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4 janvier 2011 2 04 /01 /janvier /2011 14:26

Curator.jpgPetit rapport d’étonnement pour commencer l’année en douceur… "Curator" et "curation" sont les deux termes qui montent sur le web ces derniers mois. Schématiquement l’idée est la suivante : la sélection de l’information sur les réseaux numériques est de moins en moins algorithmique, et de plus en plus humaine. Comme la veille ?...

 

 

Ce qui est magique sur le web (entre autre) c’est sa propension à exploiter de nouvelles terminologies, à appeler un chat un « lol cat », ou encore un modérateur un « community manager » (et la liste est longue). Cette nouvelle année ne déroge pas à la règle, et voit l’apparition (ou plutôt l’application) d’un nouveau terme : le curator.

 

Selon Wikipedia (version anglaise, puisque ce terme est anglo-saxon) un curator est un spécialiste de la gestion de contenus, responsable de la gestion de collections (au sens de collections bibliographiques ou encore artistiques). En résumé on peut tout d’abord le considérer comme un conservateur (au sens de muséographique encore une fois).

 

Appliquée au web, cette idée de curation digitale vise à révéler une autre facette des usages numériques : la sélection, la mise valeur et en contexte, la diffusion, le partage, et l’archivage de productions 2.0 par et pour des internautes.

 

Bref, ne plus se reposer seulement sur des bases algorithmiques pour sélectionner l’information mais bien sur le choix d’êtres humains, avec toute la subjectivité, la notion de choix et d’ego (j’y reviendrais dans un autre billet) que cela implique. L’algorithme n’étant d’ailleurs pas laissé de côté puisque de plus en plus de plateforme de « content curator » se développent, classant (par exemple) les articles par popularité, par volume de partage sur Twitter ou Facebook, etc. (Pearltrees ou encore Scoop.it par exemple). Bref, des plateformes de bookmarking...

 

Le terme étant rapidement posé, voici les interrogations, les étonnements, que l’identification formelle de cette pratique engendre : au final, un curator n’est-il pas un veilleur ? Et peut-on intégrer cette mise à disposition d’informations qualifiées à un processus de veille stratégique (ie utile à la prise de décision) ?

 

 

 

Un veilleur curationne au quotidien

 

 

Un veilleur, au sein d’une organisation, a pour objectif principal la collecte, le tri, l’analyse et la diffusion d’informations pouvant se révéler stratégique lors d’une prise de décision. Au-delà des méthodologies et des outils, il peut être vu comme le nœud d’informations stratégiques du réseau que forme une organisation. Comme un curator sur un réseau dit social…

 

Un veilleur agrége parfois ses recherches sur une plateforme dédiée, afin de permettre à l’ensemble des collaborateurs d’y accéder simplement et de manière intemporelle (aspect documentaire). Les curators disposent eux aussi de plus en plus de plateformes visant à leur permettre de collecter et mettre à disposition le contenu de leurs recherches.

 

La valeur d’un veilleur s’estime par les informations qu’il trouve, un curator aussi… Les deux sont dépendant du système de diffusion de l’information qu’ils utilisent, de la dynamique de partage existante et qu’ils peuvent développer. Au final, les veilleurs sont aussi des internautes, et la plupart curationnent (je néologise beaucoup en ce moment ) sur leur temps libre par le biais des diverses plateformes web sur lesquelles ils sont inscrits…

 

 

Alors quelles différences ?

 

==> Les informations (re)cherchées par un veilleur visent à répondre à une demande, à appuyer une décision (information-demande). Un curator est plus dans l’information-rupture, il répond à des attentes au niveau informationnel, mais pas à des demandes (très) précises.

 

==> L’expertise d’un veilleur est principalement méthodologique, peu importe la thématique il doit pouvoir faire remonter de l’information. Un curator est quant à lui (souvent) spécialisé sur une thématique précise, sa méthodologie importe peu puisqu’il n’a pas à la transposer de manière régulière.

 

==> Un professionnel de la veille en entreprise a, pour filtrer les informations qu’il collecte, des recommandations venant de ses commanditaires (enfin, espérons pour lui). Un curator se base sur ses propres critères, et surtout sur les attentes de ses lecteurs/amis/contacts/followers (s’il veut faire de l’audience).

 

==> Sur un réseau numérique, on choisit un curator sur des critères très souvent irrationnels : avatar, nom/pseudo, nombre de contacts, graphisme du compte, recommandation, volume d’informations diffusées, etc. Twitter en est un bon exemple… Posez-vous la question : comment avez-vous choisis la plupart des comptes que vous suivez ? Puis : comment avez-vous recruté le veilleur de votre organisation ? Même si une approche est très proche de l’autre (cooptation, etc.) les enjeux n’étant pas les mêmes, la sélection non plus.

 

 

On pourrait donc différencier le veilleur du curator principalement par la pratique balisée de la recherche d’information de l’un, face au côté « passionné » et social (au sens de partage visant à constituer un lien avec d’autres internautes ou membres d’une communauté) de l’autre.

 

Pas question de parler d’amateurisme VS professionnalisme (grosse erreur étant donné la qualité de certains fournisseurs d’informations présents sur les réseaux sociaux), mais plutôt d’usages : les usages d’un curator sont induits par les technologies web qu’il utilise, les usages d’un veilleur sont transposables à n’importe quel outil ou support.

 

Je ne parlerais pas ici de coût (salariale VS rien… pour un curator), même si j’ai déjà entendu cette remarque (« et si on laissait faire les internautes plutôt que de se payer une veille pro »). Comme dit juste au-dessus, un veilleur répond à des questions précises, là où un curator répond à des attentes lui permettant ainsi de se valoriser sur un réseaux ou une communauté numérique identifiée.

 

 

 

Le curator, ce signal fort

 

Cette idée de curation me rappel un fantasme de la veille et de l’intelligence économique (et du management), à savoir le « tous veilleur ». Ce concept qui laisse entendre que n’importe quel collaborateur de l’entreprise peut et doit faire remonter certains signaux informationnels aux décisionnaires. Je dis « fantasme », car au-delà de la pratique des outils de recherche et de tri de l’information, la veille (ou la curation pour rester dans le contexte) nécessite un état d’esprit, un intérêt et une approche de l’information assez développée (pas d’élitisme ici, mais juste un constat : chacun ses centres d’intérêts).

 

Le curator peut donc être vu pour l’organisation comme un veilleur alternatif, un annonceur de signaux forts, qui donne les tendances voir même qui les crées.

 

Car là est tout l’enjeux lorsque l’on parle d’e-réputation : plus un curator diffuse de l’information à valeur ajoutée, plus il est médiatisé. Et plus il est médiatisé, plus il devient un moteur de recommandation vers du contenu pouvant impacter les organisations.

 

Contrairement à de la veille stratégique le principe n’est alors plus de rechercher de l’information précise, mais de repérer les informations qui apparaissent comme les plus intéressantes pour une communauté, un réseau donné. Le curator devient alors le filtre ego-numérique du veilleur, celui qui lui permettra de trier ses données en fonction de l’importance qu’elles représentent pour les internautes. Et ce de manière encore plus évidente, puisque le web permet de chiffrer facilement l’impact des informations diffusées par une source identifiée.

 

Les risques ? Ils sont nombreux (mais pas insurmontables) : tout d’abord la qualification des informations diffusées par les curators, qui plus est dans un contexte en temps réel. Ensuite, le fait que lorsque l’on parle de réseau, on parle de microcosme informationnel, encore plus sur le web où les internautes se regroupent en communautés thématiques. Le signal fort peut vite devenir faible en comparaison de l’immensité du web, et surtout des objectifs stratégiques d’une organisation. Enfin, certains biais permettant de gagner en visibilité peuvent parfois induire en erreur : l’information gagne en médiatisation de manière « artificielle ».

 

 

 

En conclusion : curator = tiers facilitateur


 Sans vouloir absolument  franciser ce terme, j’emploie depuis longtemps (et je suis bien loin d’être le seul) le terme « d’agent ou tiers facilitateur ». Autrement dit, dans notre société d’abondance informationnelle et d’économie de l’attention, le fait que des outils (moteurs de recherches) ou des être humains (curators donc) permettent à chacun d’accéder plus aisément à des informations qualifiées, ou tout du moins qui viennent répondre à leurs attentes.

 

Cyniquement, je me permettrais même de citer la définition du Larousse de curateur (traduction littérale de curator) : « Personne chargée d'assister l'incapable majeur dans tous les actes que celui-ci ne peut accomplir seul. ».

Loin de moi l’idée de dire que les internautes sont incapables de trier l’information sur le web, mais l’idée d’assistance, de mise en avant de son savoir-faire, de sa pratique et de son appréhension de l’information dans un écosystème numérique en réseau, et ce au service des internautes les moins aguerris, me semble assez en adéquation avec le concept de curation tel qu’il est utilisé à l’heure actuelle sur le web.

 

Le terme importe peu donc, l’essentiel étant de constater que les usages évoluent, que le rôle de chacun dans « l’égosystème web » s’affirme de jour en jour, et que chaque organisation doit réfléchir à l’impact de ces nouveaux usages (et encore plus sur leur réputation). Etonnant tout de même de voir à quelle vitesse ce terme se diffuse chez les « spécialistes », et comment il va (risque ?) de se banaliser au fil du temps…

 

 

Alors, curator : buzz word ou réels usages ? Et vous, pensez vous que les curators sont des veilleurs ?!

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Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
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7 décembre 2010 2 07 /12 /décembre /2010 16:27

BlogIndus.jpgRapport d’étonnement cette semaine sur un phénomène qui, à mes yeux, ne cesse de se développer : le passage de blogs « artisanaux » à des plateformes de mise à disposition de contenus qui n’ont de « blog » plus que le nom (mais toujours la qualité cependant). Voyons rapidement quelques exemples, et comment tout cela peut impacter une analyse en veille d’opinion…

 

 

 

 

 

 

Déjà : mais qu’est-ce qu’un blog ?


 

Si l’on s’attache au support, et en s’inspirant de Wikipedia ou autre, un blog est basé sur une technologie UGC visant à permettre la diffusion de contenus multimédias, sous forme de billets agglomérés par ordre antéchronologique, avec possibilité de commentaires, etc.

Nous pourrions déjà débattre ici du fait que certaines technologies (Wordpress par exemple) deviennent de plus en plus complexes à s’approprier, repoussant le côté « blog créé en ¼ d’heure » et nécessitant de plus en plus de réelles compétences en développement web. Mais intéressons nous plutôt à la finalité des blogs, et à leur mise en œuvre…

 

Le mode de fonctionnement d’un blog varie d’un à l’autre, même si quelques grands dénominateurs communs se retrouvent souvent : blog collectif, d’entreprise, carnet de voyage, vie quotidienne, etc.

 

La finalité d’un blog est variable elle aussi : développer son expertise, analyser un événement, présenter sa veille… Le tout étant, de mon point de vue, de traiter le sujet de manière personnelle, en dehors de tout formatage éditorial imposé par d’autres, et dans l’esprit de développer sa propre approche « auctoriale » (du devenir auteur) ainsi que celle de son support d’expression (le blog en l’occurrence).

 

Et c’est là que je m’étonne concernant certains « blogs » : ils sont parfois gérer par des sociétés éditoriales, ils font appel à d’autres blogueurs ayant déjà leurs propres identités mais devant se « plier » à celle du support où ils écrivent… En définitive, ils visent la production quantitative (industrielle), là où (toujours dans ma propre vision bien entendu) le charme d’un blog est son côté artisanal.

Comme pour un artisan classique (prenons un boulanger), les facteurs qui font que l’on revient vers lui sont souvent affectifs (au-delà de la qualité de son travail bien sûr) :

 

==> sa boulangerie, ie le blog

==> sa sympathie, ie ses échanges en commentaire

==> le fait que l’on peut le questionner sur son travail

==> sa proximité géographique, ie les communautés dans lesquelles s’inscrivent le blog

==> la recommandation qui est fait par d’autres

==> la qualité de son travail, mais surtout sa « patte » qui le différencie des autres

==> l’idée, parfois, de tenir une exclusivité, d’être un des rares à profiter de son bon pain

==> ou encore, pour certain(e)s, l’idée que l’argent qu’on lui donne lu revient directement et ne va pas nourrir d’autres desseins (le commerce « à visage humain » pourrait-on dire).

 

A l’inverse, certains sites dénommés comme « blogs » sont eux, en quelques sortes, des supermarchés de contenus : on y trouve de bons aliments pour nourrir ses réflexions, mais ceux-ci sont tous présentés de la même manière, seul le nom du blogueur permet de juger d’avance la qualité des contenus, la surabondance est la règle… Bref, les qualités nutritives (information qualifiée) sont là, mais le contenu perd un peu en saveur...

 

 

 

 

Deux exemples : Locita et Frenchweb

 

 

ATTENTION : je ne remets ici aucunement en cause la qualité des intervenants et des contenus de ces plateformes… Je m’interroge juste sur la pertinence d’appeler encore « blog » ce type de plateformes collaboratives (et je suis ouvert à tout complément d'informations, remarques, questions, critiques, etc. )


 

Locita est une plateforme multi-blogueurs (que Wikio ou Google qualifient de blog),  créée en 2010 par l’agence Evolys, et accueillant près d’une cinquantaine d’auteurs, déjà blogueurs confirmés pour la plupart.

 

Frenchweb est aussi un une plateforme de diffusion de contenus (souvent qualifiée de blog) traitant des actualités du web, développée par l’agence AdsVark, et qui accueille de manière ponctuelle divers experts/blogueurs (les autres auteurs étant parfois difficilement identifiables – journalistes ?).


 

Quel(s) rapport(s) entre ces deux blogs (j’aurais pu en citer d’autres) ?

 

Et bien ils perdent, à mon avis, leurs aspects artisanaux et personnels inhérents à la notion de blog. Bien évidemment, l’originalité de ce type d’organisation de blog est de ne pas passer par des journalistes, mais bien par des blogueurs pour produire du contenu. Ce qui laisse supposer, de prime abord, que l’écriture numérique sur les blogs devient un « style » à part entière. Car hormis ça, nous nous retrouvons rapidement dans la configuration de Slate.fr par exemple, en résumé du « journalisme en ligne ».

 

Autre détail qui éloigne ces blogs de l’idée que je m’en fais, le principe qu’ils soient mis en ligne par des sociétés… Attention, je ne veux pas jouer ici le couplet de la peur du grand méchant patron face au frêle blogueur indépendant, mais je me questionne tout de même sur la logique de «production éditoriale » prenant le pas sur celle « d’écriture ».

Pas de distinction ici (encore une fois) sur la qualité du contenu, mais insister sur la logique industrielle qui prend là toute sa dimension : rythme de production VS envie d’écrire, commande d’un billet VS réflexions sur un sujet, environnement uniforme VS graphisme et ambiance personnelle…

 

Le fait que le blogueur soit décontextualisé de son environnement habituel n’est pas une mauvaise chose pour lui (par expérience), cela lui permet de réfléchir autrement à ses productions, de s’adapter, etc. Mais venir mettre en ligne des billets sur ses thématiques habituelles, sur un autre support m’étonne… Pourquoi ne pas faire un agrégateur (Wikio) ? Ou un site de republication (Owni.fr) ?

Je comprends néanmoins l’aspect communautaire et de visibilité : montrer que l’on fait partie de la blogosphère (être à côté des autres), et gagner en visibilité par la plus grande mixité (et parfois le meilleur référencement) des blogs collaboratifs à grande échelle sur lesquels on publie…

 

Si ces « blogs » existaient autours d’une thématique vraiment précise (type livre blanc), ou encore d’un événement particulier, il me paraîtrait logique de chercher à différencier les points de vue.

Ou encore, s’il s’agissait de réelles productions collaboratives, où le partage et l’échange entre les membres permettaient d’arriver à une identité commune, nous nous rapprocherions de l’idée de blog collaboratif (de l’artisanat à grande échelle en quelques sortes).

 

Le risque étant à long terme d’être hors contexte et de voir diffuser des contenus « formatés » (industriels en somme) où l’identité de l’auteur (ce qui fait la force d’un blog) se perd peu à peu…

 

 

 

Tout ça pour dire quoi ?!

 

 

Tout ça pour dire, au final, qu’il n’y a sûrement pas de « noblesse du blog » (peut être même pas d’état d’esprit ?) mais que, très pragmatiquement, il est toujours bien d’appeler « un chat, un chat ».

 

Je suis plus en adéquation avec, par exemple, la plateforme My Community Manager qui se présente comme « un site corporatif » essayant de réunir des productions de blogueurs déjà affirmés autours d’une même thématique (large et floue cependant) : le community management. Le « risque » étant là encore une fois de voir apparaître peu à peu des contenus décontextualisés, à l’identité peu affirmée…

 

D’où cette question simple : pourquoi risquer d’uniformiser, là où l’agrégation de contenus est un bon moyen de regrouper et partager plus largement ?

 

 

 

Et au niveau de la gestion de la réputation en ligne ?

 

Si l’on parle de votre marque, produit ou service sur ce type de plateforme, questionnez vous bien sur son positionnement en tant que « contenu de blogueur »… Les lecteurs viennent-ils chercher un angle d’analyse personnel et artisanal (avec tout le côté affectif et identitaire) ? Ou juste une information traitée par un blogueur dans un contexte « neutre » (se rapprochant ainsi de l’idée de journalisme, où l’auteur est souvent moins important à prendre en compte que l’information et l’article en eux-mêmes) ?

 

De plus, qu’elle est l’influence que la société détentrice de la plateforme peut avoir sur les opinions exprimés ? D’ailleurs, ces plateformes proposant généralement du contenu purement informatif et descriptif, y a-t-il un intérêt réel à y rechercher des opinions affirmées ?

 

Ce petit billet part d’ailleurs d’une simple interrogation lors d’un travail de veille : comment qualifier certaines plateformes qui s’auto-dénomment « blogs », là où au final il s’agit plus de plateformes de diffusion de contenus écrits par des blogueurs.

 

 

 

En bonus : bloguez pour 15 par billets !


 

Wikio lance  Wikio Experts qui, selon ZDNet, permettra à des auteurs de produire des billets payés entre 5 et 15€, et qui seront susceptibles d’être revendus à des sites plus généralistes comme TF1 par exemple.

 

Comme le souligne ZDNet, le billet « devra répondre à un certain nombre de critères (nombre de mots, occurrences, mots clés répétés...) ». Autrement dit, être formaté pour entrer dans les cases (dans les rayons en somme) afin d’être plus facilement évaluable donc monnayable…

 

Au-delà de la question sur « faut-il rémunérer les blogueurs ?» (chacun faisant ce qu’il veut de son expertise ou de ses productions), cette approche soulève quelques points intéressant présentés en partie ici :

 

==> Le blogueur peut vite se transformer en pigiste du web (sans aspect péjoratif pour autant)

==> Pour entrer dans un cadre éditorial proche du journalisme, il faut formater (blogue t-on toujours ?)

==> L’écriture numérique sur les blogs s’affirme de plus en plus comme un style à part entière

 

Mais au fait, y a-t-il vraiment un style d’écriture de blog, ou un esprit bloguesque ?!...

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Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
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8 novembre 2010 1 08 /11 /novembre /2010 20:46

Mesure.jpgRapport d’étonnement court et ego-centré, mais qui se veux un minimum percutant (plus « bloguesque » en somme), cette semaine. La réputation est une perception. Le mécanisme qui permet son « implantation » dans « l’esprit » de quelqu’un est schématisable, qu’il soit numérique (d’où le « e ») ou autre. Alors comment mesurer une perception ? Comment traduire en chiffres, en diagrammes, en infographies, en mind map, etc., quelque chose de totalement immatériel, de continuellement changeant, et surtout de complexe puisque humain ?

 

 

La réponse ne sera pas donnée ici (dommage ?)… Car le but de mon propos est justement d'expliquer qu'au-delà des sources chiffrées, facilement évaluables, chaque organisation peut (doit) se fixer des objectifs différents, une manière de les atteindre originale ou tout du moins qui lui est propre ; donc procéder à une évaluation unique et personnalisée. Pas d'indicateurs magiques ici donc, les plus évidents ayant déjà été disséqués maintes fois sur ce blog.

 

Cet article traînait dans mes tiroirs depuis un certains temps, mais à l'heure où de nombreuses agences proposent l'évaluation d'un « karma numérique », des indicateurs « qui ont fait leurs preuves », et autres « buzz reports », je me dis que ces propos ne tomberont pas dans l'oreille d'un(e) sourd(e). Qui plus est, ces points ont été abordés et fouillés de nombreuses fois ici (voir liens en fin d'article).


 

Prenons donc le problème à l’envers : pourquoi la majorité des indicateurs de « mesure » de l’e-réputation déjà existants ne me plaisent pas, voir me semblent inutiles. Et ce en quelques points synthétiques pour, dans ce monde numérique de listes et d’infographies, vous faciliter l’imprégnation de certains de mes propos :

 

==> Tout d’abord, « mesurer » une perception me semble bien péremptoire… Pour mesurer il faut avoir une échelle (pas l’objet, hein). Cette idée d’échelle est synonyme en quelques sortes de « normalisation » : nous avons des points de repères communs qui nous permettent de dire que la réputation de telle organisation est « meilleure » (sur l’échelle donc) à celle de telle autre… Ou alors sur une durée précise, la réputation est inférieure d’un mois à l’autre par exemple. Seulement sur le web, quelles organisations sont comparables ? Comment, dans un univers numériques où l’information est fluctuante d’un jour à l’autre (voir d’une minute à l’autre, ie temps réel) peut-on poser des points de repères ? Et surtout, si la réputation est une perception, alors il y a autant de variations de cette image/représentation que d’internautes…

 

==> L'indicateur indique la route à suivre. Seulement sur le web c'est chacun sa route, chaque organisation ayant des objectifs différents, donc des point de repères qui diffèrent. Autrement dit, ce n'est pas en me basant sur le GPS de mon voisin que j'arriverai à destination. Le risque étant que ce qui paraît bien pour l'autre ne l'est pas forcément pour mon organisation. Voir inaccessible...

 

==> « Votre e-réputation n'est pas ce que vous dites de vous mais ce que Google dit de vous » (ou une sentence approximativement similaire). Que cette phrase m'énerve... Ou me fait sourire. Google ne fait qu'agréger et évaluer un ensemble de contenus déjà produits par les internautes. Autrement dit, si l'on parle de perception, lorsque votre moteur favoris affiche en première page des propos jugés négatifs, il est déjà trop tard. L'information a été partagée, diffusée, linkée, commentée,etc., un bon nombre de fois. Autrement dit la perception de votre public, c'est à dire celui qui s'intéresse à votre organisation donc qui en parle, est déjà modifiée. Imaginez un médecin qui ne s'intéresse qu'aux signes visibles à l'oeil nu de votre maladie... Positivisme VS systémisme... Mais tellement plus facile à vendre/expliquer !

 

==> « Votre réputation... » bis. Visibilité, ô visibilité tu es si facile à mesurer ! Compter des backlinks et des commentaires, des tweets et des « j'aime », présente un intérêt indéniable : c'est facile. Mais d'un côté on vous répète que nous somme dans un web « social » ou la « conversation » est un « moteur de votre réputation », et de l'autre votre consultant favori vient vous expliquer, plein de joie dans le coeur, que votre vidéo est numéro un sur YouTube pour la requête « le meilleur produit du monde ». Mais bizarrement, c'est dans un obscur forum que vous avez pu lire 12 commentaires vraiment constructifs sur votre dernier produit. Alors que sur vos contenus les plus visibles, et bien... aucune réaction.

 

==> Les chiffres sont nos amis. Comme le temps ou l'espace, ils nous permettent de mieux appréhender le monde. Sur le web, les chiffres permettent donc de mesurer la visibilité, mais aussi de produire des graphiques où les pourcentages s'affrontent pour vous refléter de la manière la plus fidèle qui soit votre réputation. Et même si ces chiffres sont incomparables (et oui, le phénomène d'accès en masse au web et les usages qui s'en suivent ne permet pas encore de prendre un recul suffisant), s'ils varient d'un jour à l'autre, d'un outil à l'autre, d'une agence à l'autre, on ne voit qu'eux un peu partout.

Et on les multiplie, on les additionne, on divise le nombre de commentaires par la racine carrée du volume de tweet, que l'on soustraie aux commentaire positifs présents sur le ratio de sites participatifs... Certains s'enrobent d'un apparat mathématique qui semble leur donner une rigueur « scientifique ». Les chiffres sont malléables, rassurant, et surtout : neutres.

 

==> Positif, négatif, neutre. Et bien oui, s'il fallait résumer la complexité de la pensée humaine, mais aussi des milliers d'années de développements sémantiques et syntaxiques, ce serait ça : positif, négatif, neutre. Ce que tout outil de veille optimum actuel vous propose comme classification. Et tant pis si le contexte est oublié, qu'il soit hypertextuel (vers qui je me réfère), que ce soit l'auteur et ses travaux précédents, la source en elle-même, etc. Seuls les adjectifs vous permettront de comprendre ce que « pensent vraiment les internautes de votre marque ».

Le plus amusant restant le « neutre »... Hier, j'ai dit à ma femme que je l'aimais de manière neutre. Un journaliste fait preuve de neutralité en exposant un fait de manière objective. Ces propos d'internautes sont neutres car il n'y a aucun adjectif positif ou négatif. Bref, ce n'est pas absurde, non, c'est juste plus facilement compréhensible (et vendable). Et, par expérience, on s'aperçoit que pour de très nombreuses entreprises les résultats sont souvents neutres. Comme si, au final, le web social et communautaire n'était que vérité(s) et informations sans saveurs...

 

==> Sacrés influenceurs. Quand je tape le terme « influenceur » mon traitement de texte le souligne en rouge... Bizarre. Prenons le Larousse : influenceur ? Pas de réponse... Google alors : ah, là oui, beaucoup de résultats.

Influenceur est un néologisme de plus lié au web (comme e-réputation d'ailleurs, et bien d'autres), mais au-delà c'est surtout un non-sens total. L'idée étant qu'une source web puisse être continuellement influente (avoir de l'influence) sur un sujet ou une thématique précise. Voir mieux, sur vos prospects ou vos clients! Logique donc que de nombreux outils de veille (pardon « social media monitoring ») vous offre des « tops influenceurs ». Ou comment faire croire que votre indicateur ultime de succès, de bonne e-réputation, est le même pour tout le monde : être visible sur le blog number one des charts algorithmiques.

 

 

 

Au final...


 

Pour comprimer ma pensée, et en guise de conclusion, les seuls indicateurs valables de mesure de votre réputation en ligne sont ceux qui répondent à la question : les informations échangées/diffusées par les internautes reflètent-elles l'image que je souhaite qu'ils aient de mon organisation ?

 

Voilà pour ces remarques, qui ne visent personne en général, mais tout le monde en particulier. Agences, blogueurs, consultants, éditeurs de logiciels de veille, moi...

 

Bref, toute personne pouvant facilement céder devant la facilité d'un discours préconçu, de pratiques qu'on ne cesse de définir comme « en constante évolution » mais qui au final ont été schématisées (stigmatisées ?) très vite. Trop vite même, car les pratiques se plient aujourd'hui au schéma là où l'inverse serait bienvenu.

 

Et que contrairement à ce qu'il parait, le web, la communication numérique, la gestion de l'information sur Internet : ça prend du temps, et cela demande de la réflexion. Le copié/collé ne durera (à mon avis) qu'un temps. Mais le temps, c'est de l'argent...

 

Alors dans cet article je vous exprime ce que vous m'entendrez (ou avez déjà entendu) dire en conférence, sur d'autres blogs, lors de débats et autres barcamps, à des journalistes, mais aussi et surtout aux personnes avec qui je collabore. En résumé, prendre 5 minutes pour poser mes arguments... et attendre leurs contraires afin de nourrir le débat et ma réflexion ;-)

 

Et pour alimenter vos réflexions, ou approfondir mon propos, voici des contenus d'ici ou d'ailleurs :

 

 

http://www.actulligence.com/2009/10/09/e-reputation-et-indicateurs/

 

http://www.mediassociaux.com/2010/05/05/3-approches-differentes-des-social-media-analytics/

 

http://www.narominded.com/2010/10/le-reputation-est-ce-que-les-medias-sociaux-disent-de-vous/

 

http://antoine-dupin.com/leblog/lexpertise-a-la-francaise-quand-le-web-devient-fou/

 

http://caddereputation.over-blog.com/article-de-l-utilite-de-la-notation-ou-pas-49021790.html

 

http://caddereputation.over-blog.com/article-le-roi-est-mort-vive-le-roi--44212458.html

 

http://caddereputation.over-blog.com/article-qu-est-ce-que-l-influence-d-une-source--39901500.html

 

 

Et vous, quels indicateurs de mesure utilisez-vous ?! Comment voyez-vous ceux proposés actuellement ?!

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4 août 2010 3 04 /08 /août /2010 15:51

Vitesse.jpgPetit rapport d’étonnement cette semaine, et concernant…ce blog ! En effet, « l’économie de l’attention » est devenue un fait sur le web, fait que je rappelle souvent ici et que je nomme parfois « le web des corps gras ». D’un autre côté, le volume de visites d’un site (ou blog ou autre) sert souvent de référence à de nombreux marketeurs en mal de repères on-line pour motiver (enfin vendre) des campagnes de RP à des annonceurs... Mais quelle est la réalité de ces statistiques ?

 

 

 

 

 

Les faits


 

Comme chaque semaine depuis un mois, je me rends sur mon compte Google Analytics  afin de regarder mes statistiques hebdomadaires (je me contentais avant de celles fournies par Overblog). Et ce avec pour objectif de (au choix, rayer la mention inutile) :

 

==> repérer les articles et les sujets qui vous plaisent le plus pour vous en proposer du même type et satisfaire votre soif de connaissances numériques

 

==> flatter mon ego de blogueur de manière très détaillée, et réfléchir à la façon de devenir enfin le roi du web (soit être classé dans le top 5 Wikio)…

 

Dans tous les cas, après 1 mois d’observation et grâce aux critères très poussés d’Analytics, certains constats m’ont sauté aux yeux, et m’ont pour ainsi dire plutôt étonné : le temps moyen de lecture est, proportionnellement au volume des articles, vraiment faible (2 minutes) !

 

Autrement dit, amis lecteurs, soit vous lisez et analysez des textes d’une moyenne de 4 à 5000 caractères en 2 minutes … Soit vous avez pour la plupart un système de bookmarks assez efficace… Soit… ?

 

 

 

L’analyse détaillée


 

Cette analyse et les impressions d’écran sont effectuées sur une journée (13 juillet) qui m’a parue la plus caractéristique. Je vais ici principalement m’intéresser au facteur temps (de lecture, passé sur la page) et au taux de rebond, qui sont pour moi parmi les données les plus significatives (mais pas les seules) pour illustrer l’attention du lecteur sur le web.

 

 

Les biais de cette petite étude :

 

==> il s’agit de mon blog :-) Qui bien entendu est loin de représenter la blogosphère ou le web « en général ».

 

==> même si Analytics est un bon outil, il n’est pas infaillible ou complet : un utilisateur peut effacer ses cookies, lire les articles sur un agrégateur, etc.

 

==> la journée analysée est en pleines vacances et une veille de jour férié, avec donc des visiteurs différents, un autre contexte, et moins de visites globalement. Utilisant Analytics depuis un mois, je n’ai pas pu sélectionner pour l’instant de journées plus représentatives…

 

==> comme je l’ai dit tout à l’heure, il s’agit plus ici d’un constat (étonnement) avec quelques extrapolations, qu’une réelle analyse scientifique (qui nécessiterait un large panel de blogs… mais ça va venir ;-))

 

 

 

Durée de la visite : mais qui lit réellement ce que j’écris ?


 

Premier constat : le temps passé par chaque internaute sur la page

 

 

Anamytics1

 

 

 

Le choc ! 68% des visiteurs passent donc moins de 10 secondes sur le blog… Comme dit dans le constat ci-dessus, plusieurs possibilités : le contenu n’intéresse pas les internautes s’y rendant, ils le stockent automatiquement, ils y « reviendront plus tard »…

 

Un constat assez cinglant donc, et qui par expérience peut s’appliquer à pas mal de sites : ce n’est pas parce qu’il y a une visite, qu’il y a forcément une lecture. Soit une appropriation et une compréhension du message diffusé. Ce qui peut devenir plus « dangereux » pour une organisation : vous avez diffusé votre message sur un maximum de supports, grâce à votre titre aguicheur il y a eu de nombreux clics, de nombreuses visites… mais qui a réellement pris le temps de lire votre message (surtout si c’est un argumentaire développé) ?!

 

Petit bémol à ce constat : de nombreux visiteurs passent par la page d’accueil du blog (50%) et y restent donc moins de 10 secondes le temps de trouver l’article qui les intéressent.

 


 

Origine des visites VS temps passé sur la page


 

J’ai choisis le 13 juillet car cette date coïncide avec le lancement d’un article, et donc à sa promotion sur Twitter (qui est actuellement mon seul relais officiel). Au-delà du titre qui a provoqué un certain nombre de clics, il est intéressant de remarquer d’où proviennent les visites, et de croiser cela avec le temps passé sur le blog. Autrement dit : provenance/temps de lecture…

 

 

Anamytics4.JPG

 

Ne sont affichés ici que les 6 premiers résultats… Que constate-t-on ?

 

Tout d’abord, que ce jour-là, les visiteurs en provenance de Twitter sont peu nombreux (vacances ?), mais que globalement ils restent la première source de trafic. En l’occurrence pour mon blog, et comme pour beaucoup d’autre, Twitter est la principale source de trafic mais pas la seule puisque j’ai la chance d’avoir une audience assez diversifiée (sites, agrégateurs, bookmarks, etc.).

 

Google se place en deuxième position. Mais quand on connaît la pertinence de certaines requêtes qui amènent les visiteurs sur le blog, on peut mettre ce facteur de côté. Par exemple sur ce blog « trouver de l’outillage professionnel »…

 

 

Ce qui est vraiment intéressant à constater est :

 

==> le taux de rebond des visites en provenance de Twitter : 76%. Autrement dit, les visiteurs viennent lire l’article sur lequel ils ont cliqué, puis quittent le blog.

 

==> le temps passé sur la page : près de 2 minutes en venant de Twitter et 30 secondes pour Google (d’où la quasi-inutilité de ce genre de remontées)… Les lectures en provenance de cet outil sont donc courtes !

 

 

S’il fallait résumer : les lecteurs en provenance de Twitter sont de plus en plus nombreux, mais ils passent peu de temps sur un article, et retournent à leurs timelines plutôt que de naviguer sur le blog. Les lecteurs en provenance de Google sont souvent là par erreur…

 

Un fort taux de rebond n’est pas forcément négatif : les internautes ont trouvé la réponse à leur question, à ce qui a motivé leur clic, et vont donc ensuite voir ailleurs.

 


Cependant, si l’on regarde le temps de visite maximum en fonction des sources, un autre constat se dégage :

 

 

Anamytics5.JPG

 

 

Les internautes ayant le plus faible taux de rebond,  qui passent le plus de temps sur le site (qui prennent donc le temps de lire les articles), et qui ont le plus de pages visitées proviennent d’autres blogs spécialisés sur la question.

 

Autrement dit, les réseaux dits sociaux amènent la quantité, là où les sources spécialisées du même domaine amènent la qualité !

 

 

Une question à se poser (et à laquelle je n’ai pas de réponse) : mieux vaut-il peu de lecteurs qui prennent le temps de lire et intégrer un discours ? Ou une forte proportion de lecteurs qui lisent votre discours, mais plus rapidement ?

 

Les risques d’une lecture aussi brève sont multiples si l’on s’intéresse aux messages diffusés par une entreprise : mauvaise compréhension, déformation du message dans sa retransmission et sa rediffusion, commentaires négatifs ou à côté de la plaque…

 


 

Au final

 


Bien entendu, ce constat/étonnement ne s’applique peut-être qu’à mon blog et à mes billets… Il n’y a rien ici de négatif je pense (chacun ayant au final sa manière de lire et traiter l’information), surtout lorsque l’on blog pour le plaisir et l’envie de partager.

 

 

Mais cela soulève certaines remarques :

 

==> Rien ne sert de s’intéresser aux statistiques de visites d’un site : un blogueur pourra vous dire qu’il a 10 000 visites par jours… Mais si 80% de celles-ci durent moins de 10 secondes, il sera difficile de faire passer votre message (commercial ou autre) avec un temps de lecture si court

 

==> Les articles sous forme de listes ont de beaux jours devant eux : dans la « blogosphère high-tech » une grande partie des visites viennent de Twitter, et la surabondance d’informations en « temps réel » incite à passer peu de temps sur une page pour pouvoir en lire plus ensuite. Ecrire des articles que l’on peut lire et comprendre en moins de 2 minutes (type « 10 conseils pour être le roi de Facebook ») facilite l’adhésion au message

 

==> Etre relayé par des sources spécialisées (expertes et légitimes) de son secteur est nécessaire pour avoir un lectorat dont la fidélisation sera plus aisée : ces lecteurs sont dans une logique de recherche par la navigation entres différentes ressources. Ils ne cherchent pas expressément une réponse précise à une question momentanée, mais bien un ensemble de ressource sur une thématique large. Même si moins nombreux, ce lectorat sera le plus apte à relayer de manière efficace votre message.

 

 

Voilà pour les premiers étonnements. Avec l’aide de certains blogueurs de mes amis je vais essayer d’établir un constat plus généralisé.

Vous noterez au passage que j’ai sans honte mis à jour mes statistiques  Entre 400 et 500 visites journalières (surtout hors vacances) je suis plus que comblé ! Merci à vous toutes et tous pour votre « fidélité », et surtout pour les échanges, les réflexions et les questionnements quotidiens  !

 

Sachant que je ne suis pas trop mal placé dans certains classements, cela vous donne au passage une idée de l’intérêt de ceux-ci comparativement à des médias plus « mainstream » : 3000 visiteurs par semaine c’est bien, mais comparé à une audience TV ou même à celle d’une petite PQR… Bref, les blogs ne sont pas encore des médias de masse, voir peut-être même pas des médias tout courts ?!...

 

 

Et vous, comment interprétez-vous ces statistiques ? Sont-elles caractéristiques de la fameuse « économie de l’attention » dont on parle sans cesse sur le web ?

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 16:37

SeMefierDesNotationsEtoile.jpgPetit rapport d'étonnement cette semaine, basé sur une question simple : les systèmes de notation sur le web sont-ils réellement représentatifs de l'avis des internautes ? En bref, peut-on faire valoir ses sentiments pour un contenu ou une marque par le biais des systèmes de notation actuels ?



 

 

 

 

Les faits



Alors qu'il y a une semaine j'hésitais entre plusieurs films à regarder en DVD, j'ai décidé (comme de nombreux internautes) de me reporter aux avis et critiques présents sur le site Allo Ciné. Je tape donc le nom du film, puis regarde rapidement les critiques spectateurs....


Et là, je m'aperçois que les critiques sont très divisées : 50% de 4 étoiles (le maximum dans le système de notation Allo Ciné), et 40% de critiques avec 0 étoiles. Cela m'intrigue, et pour aller plus loin je décide de lire les commentaires accompagnant parfois les notations (ou alors par simple déformation professionnelle :-).


Les commentaires accompagnant les notations les plus basses font part d'un « véritable nanar », un « film de série Z, digne des plus grands Steven Seagal », etc. Bref, un film d'action vu et revu, reprenant tout les poncifs du genre (le méchant qui veux tuer tout le monde, le flic alcoolique qui sauve le monde à grand coup de poings dans les dents des méchants, etc.).


Avec des commentaires aussi négatifs, je me demande ce que les 50% de spectateurs ayant mis la note maximum ont bien pu lui trouver ? Et là, je lis ça :


 

SeMefierDesNotations1.jpg



 

En résumé, la majorité des notes à 4 étoiles sont ironiques ou à double sens! Il s'agit effectivement d'un film de série Z (ou B au choix). Mais il faut savoir que ce type de films ont de réels fans, qui par dessus tout aiment les dialogues téléphonés, les voitures qui explosent au moindre choc, et les scénarios de moins de 10 pages...


 


Le constat



En partant du principe que je suis un internaute ne s'intéressant qu'aux étoiles mis sous les films (beaucoup moins fatiguant que de lire les commentaires), et que je souhaite trouver un film de qualité (ou tout du moins qui ne se résume pas à des fusillades et des bras cassés) alors les notes m'auraient induis en erreur (en tant qu'internaute, mais aussi en tant que professionnel qui souhaite évaluer rapidement l'opinion des spectateurs du film).


Autrement dit, la recommandation d'un contenu par la notation de celui-ci n'est pas fiable si elle n'est pas accompagnée d'un commentaire pour préciser réellement la valeur de cette notation.


 



M'aurait-on menti : les chiffres sont subjectifs ?

 


Nous sommes depuis longtemps dans une culture du chiffre : sondages, études, etc. Les chiffres s'appliquent maintenant à tout, et de plus en plus aux sciences humaines. Là où à mon avis les limites arrivent, c'est lorsque l'on demande à des individus de faire un choix, d'émettre un jugement, par le biais d'un échelle numérique. Là où les créateurs de l'échelle de valeur pensent pouvoir limiter les débordements par un système fixe et applicable à tous, on peut s'apercevoir (notamment par l'exemple ci-dessus) que le jugement humain est tout, sauf rationnel.


Et encore plus sur le web. La plupart des informations spécialisées se trouvent actuellement dans les forums (ou les ites dédiés comme Allo Ciné). C'est majoritairement là que les internautes vont trouver des réponses à leurs questions (ou qu'ils vont les poser). Mais les forums sont encore majoritairement utilisés par des spécialistes ou des fans (musique, cinéma, technologies, etc.) qui ont développé leurs propres codes. Dans le cas d'Allo Ciné, un néophyte du cinéma ne verra donc pas forcément de prime abord l'ironie dans l'utilisation des étoiles. Ou plutôt, le double sens : ce film est bien si vous aimez les séries B. Dur de comprendre cela avec seulement 4 étoiles...


Afin de pallier à ça, YouTube à récemment abandonné le système de notation par étoiles (échelle de 1 à 4), pour passer à un « j'aime », « je n'aime pas ».


 

SeMefierDesNotations2.jpg


 


Ce système permet (sur la même idée que le « like » de Facebook) de voter positivement ou négativement pour une vidéo ou un commentaire. Ce qui tout d'abord montre que YouTube à pris en considération les usages des internautes : généralement, soit les vidéos avaient 4 étoiles, soit elles n'en avaient pas. Cela paraît d'ailleurs logique : on regarde rarement jusqu'au bout une vidéo qui ne nous plait pas (et on ne perd pas de temps à la noter).

De plus, le fait de pouvoir voter pour un commentaire montre que l'on est d'accord avec les propos tenus, et l'on peut donc partir du principe qu'un certains nombre d'internautes pensent la même chose que celui qui s'est exprimé dans les commentaires.


Mais pour YouTube il s'agit d'un autre processus que pour Allo Ciné : on ne lit pas les commentaires et les notes avant de regarder la vidéo. On le fait pendant ou ensuite, ce qui a moins d'influence sur le choix du contenu.





Système binaire VS système abstrait



Pour les professionnels de l'e-réputation, et de la veille en particulier, nous nous retrouvons donc actuellement face à deux possibilités : un système binaire (oui ou non, j'aime ou je n'aime pas), ou un système abstrait (4 étoiles, une note de 0 à 10). En résumé un ersatz d'opinion qui, s'il permet d'avoir rapidement une idée de la tonalité des opinions exprimées, ne permet pas d'affiner l'analyse. Nous sommes donc à la deuxième étape de l'évaluation des opinions concernant un contenu, un produit, un service...

 


Schématiquement :


==> Engouement pour le contenu : données quantitatives (visites, partage, etc.)

==> Avis spontanés : notation

==> Compréhension du message et interaction : commentaires

==> Appropriation du message : relais, passage à l'acte.

 


Mais, comme le démontre l'exemple ci-dessus, les notations son inutiles sans une mise en contexte : communauté et codes qu'elle développe, actualité, question posé pour la notation, type de contenu... Il est par exemple évident que la note donnée à une vidéo amateur n'aura pas la même valeur (même avec le même système de notation) que celle donnée à un film. Elle ne fait pas appel aux mêmes références, à la même expertise, etc.


D'un point de vue du social media marketing, le rôle du community manager deviens évident : engager et inciter à la conversation afin de ne pas obtenir des données chiffrées abstraites ou binaires, mais bien des avis construits, ou qui tout du moins reflètent l'ambiguïté et la complexité du processus amenant à la formulation d'un avis, d'un jugement.



Quelles sont pour vous les limites de la notation sur le web ? A trop vouloir simplifier, ne risque t-on pas de perdre la réelle teneur de l'opinion des internautes ?


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6 janvier 2010 3 06 /01 /janvier /2010 13:48

Voici un rapport d’étonnement concernant Yahoo news et sa tendance à modifier le sens d’une information (et pas seulement sa forme) pour attirer l’attention des internautes. Ils ne sont bien entendu pas les seuls, et cet « étonnement » est suivi de quelques réflexions…


 

Les faits


 

Alors que je venais de consulter mes mails sur Yahoo, je quitte ma boîte et tombe, comme à chaque fois, sur l’interface News de Yahoo.

Je remarque alors un article concernant la libération des deux jeunes françaises emprisonnées en République Dominicaine :

 

Yahoo1.jpg


Je peux y lire que « Carla Bruni Sarkozy a joué un rôle décisif dans leur libération ». N’étant pas plus que ça au courant, et m’interrogeant sur le rôle de la première dame de France, je décide de cliquer pour aller lire l’article.


Là, je suis dirigé vers l’agrégateur de Yahoo News, qui ne montre qu’un extrait de l’article d’origine. Mais déjà le titre a évolué…


 

Yahoo2.jpg


Le terme décisif est en effet placé entre guillemets. Tiens, le rôle de C. Bruni ne serait donc que prétendument « décisif ».

Je décide donc de lire l’article en entier (sur LePoint.fr) afin d’obtenir la totalité de l’information. Et là, (re)surprise :

 


 

Yahoo3.jpg

 


Confirmation : le rôle « décisif » a été prêté (par le secrétaire d’Etat à la coopération) à C. Bruni.

 

D’une information affirmative sur le rôle d’une personne dans un événement, on s’aperçoit donc en allant à la source que les actions ne sont que supposées… L’information, son sens, a donc été volontairement modifiée, affirmant quelque chose de circonstanciel et qui n’est pas corroboré (cf : qualification d’une source et d’une information).

 


Attirer l’attention : communiquer n’est pas informer


 

Dans notre société dite de l’information, de la (sur)abondance de flux d’informations, le rôle premier de toute bonne campagne de communication est d’attirer l’attention des cibles. En l’occurrence, pour Yahoo, inciter les internautes utilisant leurs boites mails à naviguer sur leur homepage (générant ainsi des vues pour la publicité, etc.).

 


Certains pourront me dire qu’avec le faible espace pour l’accroche il paraît nécessaire de raccourcir le titre… Pourquoi pas pour la première image. De même, dans la presse ou dans les blogs, un titre doit être accrocheur pour inciter à la lecture. Mais là, en l’occurrence, il ne s’agit pas juste d’un titrage racoleur : l’information fournie par Le Point a été modifiée volontairement, la dénaturant et induisant en erreur le lecteur !


Et soyons réalistes, dans le cas présenté ici, rares sont les personnes qui comme moi sont allés jusqu’à lire en détail la source de l’information. Beaucoup ont dû simplement s’arrêter au titre, intégrer la donnée erronée (ou tout du moins non mise en perspective), et l’interpréter comme une information vraie (puis éventuellement la relayer).

 

 


Ce fait amène donc à plusieurs réflexions/interrogations. Comme le souligne Dominique Wolton, communiquer n’est pas informer. Informer c’est créer de la valeur ajoutée, transformer la donnée en information afin de générer un savoir (puis une connaissance). Informer vise principalement à faciliter la compréhension (d’un événement par exemple). Communiquer consiste essentiellement à transmettre l’information à autrui, à la mettre en forme pour qu’elle atteigne le récepteur voulu du message (de l’information) envoyé.


Dans le cas présent, Yahoo n’a pas informé son lectorat d’un événement (auquel cas il aurait dû mettre en doute et perspective les dires du secrétaire à la coopération), mais a plutôt communiqué sur cette actualité. En voulant créer une interaction avec les internautes, en voulant attirer leur attention, Yahoo n’a pas pris en compte qu’il pouvait les induire en erreur.

 

 


Et au niveau de l’e-réputation des marques ?


 

Comme le souligne la sociologue américaine Danah Boyd les internautes consomment du contenu qui déclenche chez eux une réaction, et non pas le plus informatif ou le plus qualitatif.

Serait-il donc légitime pour une marque (ou un producteur de contenu web) de ne pas miser sur la transparence, mais seulement sur l’accroche pour la vente et la mise en ligne d’un produit ?!


Par exemple :


==> Un adwords attirant l’attention : la lessive qui nettoie toutes les tâches

==> Sur la page du blog de l’entreprise : la lessive qui nettoie toutes les tâches, avec une bonne machine

==> Sur la page détaillée du produit : la lessive qui nettoie toutes les tâches, avec une bonne machine, et si la tâche n’est pas trop grasse et incrustée…

 


En bref, là où le web permet plus de transparence car plus d’interactions et de sources de vérifications, la façon de communiquer reste la même. Ne pas informer le consommateur en privilégiant la communication sur les attributs les plus remarquables d’un produit (voir en tronquant l’information elle-même), amène sur le web à de nombreuses déconvenues… Bien entendu il est toujours temps ensuite de « nettoyer le net », ou encore de surcharger de communication positive les moteurs de recherches pour diminuer l’impact d’une communication faussée… Ou pas ?!

 

 


Cet exemple est aussi une bonne amorce pour expliquer le concept de rumeur. En effet, d’une information de base, et après trois relais, il y a une déformation visible. Imaginez cela appliqué à une marque ou une personne : votre produit peut, dans de rares cas, provoquer des allergies ==> votre produit peut provoquer des allergies ==> votre produit est allergène ==> « le produit X est-il mortel ? », etc.

 

 

 

Dans un monde 2.0 dopé au temps réel, où seulement 140 caractères servent à relayer une information, les biais d’interprétation d’une information sont de plus en plus flagrants.

 

De même sur Twitter, où je m’interroge quotidiennement sur les personnes qui re-Tweet une info sans lire la source (on ne peut pas lire un article de 15 000 caractères en 3 minutes avant de le tweeter), ce genre de pratiques ne va faire, à mon avis, que se développer.

Comme le soulignait d’ailleurs récemment Cédric Deniaud dans l’un de ses articles les internautes sont de plus en plus relais de l’information plutôt que producteurs de contenu. Il est courant de voir une même information publiée un nombre incalculable de fois sur des blogs, puis re-tweetée, mise sur des profils Facebook, etc. Seulement, j’ai pu m’apercevoir (au-delà des classiques copié/collé sur de nombreux blogs) que beaucoup de « producteurs de contenus » pensent fournir une analyse là où il ne s’agit que d’une interprétation. Ils ne créent pas de valeur ajoutée (mais ils communiquent avec leurs lecteurs), c'est-à-dire qu’ils ne viennent pas, par exemple, mettre en perspective ou comparer voir investiguer un fait. Leur « analyse » ne part donc souvent que d’affirmations non corroborées d’autres bloggeurs (et je ne m’exclue pas, cela m’est déjà arrivé et m’arrivera sûrement encore). Et de relais en relais, d’interprétations en interprétations, l’information perd de son sens, voir en trouve un autre !

 

 


Au niveau de la veille d’opinion, il faut donc bien prendre en compte cet usage du relai et les déformations qu’il entraine. Toujours se rappeler que la vérité n’est pas ce qui est mais ce que l’on croit, et qu’il est par conséquent important de se concentrer sur la source d’origine d’une information puis sur l’interprétation (attention + accaparation + communication) que les internautes (ou les cibles visées) en font.

 

 


Et vous, qu’en pensez-vous ?!

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3 novembre 2009 2 03 /11 /novembre /2009 10:16

« Peu importe que l’on parle de soi en bien ou en mal, l’important est que l’on parle de soi ! »… Ca ne vous rappelle rien ? Jacques, son nom est Jacques. Que la notoriété soit positive ou négative, peu importe du moment qu’elle existe !

 

Mais aujourd’hui, pour Séguéla, « Le Net est la plus grande saloperie qu’aient jamais inventée les hommes. ». Raison ? « Parce que le Net permet à tous les hommes de communiquer avec les autres hommes. En quelques secondes, le Net peut détruire une réputation ». (On n’est pas couché - France 2).

 




 

Effectivement la com et les médias traditionnels n’ont pas la même force de frappe que l’agora 2.0… Effectivement, le temps médiatique devient 24/24 à portée de clic sur la planète. Effectivement, les médias traditionnels et numériques sont de plus en plus imbriqués. Effectivement.

 

Vous rendez-vous compte ? « Le net permet à tous les hommes de communiquer avec les hommes »… quelle honte dans une société que d’échanger avis, commentaires, que de mettre sur la « place publique » un sujet. Alors que les agoras grecques sont tombées en ruines il y a bien longtemps, l’agora 2.0 se positionne aujourd’hui comme un levier stratégique pour un individu et une entreprise. Sans blague ?

 


Et Jetueunami est tout sauf une blague ! Site créé et lancé fin octobre par BETC Euro RSCG, pour 13ème Rue.

Principe : permettre à tous les + de 16 ans de commanditer un meurtre virtuel, ou sa propre mort.

Concrètement : choisissez un tueur à gage, téléchargez la photo de celui que vous souhaitez voir disparaître virtuellement… et c’est parti ! Enfin, le coup de feu est parti. Résultat : une belle vidéo à faire partager à tous vos amis, un mail d’annonce de mort virtuelle et qui vous invite à mener l’enquête…

« Glauque, mais marrant » « jte tue ! jte tue ! jte tue ! » peut-on lire sur les murs virtuels de nos amis pourtant bien réel. Buzz en voie de réussite donc, reposant sur un site interdit au moins de 16 ans, un sujet attractif/répulsif, un brin d’émotion, une personnalisation, une enquête décuplée au nombre de personne visionnant une vidéo !

 

Quelle(s) limite(s) éthique(s) poser ? Tout sujet est-il bon à buzzer ? Cela conduira-t-il à faire de cette opération une opération réussie ou plutôt synonyme de bad buzz ?

 

 



 

Donc résumons.

Tuer un ami virtuellement via 13ème Rue : oui !

Communiquer et échanger sur la toile à propos de cette opération : non ! Haro sur l’incontrôlable !

 

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10 septembre 2009 4 10 /09 /septembre /2009 12:03

L’e-réputation est devenue en quelques temps un concept inhérent aux stratégies marketing et de communication des organisations. D’un point de vu de l’individu aussi, cette approche consistant à prendre conscience de sa présence numérique est devenue indispensable.

Après un peu plus d’un an à m’intéresser au sujet, et presque une année de blogging intensif (mais j’y reviendrais dans un futur billet), je me permet un petit rapport d’étonnement sur la croissance impressionnante de ce sujet. Que ce soit au niveau des prestataires, des bloggeurs, des médias « traditionnels », etc.

 



Tout d’abord sur le web


 

Comme le montre le graphique ci-dessous (réalisé sur le très bon outil : Google Insights ) l’e-réputation est un sujet de plus en plus discuté, et surtout recherché par les internautes  :


 

 

Le début de l’année 2009 a vu un pic des recherches sur ce sujet, annonçant ainsi le début de ce nouveau « phénomène ». Depuis, le nombre de recherches concernant l’e-réputation reste constant. Rappelons que pour 2008, Google ne peut générer des statistiques tellement le volume de recherches était faible...


Cette augmentation soudaine de l’intérêt pour l’e-réputation se traduit aussi dans la volumétrie des articles publiés sur le sujet dans les blogs français ces 3 derniers mois :


 

 

Un rythme constant de parutions, avec un pic durant le mois d’août, et spécialement à la rentrée. De plus en plus de blogs traitant de l’e-réputation se créent, apportant différentes approches du sujet (analyses, outils, actualités, etc.). De même, de plus en plus de bloggeurs écrivant habituellement sur la veille ou l’intelligence économique de manière globale, sur les marketing, sur le web, sur la communication, etc. se mettent à écrire sur ce sujet.

Je penses que cet engouement est bénéfique pour tous car il permet à chacun de se forger une opinion (c’est le cas de le dire) sur ce concept, et ainsi de l’appréhender d’une manière plus large.


Il est aussi intéressant de constater que la plupart des articles écrits sont encore assez « pédagogiques » : ils visent à présenter simplement les méthodes, les outils, les « cas d’écoles », nécessaires à une meilleure compréhension de l’e-réputation et de ses enjeux.

Et encore, les bloggeurs vont plus en profondeur que les sites généralistes, voir les médias en général. L’on voit apparaître peut à peut des articles visant à sensibiliser les internautes et les entreprises aux risques (et rarement aux opportunités d’ailleurs) liées à la surveillance de leur notoriété numérique...


 

L’offre et la demande


 

J’aurais très bien pu intituler cet article « E-réputation : un marché qui monte, qui monte... ».

L’offre de prestations en gestion et surveillance de l’e-réputation a elle aussi explosée. Quand j’ai commencé a rechercher des agences et éditeurs de logiciels français, en décembre 2008, ma liste ne comprenait qu’une vingtaine de sociétés. Aujourd’hui, ils sont 93 !


Cette ruée vers l’e-réputation est parfois vue comme de l’opportunisme : c’est un sujet à la mode, il faut pouvoir se positionner dessus si un client en fait la demande.

Mais c’est aussi (à mon avis) la  continuation logique de prestations proposées par de nombreuses agences issues du web, de la communication digitale, du référencement...et de la veille bien entendu.


Je ne débattrais pas ici sur « qui est le plus légitime pour  vendre de l’e-réputation », tant je constates que les offres convergent, ainsi que le langage utilisé pour les présenter.

Mais est-ce que cette augmentation exponentielle des prestataires est-elle accordée à la demande ?!


Au-delà de la nécessaire phase de sensibilisation (jouant malheureusement trop sur la peur du web et des méchants internautes.. j’insiste), les organisations expriment-elles un réel besoin en la matière ?!


Vu sous l’angle du marketing (enfin du « social media marketing ») il paraît évident aux entreprises de transformer l’essai du web, au vu des résultats possibles, et surtout du faible coût des opérations de buzz. Cependant, la demande va-t-elle suivre l’offre ? Verra t’on d’ici peu tout ces nouveaux prestataires disparaître, au profit notamment des grands groupes qui au-delà de l’e-réputation ont des fonds de commerce bien stabilisés ? L’avenir nous le dira sûrement...

 

Il est intéressant par contre de remarquer que ce doute face à l’adaptation de la demande à l’offre n’a pas échappé aux agences, qui préfèrent encore recruter des stagiaires plutôt que des postes fixes. Même si le mois de septembre à vu quelques offres d’emplois passer.

Offres d’emplois qui, d’ailleurs, attirent de plus en plus de candidats. Pour exemple, l’offre diffusée par Performics visant à pourvoir le poste  que je quitte, a attiré une quarantaine de candidats. Tous ayant des profils différents, mais souhaitant travailler dans l’e-réputation (et plus particulièrement la veille d’opinion). La crise est certes un facteur, mais cela démontre aussi que les nouveaux métiers liés au web 2.0 attirent de plus en plus de professionnels (le « buzz » actuel sur le community management en étant aussi une preuve)...

 


En bref, l’e-réputation n’a pas finie de faire parler d’elle (ici en particulier :-)) et cela n’est pas un mal, tant je suis persuadé que ce concept est nécessaire à la stratégie des organisations, et qu’il n’est qu’une évolution logique des boulversements sociologique liés au web.

 


Alors,l’ e-réputation, nouvelle grippe H1N1 du web 2.0 ?! :-)

 

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22 juillet 2009 3 22 /07 /juillet /2009 14:56
Technique prisée de certains internautes (ou plutôt de communautés d'internautes) la technique de "Google bombing" n'a pas fini de faire parler d'elle.

Le dernier exemple en date (qui mérite bien un petit rapport d'étonnement), la requête "trou du cul du web" qui amène directement vers..le site de campagne de N.Sarkozy :



Comment cela fonctionne ?


Très simplement :

==> créer sur plusieurs sites ou blogs des liens pointant vers un site cible
==> renommer les url (balise "name") avec les termes voulus

Ce système exploite les failles de Google et de son système de Page Rank (plus il y'a de liens qui pointent vers un site, plus le site est bien référencé).

Au niveau de l'e-réputation, on peut facilement imaginer l'utilité d'une telle méthode : dénigrer un concurrent, lancer très rapidement un site, redorer l'image d'un produit...

Reste qu'il s'agit pour Google d'une technique de référencement abusive, rapidement corrigée... Surtout avec la personne prise ici pour cible  !

L'article wikipedia dédié résume bien ce concept et donne de nombreux exemples.
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Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 15:29

Voici pour la première fois sur ce blog (et peut-être pas la dernière :-)) un petit rapport d’étonnement. Celui-ci portera aujourd’hui sur une question « d’éthique » (vaste mot aux nombreuses significations et interprétations... ma préférée étant : « L'éthique c'est l'esthétique de dedans » de Pierre Reverdy).


Les faits


La semaine dernière je surfais sur le web, me laissant guider par la sérendipité inhérente à tout chercheur numérique.

Au détour d’un blog, je tombe sur cette publicité Google :


 


 

 Comme il se doit, mon œil a été attiré par cette pub (dont j’ai volontairement caché le nom du site... leur faire de la pub ici serait à l’encontre de mon discours), et surtout par son titre...

Rappelons que les amis des OVNI promotionnés ici par Google sont considérés en France comme une secte.

Après des recherches, en fait en tapant simplement le nom sur Google, je m’aperçois que ce groupe a de nombreux relais sur le web, la première page de n’importe quel moteur de recherche le démontrant aisément  (même Overblog héberge un blog qui leur est dédié...)..

 

Questions


Je ne veux pas rentrer ici dans un débat sur ce qu’est une secte ou pas, et ne souhaite pas affronter des fervents défenseurs de mouvements que JE considère comme nuisibles pour la santé mentale de mes concitoyens. A l’extrême n’importe quelle religion peut être considérée comme une secte, mais mon étonnement porte ici sur la diffusion de l’information (et l’e-réputation qui en découle).


Certaines questions me viennent :

==> Peut-on en tant que professionnel travailler et aider à la promotion d’organisations déclarées comme potentiellement dangereuses par les autorités publiques ? Qui plus est quand cette promotion vise à inciter des internautes à télécharger des livres de propagande ?

 

==> Est-ce qu’un média comme Google (utilisé par près de 90% des internautes français) peut se permettre de diffuser si largement ce genre de messages ? Il semblerait que les marketeurs Google ne se questionnent pas plus que ça sur leurs clients, et c’est bien dommage...

 

==> Comme pour tout « groupuscule », peu d’activistes mais beaucoup d’activité sur le web. Il semblerait donc intéressant de proposer des services/formations à divers associations n’ayant pas les moyens financiers (contrairement à ceux qui peuvent se permettre des publicités sur Google) d’appréhender le web et l’e-réputation

 

==> Plus largement, où s’arrête la liberté d’expression sur le web ? Est-ce que le web crée une nouvelle culture commune (ici libérale et encourageant la liberté d’expression de chacun), ou bien doit-il (ou plutôt ses acteurs principaux) s’adapter aux spécificités culturels de chacun ? Un internautes américain aura par exemple moins de chance d’être choqué par une pub pour la scientologie qu’un internaute français...

 

En bref, je ne suis pas choqué par cette publicité. Je suis étonné de constater que Google a une éthique aussi large, alors que par ailleurs l’entreprise vend le contraire (« Il est possible de gagner de l'argent sans vendre son âme au diable », point 6 de leur « philosophie »). Même si, pour leur défense, faire le tri de tout les Adsens demandés chaque jour doit être énorme... Mais quand même...

 

Et vous, avec quels types d’organisations ne seriez-vous pas prêt à collaborer ?

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