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1 mars 2011 2 01 /03 /mars /2011 17:30

 

Marronier_IdentiteNumerique.jpgLe concept d'identité numérique a fait son chemin sur le web, devenant un terme courant pour désigner sa présence en ligne ou encore les traces informationnelles disséminées au gré de sa navigation participative. Souvent associée à l'e-réputation, l'identité numérique est généralement présentée (sur le web, dans la presse, en conférences ou ailleurs) comme un levier ou un facteur de recrutement. Au risque d'en faire trop, et de développer des « marronniers » largements diffusés... Voyons en quelques-uns...

 

J'ai eu l'occasion de donner une conférence à la passerelle ESC, il y a 2 mois, sur l'identité numérique, l'e-réputation et leurs impacts sur le recrutement. Au cours de celle-ci j'ai présenté quelques marronniers, quelques discours (trop) vus et entendus sur ces sujets. Cette conférence, et le discours que j'y tenais, étaient censés rester au chaud sur mon disque dur jusqu'à la découverte d'un article...

 

 

Un superbe article de l'Etudiant.fr développant clichés sur clichés sur le métier de community manager (déjà qu'il y a tellement de choses intéressantes dites sur le sujet), et in fine sur le positionnement qu'un étudiant souhaitant travailler sur le web doit avoir.

 

Je vous invite à lire l'article écrit par Antoine Dupin à ce sujet, et qui résume bien les principaux biais de l'article de l'Etudiant.

 

Bref, mon étonnement m'incite donc à partager ces quelques rapides et courtes reflexions sur l'identité numérique et tout ce qui va avec...

 

 

 

==> Une bonne présence suffit à me faire recruter !


Oui, si je suis présent partout (Facebook, Twitter, Viadéo, etc.) alors les recruteurs ne peuvent que me remarquer.

Mais, non... Une recherche d'emploi est tout sauf passive. Au-delà de la qualité de vos interactions et du contenu que vous diffusez en ligne, il ne suffit pas d'être présent sur les réseaux pour vous faire remarquer.

 

Au contraire, considérez que les recruteurs sont eux-aussi présents, et que les réseaux sociaux sont de bons moyens pour développer une stratégie de contacts. Mais aussi pour découvrir et analyser ce qu'ils attendent, les besoins en compétences exprimés, les faiblesses que vous pourriez combler, le parcours des anciens collaborateurs et des actuels... Comme je le soulignais dans la lettre VigIE de l'ICOMTEC, vous devez répondre à un besoin, besoin que vous pouvez identifier en partie grâce à la présence web de l'organisation que vous visez. A lire, un bon article sur les outils pouvant vous aider à établir votre stratégie ; ainsi qu'un autre sur les stratégies de veille sur LinkedIn.

 

De plus, avoir une présence forte sur le web est inutile si personne ne vient consulter vos profils. Au-delà du choix d'une ou plusieurs des 150 plateformes de CV existantes, définir une stratégie de « promotion » des supports sur lesquels vous êtes présents paraît plus essentiel.

 

 

 

==> Avoir un grand nombre de contacts est un objectif à atteindre !

 

Oui, si l'on suit les conseils de l'Etudiant, ou si l'on resonne comme (malheureusement) certains recruteurs qui voient le web comme un espace d'influence et d'influenceurs...

Mais, non... Comme beaucoup de choses dans la vie, ce qui compte ce n'est pas la quantité mais la qualité. Qualité de vos contacts, des relations que vous avez avec eux, du réseau que vous tissez, de la place que vous prenez dans une communauté...

 

Qui plus est, votre volume de contacts ne fait pas forcément votre visibilité, et encore moins votre légitimité sur un domaine. Avoir plein de cartes de visites c'est bien (et c'est assez simple en plus), développer des relations constructives avec leurs propriétaires c'est mieux. Surtout si ces échanges les incitent ensuite à vous recommander, à vous définir par eux-même spécialiste de tel ou tel domaine. Car ne l'oublions pas, la recommandation est ce qu'il y a de plus pertinent pour un recrutement, l'un des moteurs du web dit social, et l'un des facteurs impactant de votre (e)réputation.

 

Enfin, gérer efficacement un réseau est chronophage... Plus il est étendu, et malgré les outils de gestion à disposition, plus il faut du temps pour s'en occuper. Au risque de rater certaines opportunités, ou ne plus rien en dégager de pertinent...

 

 

==> Le web se suffit à lui-même

 

Oui, surtout si je cherche un poste de community manager, il me suffit juste d'être sur le web pour être certain d'être recruter.

Mais, non... Le web c'est beau, le web c'est magique, certe. Mais jusqu'à preuve du contraire les relations directes, les mises en contacts et les actes de communication plus élaborés et moins « froids » et distants (téléphone, visio, rencontre, participation à des événements professionnels, etc.) restent tout aussi efficaces, si ce n'est plus. Sutout si l'on prend en compte certaines contraintes purement techniques des outils (comme les 140 caractères de Twitter, qui limitent tout de même un peu les débats enflammés et experts). Mais aussi si l'on considère qu'une grande partie des échanges sur le web sont à faible valeur ajoutée, laissant rarement la place à une mise en valeur intéressante de ses compétence et de son discours.

 

Comme pour une organisation donc, une stratégie de développement de sa présence numérique à visée de recrutement doit être mise en articulation avec une stratégie hors-ligne (si, si, les CV papier existent toujours, et parfois ils sont lus). Sans oublier d'ailleurs que l'objectif premier d'un réseau dit social est soit de permettre de rester en contact (type Facebook), soit d'inciter à des rencontres hors-ligne (type Meetic)...

 

 

 

==> Aujourd'hui, je me dois d'être présent sur le web !

 

Oui, c'est à la mode, tout le monde en parle, et il paraît que les recruteurs regardent nos profils.

Mais, non... Comme dit ci-dessus, le web n'est qu'un support de plus (mais un superbe support il est vrai) de votre communication et de votre stratégie de gestion de réputation (ainsi que de recherche d'emploi). Il est tout à fait pensable qu'après avoir étudié les organisations qui vous intéressent, vous ne souhaitiez pas être présent sur le web. Qui plus est si vous ne pensez pas a voir le temps de gérer cette présence (ou les moyens).

De plus, rien ne sert d'y être pour y être, et surtout si l'on a rien d'intéressant à dire... Produire du contenu de qualité est généralement l'une des conditions pour être remarqué sur le web, pour se positionner comme « inévitable » (ou expert) sur une thématique donnée. Le copier/coller, les propos sans fonds ou encore la dilution de son contenu dans celui déjà (sur)présent revient à perdre son temps.

 

Notons aussi au passage que les organisations recrutant exclusivement sur le web en France sont encore rares, et que cela concerne généralement des profils très spécifiques (ou en synergie avec une recherche plus classique). Et les études sur le fait que les recruteurs scannent de plus en plus le web pour « mesurer la réputation » d'un candidat varient tellement de l'une à l'autre (30% par là, 60% par ci, etc.) que l'on peut imaginer ce phénomène comme encore assez marginal (une tendance à confirmer en somme).

 

Cependant, même si vous n'êtes pas présent volontairement sur le web, au sens d'informations laissées par vous sur certains support (le simple fait de naviguer sur Internet laissant toujours des « traces »), il paraît tout de même intéressant de surveiller ce que l'on dit de vous. Car effectivement, quelqu'un d'autre (généralement vous savez qui ou quoi ;-)) peut parler de vous, et pas toujours dans le sens que vous souhaitez...

 

 

==> Sur le web expertise rime avec reconnaissance

 

Oui, car le contenu que je produis est à valeur joutée, et qu'en plus j'ai 10 ans d'expérience dans le domaine que je traite.

Mais, non... Car expertise n'est pas synonyme de légitimité et de reconnaissance sur Internet. La communication sur le web passe par certains codes et usages que chacun doit s'approprier pour mettre en valeur son expertise. L'expertise étant principalement liée à votre visibilité, déclencher la recommandation mais aussi s'assurer de la cohérence de votre discours par rapport à celui tenu sur vous par d'autres, passe par d'autres leviers que celui de votre expertise.

Gagner en légitimité prend du temps, et nécessite parfois d'adapter son contenu et sa vision d'un sujet aux attentes et aux usages informationnels du web social.

 

 

 

Au final...

 

Les articles pré-faits servant à meubler les discours sur l'identité numérique, ou produire du contenu pouvant attirer l'attention, sont monnaie courante sur le web. S'il n'y a pas de vérité absolue (mon approche comme une autre, le débat est donc ouvert :-)), il existe tout de même certains constats qui vont au-delà des simples idées reçues.

 

Si l'on souhaite parler d'identité numérique, terme auquel je préfère d'ailleurs la notion de présence numérique, alors il faut bien comprendre ce qu'est l'identité : « Ensemble des données de fait et de droit qui permettent d'individualiser quelqu'un ; Caractère permanent et fondamental de quelqu'un, d'un groupe, qui fait son individualité, sa singularité » (Larousse).

En tant qu'individu, votre identité numérique doit donc être unique, loin des bons conseils ou des usages donnés comme nécessaires par certains, et de la reproduction de schémas « qui marchent ».

 

C'est en restant vous même, en définissant votre propre valeur, vos aspects à mettre en exergue ou en masque, que vous arriverez à développer une identité numérique cohérente, qui plus est dans une logique de recrutement. Le web offre une palette d'outils permettant de s'exprimer de manière appropriée (celle qui vous convient) et vers des personnes et communautés de plus en plus ciblées (celles qui vous permettront d'atteindre les objectifs que vous vous êtes fixés).

 

Pour aller plus loin dans vos réflexions sur le sujet, quelques ressources qui creusent le concept d'identité numérique au-delà de la simple couche de chiffres ou d'outils :

 

=> http://www.scribd.com/doc/27334753/eBook-L-Emploi-par-le-web

 

=>http://moderateur.blog.regionsjob.com/index.php/post/E-book-:-l-identit%C3%A9-num%C3%A9rique-en-question

 

=> http://www.scribd.com/doc/32327614/E-book-Identite-Numerique-enjeux-et-perspectives

 

=> http://www.slideshare.net/Amalbel/guide-pratique-ereputationusageindividus

 

=>http://www.zdnet.fr/actualites/reseaux-sociaux-pas-une-solution-efficace-pour-les-candidats-en-recherche-d-emploi-39758417.htm

 

 

Et vous, comment abordez-vous la gestion de votre identité numérique ? Quels sont les « marronniers » à ce sujet que vous ne voulez plus entendre (ou lire) ?!

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Published by Camille A - dans Rayon Etonnement
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commentaires

véronique goy 12/03/2011 23:30


bonjour
vous écrivez ds votre billet du 1er mars 2011 ' les organisations recrutant exclusivement sur le web sont encore rares .." qu'entendez-vous par là ?
- voulez-vous dire recrutez sur les réseaux sociaux, c'est à dire sourcer des profils sur Viadéo, Linkedin, mettre un tweet sur twitter ? je suis d'accord avec vous, peu de DRH, ou responsable
recrutement cherchent des profils sur ces réseaux, par manque de temps, bien souvent
- pour vous, publier une offre d'emploi sur un jobboard (régionsjob, cadremploi par exemple ..) ou même sur Pôle Emploi, ou une société qui publie une offre sur son propre site web, pour vous
est-ce recruter sur le web ?? aujourd'hui beaucoup d'entreprises se contentent peut-être de diffuser une offre d'emploi sur le web, mais c'est bien à partir du web qu'elles captent des profils.
votre phrase m'interpelle, merci de me donner votre retour


Camille A 15/03/2011 11:21



Effectivement il faut faire la différence entre :


- les entreprises qui recrutent (sourcing, approche, etc.) exclusivement par le web


- les entreprises qui mettent en ligne une offre d'emploi


Pour ma part je parlais plus du premier cas. Le fait de mettre en ligne une offre d'emplois ayant peu de réelle valeur ajoutée (on change juste de support).



Flav 02/03/2011 18:03


ça roule ! Des projets importants à finir d'ici là, mais je t'en reparle dès que je m'aménage un créneau sur le sujet ;-)


Flav 02/03/2011 17:07


Tu ne crois pas si bien dire, après deux ebooks sur l'identité numérique et deux sur Twitter, je cherche le sujet du prochain justement :-)


Camille A 02/03/2011 17:50



Ok !


 


S'il y a un brainstorm collectif je veux bien en faire partie :-)



Flav 01/03/2011 18:22


Très bonne initiative que ce billet, tant de choses à dire sur le sujet...


Camille A 02/03/2011 16:46



Merci Flav


 


Oui, il faudrait presque en faire... un e-book



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