéressant de remarquer qu’aujourd’hui l’heure est au concours et à la reconnaissance par les pairs. Et d’en dégager quelques réflexions…


 

L’évaluation est enracinée dans le web : Klout, Wikio, Page Rank, volume de followers/fans/abonnés/lecteurs… La médiatisation de celle-ci ne fait par ailleurs que s’accroître au fil du temps pour, insidieusement ou très logiquement (au choix), devenir des modèles de référence de cette nouvelle industrie de la réputation numérique, où la citation et le relai deviennent matière à une économie numérique.


On peut d’ailleurs remarquer que Wikio, décrié quotidiennement pendant une (longue) période, est aujourd’hui entré dans le paysage web : soit on y est, soit on s’en fiche. Cependant, il n’en reste pas moins un outil devenu essentiel à la mise en place de stratégies web (comme Klout, à tort ou à raison d’ailleurs).

 

L’étonnement du jour ne se focalisera cependant pas sur les différentes formes d’évaluation par des algorithmes ou à partir de données quantitatives (toutes relatives elles aussi), mais sur le développement accrue des cérémonies visant à sacrer les « meilleurs » acteurs digitaux…


 

Les grands prix des awards de l’année : Geneviève de Fontenay sors de ce corps !


 

Ce qui a motivé ce petit billet est la concomitance de trois prix annoncés pour 2011 :


==> Les Golden Blogs Awards, qui existent déjà depuis un certain temps, et dont l’objectif est de soumettre des blogs par catégories, puis de laisser les internautes voter pour au final élire LE blog de l’année… Le tout pondéré par un jury afin de ne pas favoriser les blogs les plus médiatisés (enfin je pense, ou pour donner du crédit à l’élection ?). Avec, bien entendu, une cérémonie petitsfourschampagnes au final pour célébrer le vainqueur et rendre plus impactant le concours en lui-même.



==> Le Grand Prix de l’e-réputation. Objectif : élire la personnalité qui a la meilleure e-réputation. Autant choisir un blog permet à peu près de se baser sur des critères « objectifs », autant là… Quelle personnalité (enfin, pourquoi elle ?) ? Sur quels critères ? Qu’est-ce qu’une bonne e-réputation ? Si la méthodologie se porte actuellement sur les artistes, elle reste tout de même floue :

=> « 100 noms ont été choisis en fonction du classement international Artfacts.net » : faire un classement à partir d’un classement, une mise en abymes  qui ne peut qu’être rigoureuse

=> « L'outil de mesure Zen Réputation surveille toutes les informations » : Ah, voilà, on comprend mieux… En fait ce concours vise surtout à vendre l’outil d’un prestataire ?!...


Sans compter que, comme le souligne le concours, celui qui a la meilleure e-réputation est celui qui « détient le plus d'informations sur les sites Facebook, Twitter, YouTube et MySpace, sur la période prise en compte »… Bref, du Klout, mais avec une remise de prix qui permettra une forme de comm’ toujours bonne à prendre…


 

==> Le Community Manager de l’année : où celui qui a réalisé la meilleure campagne… Soit, celui qui à engrangé le plus de fans, soit ?... Des critères encore assez obscures :

 

=> « Originalité de la campagne » : comment comparer une marque de slips à une marque qui vend des clous dans le Poitou ?

=> « capacité à activer une communauté » : ce qui présuppose une étude fine de la population présente sur les réseaux et pouvant être touchée par la marque ou ses produits. Si je suis community manager pour Disneyland j’aurais plus de possibilités que pour Abena (marques de couches pour hommes)…


Encore une fois, un jury vient pondérer le vote des internautes, ce qui est ici paradoxale : les internautes n’ont-ils pas déjà voté en participant aux campagnes des community managers ? Et globalement, y a-t-il un intérêt de mettre en avant un homme (ou une femme) dont le métier est de valoriser un public plutôt que lui-elle-même ? L’intention louable dans cette action (de mon point de vue bien entendu) est de mettre en avant le métier de CM même si, soyons réalistes, ce genre de concours n’intéressera que les professionnels du métier.

 

 

En résumé, des concours se basant sur des critères variés (outil, jury, internautes) mais dont l’objectif est le suivant : mettre en valeur. Quoi ? Les organisateurs, les professionnels, les internautes… J’oserais dire : du personal branding en réunion !

Et surtout, légitimer par la mise en place de cérémonies où l’on en revient au bon vieux systèmes du jury et du vote direct…


 

Ce que la missfrancisation du web nous apporte… ou pas.

 

Au-delà du fait d’ironiser sur ces concours (haterz still hate), qui dans l’absolu ne font de mal à personne, cette tendance à élire les « meilleurs », les « plus forts » amène à quelques réflexions, dont je vous propose synthétiquement la substance :


==> La reconnaissance passe par celle de ses pairs… L’intérêt de ce type d’élections est de sortir des schémas algorithmiques imposés notamment par Google et son hégémonie de la visibilité. En se reposant sur le vote des internautes et/ou un jury on revient dans l’ancien modèle des gatekeepers, une minorité à qui revient de droit le choix de désigner à la majorité ce qui est bon ou mauvais. Dans l’absolu, pourquoi pas…


Mais ces concours sont encore trop timides : le jury à une plus forte pondération que les internautes, soulignant ainsi que la démocratie sur Internet c’est bien, mais que l’expertise de quelques-uns, c’est mieux. Pourquoi alors ne pas seulement se reposer sur un jury ? Le grand prix de l’e-réputation fait même mieux, puisqu’un huissier de justice garantie les résultats. Huissier qui, bien entendu, à des compétences développées en veille et en informatique pour juger de la performance d’un outil…


Le web doit donc rentrer dans les schémas classiques où les plus « experts » ont le droit de choisir ceux qui leurs semblent à la hauteur de leur expertise. Où, au final, ce ne sont pas les internautes par leurs visites, commentaires, interactions qui récompensent l’effort fournie (et le salaire pour les CM), mais une poignée de personnes ayant déjà elles-mêmes profitées de ce système pour être mise au rang de « jury ».

 

 

==> Pas de profession sans autocongratulations : de la cérémonie des Césars à celle des victoires de la musique, un milieu professionnel doit avoir ses cérémonies où chacun se congratule et se récompense. Les concours/awards sur le web suivent donc cette même logique : nous sommes une « profession », une communauté, car nous aussi nous pouvons désigner ceux qui sont les meilleurs. Montrer l’unité par le vote, la reconnaissance par le respect des choix du jury. Ces concours/awards/cérémonies ont donc cela de positif à mon sens qu’ils permettent de structurer une profession… Au risque que beaucoup ne s’y reconnaissent pas ?...

 

 

==> Prôner le web pour en sortir dès que l’occasion se présente… Car oui, si le web permet déjà de savoir qui a la plus grosse (réputation), le fait d’organiser des cérémonies, des concours sur des modèles déjà usés jusqu’à la corde, le fait de pouvoir la montrer à tous (sa réputation) hors du web en définitive ne peut qu’être valorisant.

 

 

==> Trouver des points de repère… Si les classements automatisés donnent des points de repère, les concours permettent eux aussi de mettre en avant ce qui est bon ou mauvais, l’exemple à suivre ou non. Encore une fois, le web à surement besoin de cette formalisation à condition qu’elle n’édicte pas ensuite de normes (comme c’est le cas, donc, pour Google et autres Wikloutio).

 

 

==> La course à l’institution… Ce qui me dérange aussi un peu dans ces classements cérémoniels est la volonté sous-jacente de venir une référence, un label qualité du web type « panels de consommateurs ». Autrement dit, encore une fois, passer outre le fonctionnement actuel du web pour délivrer une forme de reconnaissance plus mainstream, plus habituelle, ou chacun comprendrai le fonctionnement. Mais peut être me trompes-je ?

 

 

==> Questionner la légitimité… Le (gros) point faible de ce genre de concours est la légitimité du jury. Ayant été moi-même jury d’un concours de blog, il est clair que cette légitimité passe par la visibilité du jury, ses « titres », etc. Autrement dit, la qualité du concours ne tient pas tant des inscrits que de la reconnaissance dont bénéficient les organisateurs et/ou le jury. Un peu comme miss France : il faut maintenant choisir entre TF1 ou de Fontenay pour décider de quelle miss sera légitime ou non pour représenter la France (ou s’en servir de prétexte pour s’en fiche encore plus).

 

 

==> Faire émerger et médiatiser : voilà tout l’intérêt de ces concours… Médiatiser des acteurs du web qui produisent de la qualité, mais qui n’arrivent pas à émerger par eux-mêmes. Ce qui souligne que soit-il devient impossible de se faire connaitre sur le web, les têtes d’affiches occupant déjà trop l’espace ; soit  que ces concours sont vus comme une manière d’être reconnus rapidement sans trop d’effort… Ou, Graal suprême, être reconnu en « off » (et avoir un trophée à mettre dans ses toilettes) ! Dernière touche d’ironie : les grands gagnants sont généralement les organisateurs, qui ainsi se médiatisent grâce au travail des autres. Mais n’est-ce pas, le principe du web ?!...


 

Au final…

 

Les concours/prix visant à récompenser des acteurs du web ne sont pas une mauvaise chose en soi : ils permettent de faire émerger de nouveaux talents, de fédérer une communauté voire de réellement récompenser « en vrai » des acteurs du web incontournables.


Seulement, on peut réellement s’interroger sur la pertinence de certains de ces concours, où l’objectif n’est pas de faire découvrir mais de fixer ce qui est ou n’est pas un bon/mauvais, et surtout s’approprier des concepts qui n’en sont pas encore vraiment : la réputation en ligne, le community management ou les blogueurs.


Car si le web permet bien quelque chose, c’est la diversité : diversité de contextes, de discours, de formes, de tons, de stratégies… Laisser à quelques-uns la possibilité de choisir pour tous va tout simplement fragmenter les communautés, entre ceux qui auront été élus par un jury, et ceux qui seront reconnus par les internautes.


Pour résumer : découvrir de nouveaux acteurs, ok. Générer de la visibilité en s’appropriant des concepts encore difficilement définissables, pas glop. L’industrie de la réputation se transpose donc de plus en plus au web… Et pour celles et ceux qui s’interroge en profondeur à cette thématique de l’évaluation, je vous invite en mars 2012 à vous rendre au colloque dédié : http://www.evalmedia2012.fr

 

Sur ce, je vous invite à voter pour le Ninja Guru Wikloutio of the Century ! Vos choix en commentaires, et le jury (composé de mon chat et moi) définira par la suite celui qui se verra remettre le Klout d’Or. Ainsi que 15€ d’Adwords pour son personal branding, et un label « Expert of the Year » dont le badge s’affichera fièrement sur le blog de l’intéressé(e).


 

Et vous, comment percevez-vous ces concours/cérémonies ? Quels concours/cérémonies aimeriez-vous créer ?!

 

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
6 septembre 2011 2 06 /09 /septembre /2011 15:57

Kikootweet.jpgPetit rapport d’étonnement aujourd’hui sur Twitter et ses nouveaux usagers. En France, d’un objet journalistique et professionnel, Twitter se transforme petit à petit en objet numérique de consommation courante. Si pour les geekoolol avertis cette démocratisation paraissait prévisible, la montée en puissance de nouveaux utilisateurs a de quoi étonner sur certains aspects… Et surtout amener de nombreuses questions quant à la suite.

 


En préambule, il s’agit ici d’un constat purement personnel, dont l’objectif n’est pas de porter un jugement sur les nouveaux/potentiels/futurs utilisateurs de Twitter, mais de se questionner sur l’impact qu’une démocratisation massive de cet outil aurait (aura ?) sur les stratégies d’entreprises.

 

 

Le(s) constat(s)

 

Si les vacances du mois d’aout m’ont permis de me déconnecter, un coup d’œil rapide sur ma timeline, et plus spécialement les « Tops Tweets » a été difficile à réfréner. Et quel ne fut pas mon étonnement de voir de nombreux tweets que l’on pourrait qualifier (avec un regard « d’adulte », à tort ou à raison) de kikoolol : des tweets d’ados, souvent mal orthographiés, et dont l’humour et les références rappellent les plus grandes heures de Skyblog (ou de Facebook à l’heure actuelle)…


KikooTweets1.jpg

KikooTweets2.jpg

KikooTweets3.jpg

 

Bien entendu, l’algorithme des Tops Tweets reste obscure, même s’il met en avant les tweets les plus retweetés. Evidemment, au mois d’aout de nombreux professionnels sont en vacances, et le mois de septembre nous ramène à des tweets plus « conventionnels » (i.e. que l’on a l’habitude de voir en top tweets, souvent plus informatifs qu’ironiques). Le phénomène n’est pas non plus nouveau, mais il prend de l’ampleur.


Au-delà, ce premier constat/étonnement montre non seulement l’arrivée d’un public plus jeune sur Twitter (ce qui est plutôt positif, nous le verrons plus loin) ; mais aussi l’importation de codes sociologiques et d’usages provenant d’autres plateformes comme Skyblog ou encore Facebook. Ce cheminement est d’ailleurs bien résumé dans ce (top) tweet :


KikooTweets4.jpg

 

Remarquons au passage que l'on est loin des "bons conseils"  lus un peu partout en termes de personnal branding (au niveau du nom de compte, de la bio, de l'avatar, etc.). Une mise en scène déjà existante sur Twitter, mais qui devient la règle pour ces utilisateurs.


Twitter va-t-il alors permettre de cristalliser les usages provenant d’autres plateformes ? Ou va-t-il devoir s’y adapter ? Nous y reviendrons plus loin…


 

Autre étonnement :


 => Ma grand-mère : « Tiens, tu connais Maitre Eolas ? »

 => Moi : « Oui, pourquoi tu cherches un avocat ? »

 => Ma grand-mère : « Non, mais je viens de lire sur Le Nouvel’Obs que c’était une star sur Twitter ! D’ailleurs, ça à l’air intéressant comme site, tu me montres comment ça marche »

 => Moi : « Depuis le temps que je t’en parle… »


Si les médias dits traditionnels parlent depuis un certain temps de Twitter, les sujets étaient généralement tournés sous la forme de notes aux initiés, de constats phénoménologiques : « Les rumeurs sur Twitter », « Twitter a aidé à la révolution », « Twitter n’aime pas Zaz », etc.


Cet article du Nouvel Observateur (et de nombreux autres) vient changer subtilement la donne : il est clairement incitatif. Plus question de parler de Twitter comme un outil journalistique ou réservé aux « geekjeunesprosquiconnaissent », mais plutôt comme le réseau qui monte et sur lequel il faut aller tenter sa chance pour (au choix) : être au courant de l’actualité, communiquer avec des personnalités, devenir connus, partager ses idées, etc. 


Et mon étonnement sur ce nouveau traitement médiatique n’a fait que s’accentuer quand, en allumant la radio, je tombe sur l’émission Francosonik. Celle-ci comprend une « revue de tweets », où l’on débat sur « le vent » que telle star à fait à telle autre sur Twitter, qui drague qui sur sa timeline… Bref, rien de nouveau dans le fond, mais une mise en avant de Twitter comme réseau où il faut être pour tout connaitre (des peoples notamment).

 

En résumé, Twitter vient d’entrer (ou plutôt confirme) sa phase de démocratisation en France. Phase soutenue par les médias et l’arrivée de plus en plus nombreuse (et active !) de nouveaux utilisateurs. Ce qui, d’un point de vue des stratégies des organisations (en matière d’e-réputation notamment) peut amener à se poser certaines questions.


 

Vers une évolution des codes ?

 

Au-delà des possibilités inhérentes à ses fonctionnalités, Twitter a vu se développer de nombreux usages : du FollowFriday au RT ces usages codifiés permettent aux nouveaux utilisateurs de s’intégrer dans la « communauté des twittos » (ce qui n’est pas sans rappeler les forums ou autres listes de discussions).


Laurent Joffrin a d’ailleurs fait les frais de ces usages, se vexant pour un tutoiement qui, s’il n’est pas de rigueur sur Twitter, est souvent la norme des échanges.

Au-delà de la première interprétation qui pourrait se concentrer uniquement sur un certains fossé générationnel (et un égo légèrement hypertrophié), cet événement anecdotique amène à plusieurs constats :


==> Twitter est un réseau ouvert à tous, mais où les premiers utilisateurs (les early adopters) font parfois preuve d’un certain conservatisme quant « aux usages à respecter » (en l’occurrence, on ne s’offusque pas d’être tutoyé). Et sont bien entendu taquins envers ceux qui prennent tout au pied de la lettre


==> Twitter est un réseau de proximité et, pour l’instant, peu importe le volume de nouveaux arrivant ou la renommée de ceux-ci, si l’on y vient c’est pour être interpellé. Contrairement à Facebook ou autre, l’intérêt est de pouvoir dialoguer directement et vraiment avec les personnes derrière les comptes.


L’arrivée de nouveaux utilisateurs, aux habitudes informationnelles et d’échanges différentes, va alors remettre en question ces codes. Car, contrairement aux forums, seule la communauté (au sens large) a une capacité de modération sur les utilisateurs. Et contrairement à Facebook ou Skyblog, les contraintes techniques de l’outil amènent à certaines restrictions d’usages.


Reste à savoir si :

=> Les early adopters de Twitter vont s’adapter à certaines nouvelles habitudes… Ou bien fuir l’outil (ce qui serait dommage et inutile)

=> Les nouveaux entrants vont s’adapter à la lettre aux usages développés par leurs ainés (ce qui serait dommage aussi, aux vues des possibilités d’évolution de Twitter).


Dans tous les cas, pour une entreprise, cela signifie qu’en fonction des communautés visées les codes peuvent changer, et qu’il est nécessaire de les appréhender pour communiquer au mieux.

 

 

Un égosystème à part entière ?


 

Facebook porte généralement l’attention sur l’objet : on devient fan d’une marque, d’un produit, d’une phrase (« pour tous ceux qui… ») ou d’une « personnalité ». Twitter justifie le terme « blogging » (accroché à « micro ») par le fait que l’auteur (le sujet) devient plus important que les thèmes qu’il traite. Et, contrairement aussi au géant Facebook, Twitter est généralement ouvert et accessible.


Cette mise en avant de la personne (comme pour les blogs donc ou les réseaux professionnels) explique d’une part l’utilisation « personnal branding » (branling diront certain(e)s) de la plateforme. Mais aussi la naissance de « nouvelles stars » du tweet…

Au commencement, les personnes les plus suivies étaient généralement des blogueurs ou célébrités ayant acquis leur notoriété sur un autre support. Depuis quelques temps, certains internautes acquièrent cette notoriété par et pour Twitter, comme @landeyves par exemple.


D’un point de vue des stratégies de gestion de la réputation en ligne, cette propension que Twitter a de permettre à chacun d’y gagner en notoriété au-delà de la plateforme elle-même (pour ne pas oser dire en influence), sans pour autant être présent sur d’autres supports, nécessite de repenser les relais stratégiques d’information et les ambassadeurs potentiels de la marque. Et surtout de viser à une cohérence multi-supports : un lecteur de blog pourra aussi retrouver un autre leader d’opinion sur Twitter, et mieux vaut que les avis ou la présentation du produit/service soit en adéquation. Car difficile de définir lequel des deux aura le plus d’impact…


 

Vers plus de bruit ?


 

Pour les professionnels du web et de la veille, qui dit plus d’utilisateurs actifs aux usages et codes parfois différents, dit plus de bruit informationnel. Cette démultiplication des messages amène à prendre en compte de nouveaux paramètres :


==> Nécessité de relativiser le développement de certains événements. Si certaines communautés s’affirment de plus en plus (comme celles, d’un point de vue générationnel, des adolescents), alors elles peuvent devenir de plus en plus étanches. Certains événements fortement relayés par une communauté précise ne le seront pas pour autant sur l’ensemble de Twitter. C’était déjà le cas pour les geeks/pros du web, si Twitter continue son ascension en France cela le sera de plus en plus


==> Ne plus se focaliser sur le rapport de force (un compte avec de nombreux followers), mais le rapport de masse (de nombreux comptes qui échangent entre eux). Surveiller exclusivement les comptes avec de nombreux followers peut laisser passer certains événement ou échanges stratégiques pour une organisation. Ce qui, dans un sens, va à l’encontre de la Kloutisation des échanges…


==> Repenser l’utilisation des outils de veille. La capacité des outils à traiter les informations en temps réel, à les hiérarchiser, les analyser, etc., risque de devenir vite obsolète face à des emballements sur Twitter pouvant produire des milliers de tweets à la minute. Un renforcement des équipes de community mnagement et des méthodologies attenantes pourrait devenir nécessaire.


 

Vers une fragmentation du temps médiatique ?


 

Et un renforcement du temps communautaire… Si la médiatisation d’un événement devient le moment crucial en termes d’actions d’e-réputation, l’accroissement des utilisateurs actifs de Twitter va fragmenter la temporalité médiatique des événements. On peut constater que certains faits qui  faisaient l’actuatwittée durant un temps limité, peuvent remonter à la surface durant plusieurs jours (voir semaines). Lorsqu’une communauté sur Twitter s’empare d’un événement sans pour autant que celui-ci soit en temps réel, l’on se retrouve vite face à un effet ricochet. Effet qui nécessite alors de rester en alerte et d’effectuer plusieurs fois des actions pour mieux le gérer.


Schématiquement, qui dit plus d’utilisateurs dit plus de filtres informationnel par lesquels passe l’information. A l’entreprise d’identifier et surveiller ces filtres.

 

 

Une mémorisation plus difficile ?


 

Plus d’utilisateurs donc plus d’usages, plus de tweets… Et in fine plus d’informations à mémoriser, classer, hiérarchiser…


Les moteurs de recherches étant actuellement à leurs balbutiements en termes de gestion des tweets, il parait essentiel de penser dès maintenant à une manière de conserver les tweets pouvant être utiles par la suite. Si Twitter prend tout son sens (et son intérêt) dans les échanges en temps réel, il n’empêche qu’il s’agit aussi d’une vraie mémoire collective des événements, dont garder une trace peut servir à prévenir des crises prochaines, ou encore obtenir du recul sur certains événements.


 

Vers des rumeurs amplifiées ?


 

Comme dit plus haut, la démocratisation de Twitter peut amener à réapprendre de nouveaux codes. Le second degré amplifié est peut-être ce qu’il y a de plus flagrant sur le web, et encore plus sur Twitter (le lol sans le kikoo en quelques sortes). Sans revenir une énième fois sur la notion de qualification des sources, il faut pouvoir appréhender une nouvelle grammaire qui ne se définie non plus seulement dans le texte en lui-même (140 caractères) mais dans la manière dont il est relayé, redocumentariser, etc. En bref, les propos peuvent prendre au final plus de sens par leur diffusion que par leur construction.


 

Jusqu’à la prochaine migration ?


 

Comme pour tout, l’arrivée de nouvelles générations, de nouveaux utilisateurs fait plaisir aux actionnaires mais moins aux early adopters…  Comme dans les forums, les règles d’usages peuvent alors se durcir pour faire barrage à l’entrée. Entrainant alors un fort repli communautaire entre « ceux qui étaient là avant », et les autres. Ce qui, notons-le, serait dommage étant donné la richesse qu’une ouverture du réseau dans sa globalité peut amener. Et qui serait par ailleurs un frein au développement de Twitter, l’élitisme étant rarement soluble dans le social (voir pour cela l’exemple de Quora et de ses règles trop strictes).


Si théorie évolutive des médias sociaux il y a, et dans la perspective que de nouveaux outils vont apparaitre, Twitter n’est peut-être qu’une étape vers d’autres outils. Dans tous les cas, Twitter repose sur un modèle économique fragile (pour ne pas dire inexistant), et même si l’arrivée de nouveaux utilisateurs actifs est une bonne nouvelle, il n’en reste pas moins que son avenir n’est pas encore fixé. Sa simplicité d’usage est en rupture avec les traditionnels réseaux (comme Facebook ou Myspace). Sa facilité d’analyse fascine les professionnels et les chercheurs. Il parait alors difficile de parier sur un potentiel concurrent à l’heure actuelle. Peut-être, comme le souligne certains internautes, Google+ (mais cela parait mal parti) :

 

KikooTweets5.jpg


Ou alors, jusqu’à la prochaine mutation ?... Twitter arrive dans les écoles comme outil pédagogique. Qui nous dit que, dans les années à venir, tweeter ne sera pas devenu un acte courant (comme pour les sms par exemple), intégrer au bagage culturel de base d’un enfant scolarisé en France ? Comme le souligne le philosophe Michel Serres : « Ce que l’on sait avec certitude, c’est que les nouvelles technologies n’activent pas les mêmes régions du cerveau que les livres. Il évolue, de la même façon qu’il avait révélé des capacités nouvelles lorsqu’on est passé de l’oral à l’écrit. Que foutaient nos neurones avant l’invention de l’écriture ? » Et que foutrons-t-elles après un usage de Twitter intensif ?...

 

 

Au final…

 

En partant du principe que les kikootweets et les invitations médiatiques à utiliser Twitter sont des signes avant-coureurs d’une démocratisation de la plateforme, je pourrais dire « enfin »… Enfin, lors d’une présentation de cet outil, il ne sera plus nécessaire de préciser qu’il s’agit en France d’une petite communauté de journalistes et de professionnels de l’information. Que les entreprises ne peuvent y développer que des actions bien spécifiques, n’y chercher que des opinions souvent similaires.


A contrario, qui dit démocratisation dit généralement appauvrissement des échanges, et risques d’une « bunkerisation » (ou d'homophilie) des utilisateurs.


Il ne reste plus à espérer que si Twitter devient mainstream en France, ce sera au profit de tous, et que le syndrome Facebook (publicité à outrance, utilisation des informations personnelles, starification du créateur, baisse des échanges, etc.) ne s’emparera pas des gazouillis.

 

Et vous, pensez-vous que Twitter est (en France) dans une phase charnière de son évolution ? Comment percevez-vous, en tant qu’utilisateur et/ou professionnel, l’arrivée d’un nouveau public et de ses usages ?!

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 15:03

 CommentairesNegatifs.jpgDe nombreux discours sur l’e-réputation se concentrent sur les commentaires/avis négatifs. Cette vision binaire parfois étonnante, négatif = mauvais, positif = ce que l’on cherche à atteindre, exclue souvent tout l’intérêt que ces commentaires jugés comme négatifs apportent à une organisation. Voyons rapidement pourquoi…

 

Tout d’abord, il est important de rappeler que rien n’est négatif ou positif en soit, ce n’est qu’une question de perception. Perception basée sur l’image voulue par une organisation pour ses produits/services, image qu’elle retrouve ou non dans les avis exprimés sur le web (à condition bien entendu qu’elle définisse clairement cette image voulue). Difficile aussi d’extrapoler sur la perception que l’internaute en aura, sauf si celui-ci l’exprime clairement.  

Au final, ces commentaires/avis qui peuvent paraitre négatifs et critiques sont (et on peut en débattre) une vraie valeur ajoutée pour une organisation. Voyons très synthétiquement pourquoi…


 

Un commentaire négatif permet de s’améliorer : ce n’est pas parce que vous avez pensé que votre produit ou votre campagne de communication auraient tel ou tel impact que cela va arriver. Le fait que des internautes critiquent votre produit/service va vous permettre de l’améliorer. Il serait illusoire de croire que le web va reproduire le même type d’acceptation passive que les médias « classiques ». Au contraire, ces critiques expliqueront peut-être par exemple le faible chiffre de ventes.


Du point de vue d’une innovation technologique ou d’usages, les avis jugés comme négatifs, ou remettant en question l’innovation en elle-même, peuvent être considérés comme une forme de béta test grandeur nature : l’objectif est alors d’améliorer ce que les internautes soulignent. Et comme la communication virale à tendance à s’adresser aux geeks, ces avis ne sont pas forcément ceux de vos clients mais de personnes souvent spécialistes d’un domaine lié à votre innovation. Ils sont donc souvent un vrai plus pour affiner certains aspects et corriger certains défauts.

 


Un avis négatif peut être un levier d’achat : si l’on recherche des avis sur le web, c’est souvent pour se rassurer ou pour y retrouver ce que l’on croit savoir (théorie de l’horoscope : je cherche confirmation que quelque chose de bien ou de mal va se passer, en fonction de mon humeur). Et comme rien n’est parfait, il est parfois rassurant de voir qu’un produit/service ou même qu’une marque aux valeurs affirmées ne plaisent pas à tout le monde. Cela permet à un acheteur potentiel déjà attiré par votre offre (sinon il ne chercherait pas à en savoir plus) d’évaluer si les défauts pointés du doigt par d’autres consommateurs vont être pénalisant pour lui, ou si au contraire ils ne sont que marginaux.

Mais aussi de se positionner face à une communauté (sociale) à laquelle il veut se rattacher ou s’opposer. Comme le soulignait d’ailleurs Jules Renard à son époque : « C'est quelquefois la critique d'un critique que nous n'aimons pas qui nous fait aimer le livre critiqué. »


 

Les avis négatifs sont en quelques sortes un critère de différenciation important pour une organisation. Ils ouvrent la voie vers l’identification de communautés de consommateurs, délimitent les réticences face à un produit/service/marque en fonction d’une typologie d’internautes. Plus les avis sont tranchés (supporters VS critiques), plus vous pouvez évaluer la segmentation de vos « cibles ».


 


Les commentaires négatifs peuvent amener au débat. Et c’est tant mieux, car cela vous permet aussi d’identifier les personnes qui vous soutiennent. Et surtout, de réfléchir à des argumentaires efficaces pour votre prochaine campagne de communication. Trop d’avis consensuels apportent peu, et il cognitivement plus aisé d’accepter passivement une affirmation que de la réfuter.

De plus, les commentaires négatifs sont parfois une perche tendue vers les organisations pour une ouverture au dialogue. Si tout le monde est d’accord avec vous, à part remercier,  il y a peu de raisons d’échanger. 

 

 


Avoir un avis négatif ne veut, par contre, pas dire « troller ». Un commentaire négatif ne signifie bien entendu pas « diffamation » ou propos hors-contextes visant seulement à créer « une émeute virtuelle ». D’où l’intérêt, si l’on parle de gestion de communautés web ou de modération, de définir clairement une charte de ce qui semble acceptable ou non dans un débat. Mais là aussi, encore une fois, le troll peut avoir du bon (si, si) : il permet de définir, pour une communauté que vous animez, quels sont les propos/idées ou les voies dans lesquelles ne pas s’engager au risque d’être vite débordé.

 

 


Globalement, les commentaires négatifs permettent de mesurer l’impact de vos actions et de votre message. Si l’on parle d’e-réputation et d’opinions, les commentaires descriptifs on peut d’intérêt hormis souligner que votre message est visible et relayé (ce qui est déjà pas mal me direz-vous). Les commentaires négatifs soulignent eux une forme d’engagement, l’on a porté de l’attention à votre message, même si cela est ironique, et surtout les internautes ont développé ce que beaucoup recherchent et peu trouvent sur le web : de l’interaction. Alors effectivement, mieux vaut être soutenu que contredit, mais cependant (et encore une fois) définir son positionnement sur le web ne se fait pas en une seule campagne (d’ailleurs si l’on parle de gestion il serait intéressant de sortir du « mode campagne de communication »). Les commentaires/avis négatifs ou ironiques montrent le chemin à suivre pour optimiser au mieux ses prochaines actions, et définir un objectif précis : attirer l’attention tout en orientant les discours vers l’image voulue par l’organisation.

 

 


Enfin, un « bad buzz » est un buzz quand même…  Si votre seul objectif était de gagner en visibilité, les commentaires jugés comme négatifs sont là pour vos rappeler que l’opinion est la partie importante d’une stratégie d’e-réputation. Gagner en notoriété est une chose, être en adéquation avec l’image que l’on souhaite projeter en est une autre…. De plus, une critique est parfois un « signal faible » permettant de détecter une possible crise.

 


 

Au final…


L’objectif n’est bien entendu pas de dire que les commentaires que vous jugez négatifs sont le résultat à obtenir. Mais plutôt de souligner que, parfois, ce qui peut vous paraitre négatif est en fait une piste vers une amélioration de votre stratégie. Si le web à tendance à favoriser la critique, ce n’est pas pour autant que celle-ci doit être rangée dans un coin avec la mention « n’ont rien compris au message ».


 

Ce rapide rapport d’étonnement vise donc à faire remarquer que la négativité n’est pas toujours synonyme de « non-constructif » (même si cela est sa définition même). Au contraire, une critique constructive apporte souvent bien plus en termes d’image et de définition d’une stratégie qu’un avis positif peu étayé.

D’ailleurs, il serait intéressant de réfléchir à la définition même que l’on donne à « négatif » : est-ce dans le sens de « critique » (orientation prise dans ce billet) ? de non-constructif ? de contraire à la vérité (mais laquelle, celle de l’organisation) ?


 

Le tout étant de définir clairement ce que l’on juge négatif (et surtout jusqu’à quel point), et de se questionner sur la manière dont ces critiques peuvent être intégrées à l’évolution de votre marque/produit/service.  Car si le web dit social permet  notamment une chose intéressante en terme de réputation, c’est la co-construction de celle-ci avec les internautes, l’aspect négatif, ironique ou critique en faisant partie intégrante.


 

Et vous, comment appréhendez-vous les avis négatifs ou critiques ? En quoi servent-ils votre stratégie d’e-réputation ?

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
19 avril 2011 2 19 /04 /avril /2011 13:40

Veille-competence.jpgPetit rapport d’étonnement sur un débat vieux comme la veille, mais qui mérite encore quelques réflexions : la veille est un métier à part entière, pas une simple compétence de plus… Débat ravivé selon moi par le développement du web et de ses outils tous plus performants les uns que les autres ; mais qui sans méthodologie ne sont plus si performant que ça…

 

 

 

 

 

 

Cet étonnement par de divers constats, échanges et lectures…


Tout d’abord, un très bon billet écrit par Marie sur l’œil au Carré, et intitulé La veille, son métier et ses idées reçues. Car sans le détailler, Marie postule que la veille est un métier… Nous pourrions déjà débattre de cette question, mais ici, aujourd’hui, c’est parti pris, donc oui : la veille est un métier.

 

Alors qu’est-ce qui peut bien (me) faire douter que cette vision métier de la veille et de la recherche d’informations n’est pas accepter de la même manière par tout le monde (en tout cas les personnes qui ont recours à de la veille) ?!

 

 

La veille une simple compétence ?


 

Ah le web… Devenu indispensable pour certaines organisations, il n’en reste pas moins un territoire de communication, marketing ou autre, complexe à appréhender. Complexe car sans cesse en changement, complexe car des millions d’émetteurs diffusent de l’information à chaque seconde. Et qui dit information croissante dit difficulté d’accès et nécessité de collecter et qualifier de manière fiable cette information.


Mais le web est magique, ne cessons pas de le rappeler… Car sur le web il y a des outils pour collecter l’information… Il y a même beaucoup d’outils ! Et c’est là que le premier « problème »  se pose.


Ce n’est pas parce que vous avez accès à des outils qui collectent de l’information que vous ferez une collecte ou une veille fiable. Frédéric le soulignait dans son article à charge contre la curation : les nouveaux usages tendent vers la multiplication des informations, la reproduction à l’identique des mêmes contenus, posant ainsi de nombreuses questions : qu’elle est la source originale ? L’information est-elle fiable ? Comment l’intégrer dans une prise de décisions ? Etc.


« Oui mais il y a des supers outils clés en main avec des reporting tout faits ! En plus ils fournissent des zolies graphiques »… Certes. Mais d’une part ces outils sont vite limités, et d’autre part ne pas comprendre au minimum comment fonctionne ce type d’outils (sélection des panels, capacité de crawling, etc.) montre là aussi vite ces limites. Et au niveau du gratuit, comme le souligne Christophe, il parait inquiétant de se reposer seulement sur Google. Google, aussi bon soit-il, n’est pas pour autant l’outil magique qui va vous permettre de fouiller en profondeur le web…


Et ce n’est toujours pas un outil qui va vous permettre d’intégrer ce genre de problématiques à votre stratégie, ce n’est pas un outil qui va vous permettre d’acquérir certains réflexes, certaines pratiques de lecture, d’analyse, de mise en doute des informations collectées…


 

Seulement voilà, il suffit de lire certaines offres d’emplois pour tomber sur les poncifs du type (je cite ici de vraies offres) :


==> « [Vous] Faites un suivi et une veille online des sites auprès de nos clients »


==> « Surveillance des dernière tendances sur le web »


==> « Production de rapports de veille pour nos clients »


Rien d’étonnant me direz-vous… Pour moi si, car ces offres sont des postes de community manager ou communicant ! Autrement dit, en plus de savoir communiquer, créer des sites, faire des reporting, etc., on demande aussi à la même personne d’établir des stratégies de veille.

 

Tout le monde sait que pour travailler dans le web il faut être un couteau suisse numérique, mais je m’interroge sérieusement sur la qualité des résultats fournis par une personne qui, en plus d’un métier à plein temps (gérer une communauté, définir des stratégies de communication), doit établir une stratégie de veille efficace.


Qui plus est lorsque cette personne n’a pas été formées à la veille et à la recherche d’information, ou tout du moins qu’elle n’en a qu’une pratique personnelle (demande-t-on à un conducteur de scooter de faire le Paris-Dakar juste parce qu’il conduit bien son deux-roues ?). Le constat est donc là : la veille devient de plus en plus une compétence comme les autres, un « curator » tweetant de manière active pouvant fournir des informations fiables et fouillées pour prendre des décisions stratégiques (c’est bien connu)… Au pire, il y a l’outil magique !


 

La veille est déjà un ensemble de compétences


Faire de la veille ne se résume donc pas à analyser les statistiques de sa page Facebook, ou mettre un flux RSS sur Twitter (je caricature ?).  Pour arriver à un résultat fiable (ie qui permet une prise de décisions effective) il faut pouvoir appréhender un ensemble de moyens méthodologiques et techniques. En voici quelque uns (liste non-exhaustive) :


==> Définir les objectifs de sa veille


==> Mettre en place un plan de veille

 

==> Connaitre et pratiquer les outils gratuits et payants (ne pas se limiter à la dernière solution à la mode)


==> Savoir « bidouiller » avec les flux RSS ou autre… Ou tout du moins, exploiter à fond les outils à disposition


==> Pouvoir qualifier ses sources

 

==> Appréhender la théorie des graphs et les outils qui l’accompagnent


==> Appréhender les différentes méthodes d’analyse de l’information (voir même pour l’e-réputation l’analyse lexicale et sémantique)


==> Penser à la diffusion et à son acceptation dans l’organisation


==> Connaissance des pratiques documentaires pour l’indexation et la mise à disposition des résultats


==> Connaitre un minimum le droit de l’information


==> Des qualités humaines : curiosité, éthique, remise en question, appréhension du web et de ses usages, culture de l’information…

 

Bref, comme tout métier la pratique et l’exploration des multitudes de possibilités existantes pour collecter et analyser les informations présentent sur le web (et ailleurs) ne se font pas en quelques semaines… Sans devoir être passionné, il faut tout de même prendre en compte l’ensemble des compétences à acquérir ou appréhender pour proposer à un décideur des résultats fiables.

 

 

Au final...


 

Les community managers se demandent parfois si le simple fait de tenir un blog et d’avoir un compte Twitter est suffisant pour faire un CM efficace ?... La question est donc posée pour la veille !

 

Pas d’élitisme cependant dans cet article (ou alors un peu au début pour vous faire réagir). Soyons bien d’accord : les compétences nécessaires à la veille peuvent être acquises par n’importe qui (s’il s’en donne la peine bien entendu) ! Je suis d’ailleurs le premier sur ce blog à essayer de fournir des trucs et astuces et des outils pouvant permettre de se lancer dans une veille sans pour autant se définir comme un « veilleur ».


J’aurais donc dû intituler ce billet : la veille est un métier, et non pas JUSTE une compétence…


De mon expérience personnelle, je voyais moi aussi tout d’abord la veille comme une compétence en plus, un  « truc » nécessaire pour préparer des stratégies efficaces. Au-delà du fait que je me suis passionné pour le sujet (ce blog m’y aidant beaucoup), je me suis vite aperçu que le minimum requis pour mettre en place une stratégie de veille qui tient la route était loin d’être acquis par la plupart des professionnels du web. Et qui plus est, de professionnels vendant des prestations de veille.

 

Tout comme l’ensemble des métiers liés au web, les articles se multiplient sur la veille, se concentrant majoritairement sur les outils. Tout comme de nombreux métiers liés au web, la veille est face à un réel défit d’adaptation pour ses professionnels. Mais comme tous les métiers liés au web, un veilleur est un élément central dans la mise en place d’une stratégie. Que vous soyez recruteur, community curator ou autre, questionnez-vous bien sur l’importance d’avoir à vos côtés une personne qui pense son métier, qui le pratique à fond, et qui ne se contente pas de lire des graphiques et lancer des requêtes sur des méta-moteurs.

 

Le débat est ouvert…

 

 

Et vous, pensez-vous que la veille est juste une compétence en plus des travailleurs du web ? Ou un métier à plein temps ?!

 

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 14:32

Kit-de-survie.jpgLe business de l’e-réputation en France est florissant : 110 millions de CA pour 2010, plus de 150 agences, des articles de plus en plus nombreux dans les journaux… Mais qui dit business en développement, dit normalisation des pratiques pour mieux coller au marché, et paraître cohérent face au(x) client(s). Norbert, consultant, nous donne les clés essentielles pour « gagner en maturité sur cette approche ROIste transversale du leadership digital »…

 

 

 

 

 

 

 Bonjour Norbert, pouvez-vous rapidement vous présenter ?

 

Bonjour, je m’appelle Norbert E, je suis actuellement consultant en brand reputation pour une agence full digitale 360 web social. Mes missions au quotidien consistent à gérer la valeur « réputationnelle » de mes clients sur les médias et réseaux sociaux.

 

Pouvez-vous nous présenter quelles sont, à l’heure actuelle, les armes et techniques essentielles à tout bon consultant en e-réputation ?

 

Bien entendu : elles sont au nombre de 10 (listes non exhaustive)…

 

 

 

Le pré-audit

 

 Avant d’aborder un client (dans le cadre d’un appel d’offre ou autre) il est essentiel de ne pas arriver les mains vides. De démontrer que l’on a compris ses attentes…

 

En lui demandant quels sont ses objectifs, ou l’image qu’il souhaite véhiculer ?

 

Non, pensez vous que nous ayons le temps ?! Nous avons des objectifs chiffrés à tenir, donc nous essayons de mettre en place un fonctionnement rapide d’analyse de l’existant : le pré-audit (ou pré-enquête, ou étude d’approche).

 

Le principe est simple : déterminer quelle est la présence de la marque sur le web, ou plutôt les sources (terme auquel je préfère « lieux d’expressions numériques ») sur lesquelles elles ne sont pas présentes (afin de leur vendre ensuite du community management ou de la création d’espaces). Pour ça, on ne se prend pas trop la tête, on va chercher d’abord sur les réseaux les plus connus (Facebook, Twitter, etc.), ceux qui parlent au client en définitive.

 

L’essentiel : présenter des verbatims (ie discours d’internautes) décontextualisés et négatifs afin de bien démontrer l’intérêt d’une stratégie d’e-réputation. Et si possible chez des influenceurs thématiquement liés à la marque que l’on aborde.

 

 

Et comment définissez-vous ces « influenceurs » ?

 

Avec notre outil de veille surpuissant !

 

 

 

L’outil de veille (puissant)


 Avoir un outil de veille (payant) est aujourd’hui un gage de fiabilité pour tout consultant qui se respecte. Pas un outil de veille que nous développons en interne (pas le temps), mais un des outils présents sur le marché.

C’est lui qui détermine pour nous quelles sont les sources influentes, la tonalité des sentiments dans les discours, le volume de retombées, etc. En plus nous avons de la chance, notre prestataire a accepter de « brander » l’outil aux couleurs de notre agence (ça fait encore plus sérieux).

 

Mais alors vous n’établissez pas de critères en fonction de votre client et de ses problématiques ?

 

Non, le critère principal est celui édicté par certains gourous du web : « votre réputation ce n’est pas ce que vous dites de vous, mais ce que Google dit de vous »… Donc si la source est visible, ça nous suffit (et c’est plus facile à vendre au client).

 

 

 

Le vocable


 Le vocable est essentiel… Qu’il soit technique : community management, curator, full digital, 360, social shopping, social crm… Ou relationnel : touchy, open, propales, bullshit… Bref, le côté anglophone rassure le client, il permet de démontrer notre connaissance du milieu. Et puis au passage, si nous employons tous (ie chaque consultant) les mêmes termes cela renforcera notre crédibilité de manière globale.

 

L’avantage, dans notre agence en tout cas, c’est que chaque rôle est bien réparti, tout le monde n’est pas en contact direct avec le client…

 

Comme ?

 

Les stagiaires bien évidemment !

 

 

Le stagiaire


 Sans vouloir passer pour un esclavagiste 2.0, le stagiaire est essentiel à tout bon consultant. En effet, non seulement cela valide son diplôme, mais surtout cela permet au consultant de prendre de la hauteur en déléguant certaines tâches opérationnelles et répétitives (et ça forme la jeunesse).

 

Comme ?

 

La création et la gestion des pages sur les réseaux sociaux, la mise en page des propales [propositions commerciales, NDR], le pré-audit, le compte-rendu de mission, la surveillance quotidienne de l’outil de veille, la création de tableurs pour analyser les résultats…

 

Un peut tout au final ?

 

Non, pensez-vous ! La relation client est pour les commerciaux, mais moi, consultant senior, j’apporte la pierre angulaire de la stratégie d’e-réputation : l’expérience…

 

 

 

L’expérience


Moi, j’ai 10 ans d’expérience dans le marketing et le web. Et ça, c’est essentiel pour rassurer un client. Et c’est bien connu : mieux vaut 10 ans de mauvaises expériences, qu’une année de réussites !

 

En plus cela permet de développer des offres et un discours « passe-partout » qui collent aux besoins classiques des entreprises. Même si je suis conscient que chaque entreprise est différente, il n’empêche, le budget lui est toujours accordé en fonction des mêmes leviers.

 

Par exemple ?

 

La recherche de la maîtrise.

 

 

 

La peur de la perte de contrôle


 Ce qu’il y a de magique avec le web social, c’est que son fonctionnement brouille les repères traditionnels des entreprises. Jouer sur la nécessité de reprendre le contrôle de son image est un bon levier pour attirer le client.

Comme dit plus haut, l’idée est de mettre en avant les risques de crises plutôt que les opportunités de développement. Le verbatim négatif, c’est un peu le pied dans la porte des commerciaux d’antan. Une fois que le client nous engage pour prévenir une crise ou gérer des avis négatifs on peut lui vendre le reste (surtout si l’agence est une filiale de groupe).

 

Ma technique à moi, pour démontrer que je suis aux avant-postes des risques numériques, c’est de présenter au client mon compte Twitter (et mes 5000 followers).

 

Je ne vois pas le rapport ?

 

Et bien il faut se mettre à la page alors !

 

 

 

Le compte Twitter


 Twitter est un outil de micro-blogging dont l’utilisation permet, en temps réel, de diffuser…

 

Oui, je sais ce qu’est Twitter ! Mais le rapport avec la perte de contrôle ?

 

Ah, et bien tout bonnement démontrer que je suis un expert en réseaux sociaux, que j’arrive à gérer mon e-réputation par le biais de mes milliers de followers. Bref, que ce qui marche pour moi marchera pour mon client.

 

Et entre nous, cela permet de lancer des opérations, de générer quelques contacts quoi qu’il arrive. Mon astuce perso : les DM automatiques pour inciter mes followers à lire un article ;-)

 

En plus, je reste en contact avec les autres consultants (pas de concurrence chez nous, les agences sont une grande famille), ce qui me permet de rester dans la mouvance. Mais aussi de trouver des cas qui pourront impressionner le client.

 

 

 

Les cas

 

Rien de mieux qu’un business case emplie de best practices pour démontrer l’intérêt de mon savoir-faire au client. L’essentiel étant de trouver une marque qui se rapproche plus ou moins du client, ou tout du moins une marque qui est facilement reconnaissable (mes préférés étant Coca, Apple et Nestlé). S’il y a eu une crise alors ce n’est que du bonheur, surtout si cette crise est encore visible dans Google.

 

Pas la peine d’aller chercher très loin, remarquez, de nombreux blogs présentent sans cesse les mêmes exemples, il suffit de piocher et de tourner ça de manière vendeuse.

 

Le tout est de donner des chiffres : volume de fans sur Facebook avant/après (marche pour les crises comme pour les réussites), diminution du CA, nombre de retombées (positives ou négatives), etc.

 

 

 

Les chiffres


Les chiffres sont essentiels à notre métier… La réputation est une perception, mais il est plus facile de la traduire en chiffre que d’expliquer que chaque individu étant différent, il est nécessaire de réfléchir à d’autres types d’indicateurs.

 

De plus, il faut que le client en ait pour son investissement ! Etant donné qu’il ne connaît pas grand-chose au web (sinon il ne passerait pas par nous), il est nécessaire de calquer les indicateurs médiatiques hors-ligne au fonctionnement actuel du web. Lui donner des repères, voyez-vous ?

Par exemple, une source sera crédible et influente en fonction de son volume de visites, comme pour la TV (Médiamétrie fait d’ailleurs autorité sur le web). Peu importe qui lit son article sur le dernier saucisson PorcoBueno (un client à nous dont nous avons fait exploser le nombre de fans sur Facebook), le client voit que cet article est lu, donc il est content.

 

Cela permet donc de le rassurer sur son retour sur investissement, et à moi, consultant, de développer des méthodologies fiables et applicables à tous nos clients.

 

Comme par exemple ?

 

La méthode GLAGLAS©, pour geler les avis négatifs d’internautes sur le web !

 

 

 

Les méthodes en 7 points (ou plus si affinité)


 

Comme je vous l’ai dit précédemment, l’expérience est la clé du succès dans notre milieu. Cette expérience se traduit par la mise en place de méthodologies, en 7 points dans mon cas. Méthodologie qui est applicable à l’ensemble de nos clients, qu’ils peuvent facilement comprendre, et qui donne plus de crédibilité à nos actions : nous réfléchissons avant d’agir !

 

L’idée des 7 points est, de plus, totalement en adéquation avec les tendances web actuelles. Imaginez le client qui se renseigne sur comment faire avant de nous contacter. Il lance sa recherche sur le web et tombe sur des blogs bien référencés. La majorité d’entres eux proposant des listes « à suivre à la lettre pour devenir les meilleurs du web », le client s’y retrouve quand nous lui proposant la même chose. Un mix entre le packaging et le conseil en somme…

 

Mais si chaque organisation est différente, alors la méthodologie ne s’applique pas de la même manière à chacune d’entres elles ?

 

Vous commencez un peu à m’ennuyer. C’est vous l’expert ou moi ? Qui a 10 ans d’expériences et des clients internationaux à travers la France ?!

 

C’est vous, désolé…

 

Je disais donc que cette approche est nécessaire pour pouvoir faire ce que nous faisons de mieux : conquérir de nouveaux clients ! Car soyons réaliste, une bonne agence est une agence en pleine croissance, pas une agence qui stagne ou fait trop de  qualité avec les clients déjà acquis. Les méthodologies doivent donc pouvoir être appliquées à n’importe quel client, non seulement pour gagner du temps, mais aussi pour mesurer notre performance et permettre au concept GLAGLAS© de devenir une référence chez l’annonceur.

 

Merci Norbert pour ces conseils, et votre franc parlé !

 

De rien, tout le monde dit de plus en plus n’importe quoi sur l’e-réputation, il était temps de remettre les pendules à l’heure.

 

 

 

Au final…

 

Petit article satirico-réaliste en ce début de semaine (retour aux choses sérieuses prochainement), vous l’aurez sûrement compris, Norbert n’existe pas (enfin pas tout à fait, mais si vous le rencontrez, demandez-vous si vous devez lui accorder un budget).

 

Loin de moi l’idée de dire que tous les consultants en e-réputation se ressemblent, ou que toutes les prestations d’agences s’uniformisent pour être viables dans un environnement concurrentiel de plus en plus développé. C’est, disons, plutôt un risque qu’une réalité tellement tangible.

 

Mais ce billet part d’une discussion avec des communicants de deux organisations différentes (qui se reconnaîtront) et avec qui j’ai discuté récemment. Après avoir passé un appel d’offre sur les thématiques de l’e-réputation, ils ont donc reçus des propositions d’une dizaine d’agences (que je ne citerai pas). Leur constat : un mimétisme de plus en plus évident, que ce soit dans les prestations vendues, ou dans l’approche proposée.

Rassurez-vous, ils ont tout de même trouvé leur bonheur : des agences proposant une offre en adéquation avec leurs entreprises, partant du besoin de celles-ci plutôt que « des pratiques nécessaires et évidentes pour maîtriser sa réputation en ligne ».

 

Alors tout ça pour dire quoi ?

 

Que ce soit au niveau de la veille, comme de l’e-réputation en général, il ne faut pas voir la démocratisation des pratiques (et du business) comme négative. Il serait d’ailleurs impossible de juger ce qui est bon ou mauvais (sauf peut-être au résultat ?... et encore). Mais je trouve cependant plus inquiétant de voir apparaître une normalisation des pratiques pour un concept aussi jeune que l’e-réputation, et un « médium » d’information et de communication qui l’est tout autant : le web.

 

Car comme le disait Aristote « l’homme est un animal social », et c’est bien l’humain (et ses relations sociales) qui est le moteur premier du web dit 2.0. Et s’il y a un bien un « animal » qui fait preuve de comportements complexes, c’est l’être humain. Pour communiquer avec lui, pour l’informer, le fidéliser, l’influencer, lui vendre des produits ou service, etc., il n’y a pas de bonnes recettes… Qui plus est lorsque l’on représente un système tout aussi complexe : l’entreprise !

 

Voilà, sur ce, la session « articles démystificateurs» est finie pour l’instant :-)

 

 

Et vous, que pensez-vous de cette « normalisation » du métier et du concept d’e-réputation ?! Quels sont les lieux communs qui vous irritent le plus ?

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article
1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 17:30

 

Marronier_IdentiteNumerique.jpgLe concept d'identité numérique a fait son chemin sur le web, devenant un terme courant pour désigner sa présence en ligne ou encore les traces informationnelles disséminées au gré de sa navigation participative. Souvent associée à l'e-réputation, l'identité numérique est généralement présentée (sur le web, dans la presse, en conférences ou ailleurs) comme un levier ou un facteur de recrutement. Au risque d'en faire trop, et de développer des « marronniers » largements diffusés... Voyons en quelques-uns...

 

J'ai eu l'occasion de donner une conférence à la passerelle ESC, il y a 2 mois, sur l'identité numérique, l'e-réputation et leurs impacts sur le recrutement. Au cours de celle-ci j'ai présenté quelques marronniers, quelques discours (trop) vus et entendus sur ces sujets. Cette conférence, et le discours que j'y tenais, étaient censés rester au chaud sur mon disque dur jusqu'à la découverte d'un article...

 

 

Un superbe article de l'Etudiant.fr développant clichés sur clichés sur le métier de community manager (déjà qu'il y a tellement de choses intéressantes dites sur le sujet), et in fine sur le positionnement qu'un étudiant souhaitant travailler sur le web doit avoir.

 

Je vous invite à lire l'article écrit par Antoine Dupin à ce sujet, et qui résume bien les principaux biais de l'article de l'Etudiant.

 

Bref, mon étonnement m'incite donc à partager ces quelques rapides et courtes reflexions sur l'identité numérique et tout ce qui va avec...

 

 

 

==> Une bonne présence suffit à me faire recruter !


Oui, si je suis présent partout (Facebook, Twitter, Viadéo, etc.) alors les recruteurs ne peuvent que me remarquer.

Mais, non... Une recherche d'emploi est tout sauf passive. Au-delà de la qualité de vos interactions et du contenu que vous diffusez en ligne, il ne suffit pas d'être présent sur les réseaux pour vous faire remarquer.

 

Au contraire, considérez que les recruteurs sont eux-aussi présents, et que les réseaux sociaux sont de bons moyens pour développer une stratégie de contacts. Mais aussi pour découvrir et analyser ce qu'ils attendent, les besoins en compétences exprimés, les faiblesses que vous pourriez combler, le parcours des anciens collaborateurs et des actuels... Comme je le soulignais dans la lettre VigIE de l'ICOMTEC, vous devez répondre à un besoin, besoin que vous pouvez identifier en partie grâce à la présence web de l'organisation que vous visez. A lire, un bon article sur les outils pouvant vous aider à établir votre stratégie ; ainsi qu'un autre sur les stratégies de veille sur LinkedIn.

 

De plus, avoir une présence forte sur le web est inutile si personne ne vient consulter vos profils. Au-delà du choix d'une ou plusieurs des 150 plateformes de CV existantes, définir une stratégie de « promotion » des supports sur lesquels vous êtes présents paraît plus essentiel.

 

 

 

==> Avoir un grand nombre de contacts est un objectif à atteindre !

 

Oui, si l'on suit les conseils de l'Etudiant, ou si l'on resonne comme (malheureusement) certains recruteurs qui voient le web comme un espace d'influence et d'influenceurs...

Mais, non... Comme beaucoup de choses dans la vie, ce qui compte ce n'est pas la quantité mais la qualité. Qualité de vos contacts, des relations que vous avez avec eux, du réseau que vous tissez, de la place que vous prenez dans une communauté...

 

Qui plus est, votre volume de contacts ne fait pas forcément votre visibilité, et encore moins votre légitimité sur un domaine. Avoir plein de cartes de visites c'est bien (et c'est assez simple en plus), développer des relations constructives avec leurs propriétaires c'est mieux. Surtout si ces échanges les incitent ensuite à vous recommander, à vous définir par eux-même spécialiste de tel ou tel domaine. Car ne l'oublions pas, la recommandation est ce qu'il y a de plus pertinent pour un recrutement, l'un des moteurs du web dit social, et l'un des facteurs impactant de votre (e)réputation.

 

Enfin, gérer efficacement un réseau est chronophage... Plus il est étendu, et malgré les outils de gestion à disposition, plus il faut du temps pour s'en occuper. Au risque de rater certaines opportunités, ou ne plus rien en dégager de pertinent...

 

 

==> Le web se suffit à lui-même

 

Oui, surtout si je cherche un poste de community manager, il me suffit juste d'être sur le web pour être certain d'être recruter.

Mais, non... Le web c'est beau, le web c'est magique, certe. Mais jusqu'à preuve du contraire les relations directes, les mises en contacts et les actes de communication plus élaborés et moins « froids » et distants (téléphone, visio, rencontre, participation à des événements professionnels, etc.) restent tout aussi efficaces, si ce n'est plus. Sutout si l'on prend en compte certaines contraintes purement techniques des outils (comme les 140 caractères de Twitter, qui limitent tout de même un peu les débats enflammés et experts). Mais aussi si l'on considère qu'une grande partie des échanges sur le web sont à faible valeur ajoutée, laissant rarement la place à une mise en valeur intéressante de ses compétence et de son discours.

 

Comme pour une organisation donc, une stratégie de développement de sa présence numérique à visée de recrutement doit être mise en articulation avec une stratégie hors-ligne (si, si, les CV papier existent toujours, et parfois ils sont lus). Sans oublier d'ailleurs que l'objectif premier d'un réseau dit social est soit de permettre de rester en contact (type Facebook), soit d'inciter à des rencontres hors-ligne (type Meetic)...

 

 

 

==> Aujourd'hui, je me dois d'être présent sur le web !

 

Oui, c'est à la mode, tout le monde en parle, et il paraît que les recruteurs regardent nos profils.

Mais, non... Comme dit ci-dessus, le web n'est qu'un support de plus (mais un superbe support il est vrai) de votre communication et de votre stratégie de gestion de réputation (ainsi que de recherche d'emploi). Il est tout à fait pensable qu'après avoir étudié les organisations qui vous intéressent, vous ne souhaitiez pas être présent sur le web. Qui plus est si vous ne pensez pas a voir le temps de gérer cette présence (ou les moyens).

De plus, rien ne sert d'y être pour y être, et surtout si l'on a rien d'intéressant à dire... Produire du contenu de qualité est généralement l'une des conditions pour être remarqué sur le web, pour se positionner comme « inévitable » (ou expert) sur une thématique donnée. Le copier/coller, les propos sans fonds ou encore la dilution de son contenu dans celui déjà (sur)présent revient à perdre son temps.

 

Notons aussi au passage que les organisations recrutant exclusivement sur le web en France sont encore rares, et que cela concerne généralement des profils très spécifiques (ou en synergie avec une recherche plus classique). Et les études sur le fait que les recruteurs scannent de plus en plus le web pour « mesurer la réputation » d'un candidat varient tellement de l'une à l'autre (30% par là, 60% par ci, etc.) que l'on peut imaginer ce phénomène comme encore assez marginal (une tendance à confirmer en somme).

 

Cependant, même si vous n'êtes pas présent volontairement sur le web, au sens d'informations laissées par vous sur certains support (le simple fait de naviguer sur Internet laissant toujours des « traces »), il paraît tout de même intéressant de surveiller ce que l'on dit de vous. Car effectivement, quelqu'un d'autre (généralement vous savez qui ou quoi ;-)) peut parler de vous, et pas toujours dans le sens que vous souhaitez...

 

 

==> Sur le web expertise rime avec reconnaissance

 

Oui, car le contenu que je produis est à valeur joutée, et qu'en plus j'ai 10 ans d'expérience dans le domaine que je traite.

Mais, non... Car expertise n'est pas synonyme de légitimité et de reconnaissance sur Internet. La communication sur le web passe par certains codes et usages que chacun doit s'approprier pour mettre en valeur son expertise. L'expertise étant principalement liée à votre visibilité, déclencher la recommandation mais aussi s'assurer de la cohérence de votre discours par rapport à celui tenu sur vous par d'autres, passe par d'autres leviers que celui de votre expertise.

Gagner en légitimité prend du temps, et nécessite parfois d'adapter son contenu et sa vision d'un sujet aux attentes et aux usages informationnels du web social.

 

 

 

Au final...

 

Les articles pré-faits servant à meubler les discours sur l'identité numérique, ou produire du contenu pouvant attirer l'attention, sont monnaie courante sur le web. S'il n'y a pas de vérité absolue (mon approche comme une autre, le débat est donc ouvert :-)), il existe tout de même certains constats qui vont au-delà des simples idées reçues.

 

Si l'on souhaite parler d'identité numérique, terme auquel je préfère d'ailleurs la notion de présence numérique, alors il faut bien comprendre ce qu'est l'identité : « Ensemble des données de fait et de droit qui permettent d'individualiser quelqu'un ; Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité » (Larousse).

En tant qu'individu, votre identité numérique doit donc être unique, loin des bons conseils ou des usages donnés comme nécessaires par certains, et de la reproduction de schémas « qui marchent ».

 

C'est en restant vous même, en définissant votre propre valeur, vos aspects à mettre en exergue ou en masque, que vous arriverez à développer une identité numérique cohérente, qui plus est dans une logique de recrutement. Le web offre une palette d'outils permettant de s'exprimer de manière appropriée (celle qui vous convient) et vers des personnes et communautés de plus en plus ciblées (celles qui vous permettront d'atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés).

 

Pour aller plus loin dans vos réflexions sur le sujet, quelques ressources qui creusent le concept d'identité numérique au-delà de la simple couche de chiffres ou d'outils :

 

=> http://www.scribd.com/doc/27334753/eBook-L-Emploi-par-le-web

 

=>http://moderateur.blog.regionsjob.com/index.php/post/E-book-:-l-identit%C3%A9-num%C3%A9rique-en-question

 

=> http://www.scribd.com/doc/32327614/E-book-Identite-Numerique-enjeux-et-perspectives

 

=> http://www.slideshare.net/Amalbel/guide-pratique-ereputationusageindividus

 

=>http://www.zdnet.fr/actualites/reseaux-sociaux-pas-une-solution-efficace-pour-les-candidats-en-recherche-d-emploi-39758417.htm

 

 

Et vous, comment abordez-vous la gestion de votre identité numérique ? Quels sont les « marronniers » à ce sujet que vous ne voulez plus entendre (ou lire) ?!

Repost 0
Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
commenter cet article

Le nouveau blog!

Le nouveau blog : cadderep.hypotheses.org

 

Rechercher

Gazouillis